Journaliste de formation, chercheuse et militante féministe, Codou Bop a consacré l’essentiel de sa vie professionnelle à la recherche et à la défense des droits des femmes.

Elle a d’abord suivi des études de journalisme au CESTI. Si elle précise n’avoir jamais exercé comme journaliste, son intérêt pour les médias l’a toutefois conduite à s’intéresser à la représentation des femmes dans la presse sénégalaise.

Elle obtient ensuite une maîtrise en Histoire, avec un intérêt particulier pour les mouvements révolutionnaires, notamment la Commune de Paris, les révolutions russe, chinoise et albanaise, ainsi que les mouvements révolutionnaires en Afrique, au Sénégal, au Cap-Vert et au Mozambique.

De l’histoire aux études sur le genre

Son parcours prend ensuite une nouvelle orientation avec les études sur les droits des femmes. Elle obtient un master en Gender Studies aux États-Unis et approfondit par la suite sa réflexion sur les rapports entre islam, droit et droits des femmes.

En 2000, elle étudie notamment la Sharia et le contexte de la Révélation de l’Islam auprès du professeur Abdullahi Ahmed An-Na’im, à l’Université Emory, à Atlanta.

Membre fondatrice du Forum Féministe Africain, Codou Bop s’est impliquée durant sa vie active dans la recherche et le militantisme en faveur des droits des femmes. Ses travaux portent notamment sur la santé, la sexualité et les droits des femmes dans ces domaines, mais également sur leurs droits économiques, politiques, sociaux et religieux.

Une chercheuse engagée pour les femmes

Codou Bop a également travaillé avec de nombreuses organisations de femmes, notamment en milieu rural, dans le cadre de la formation, du plaidoyer et de la recherche.

Elle a été coordinatrice pour l’Afrique et le Moyen-Orient du Réseau de solidarité des femmes sous lois musulmanes et du Groupe de recherche sur les femmes et les lois au Sénégal (GREFELS).

En 2005, ses recherches sur la place des femmes dans la presse sénégalaise mettent en évidence leur faible représentation dans les principaux médias. Son étude s’intéresse notamment au Quotidien, au Soleil, à Walfadjri et aux dépêches de l’AFP. Elle constate alors que les femmes ne représentent qu’une faible proportion des sujets à la Une et qu’elles sont davantage présentes dans les faits divers violents ou les rubriques « people ».

« Notre corps, notre santé », un ouvrage de référence

En 2004, Codou Bop dirige avec Fatou Sow la publication de Notre corps, notre santé. La santé sexuelle des femmes en Afrique subsaharienne.

L’ouvrage, consacré au corps et à la sexualité des femmes africaines, intervient dans un contexte marqué par la progression du VIH/Sida en Afrique francophone. Il réunit les contributions de spécialistes issus de plusieurs disciplines, parmi lesquels des médecins, biologistes, sociologues, juristes et journalistes.

L’ancienne ministre de la Santé Awa Marie Coll Seck et l’historienne Penda Mbow figurent notamment parmi les contributrices.

Aujourd’hui encore, Codou Bop poursuit son engagement dans ce domaine. Elle participe à la réécriture de « Notre corps, notre santé », afin de contribuer à actualiser cet ouvrage consacré à la santé et à la sexualité des femmes en Afrique francophone.

À travers son parcours universitaire, ses recherches et son engagement militant, Codou Bop s’est ainsi imposée comme une figure engagée dans la réflexion sur les droits des femmes, leur représentation dans la société et leur accès à la santé, à la justice et à l’égalité.

khady Ba

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