Chaque 2 octobre, le monde célèbre la Journée internationale de la non-violence, date anniversaire de la naissance de Mahatma Gandhi. Instituée en 2007 par les Nations Unies, cette journée appelle à promouvoir une culture de paix, de tolérance et de compréhension.
Mais parler de non-violence, c’est aussi se demander : qu’est-ce que nous considérons réellement comme une violence ?
Au Sénégal, comme ailleurs, la violence ne se limite pas aux affrontements dans la rue, aux coups ou aux conflits politiques. Elle peut être physique, sexuelle, psychologique, économique ou encore numérique. Et certaines de ces violences sont tellement banalisées qu’elles finissent parfois par ne plus être perçues comme telles.
Selon l’Enquête nationale de référence sur les violences faites aux femmes publiée en 2025, une femme sur trois au Sénégal a subi au moins une forme de violence physique, psychologique, sexuelle ou économique au cours de sa vie.
À cela s’ajoutent désormais les violences numériques : harcèlement, menaces, insultes, diffusion d’images sans consentement ou campagnes visant à réduire des femmes au silence.
Parler d’une culture de non-violence suppose donc aussi de regarder ce qui se passe dans les foyers, les couples, les lieux de travail et derrière nos écrans.
Promouvoir la non-violence ne devrait pas signifier demander aux personnes victimes d’injustice de rester silencieuses au nom de la paix.
Une femme qui dénonce une violence, un jeune qui manifeste pacifiquement, une citoyenne qui interpelle les autorités ou une journaliste qui pose une question dérangeante ne sont pas nécessairement celles et ceux qui créent la violence.
Une démocratie doit justement permettre la contestation, le désaccord et la colère sans que ceux-ci conduisent à l’intimidation, à la répression ou à la violence.
Construire une société non violente, ce n’est pas supprimer les désaccords. C’est apprendre à les traverser sans frapper, humilier, menacer ou réduire l’autre au silence.

