Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement installé, ce mardi 29 septembre 2026 au Grand Théâtre de Dakar, le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS). Une nouvelle instance appelée à servir de cadre de dialogue entre la jeunesse et les pouvoirs publics. Créé par décret le 5 décembre 2025, le Conseil devient notamment un interlocuteur de l’État sur les questions qui concernent les jeunes
Pour marquer cette installation, le chef de l’État a choisi de faire un parallèle avec les rites initiatiques traditionnels sénégalais. Du ndut sérère au lël wolof, en passant par le bukut diola, il a évoqué ces espaces dans lesquels les jeunes étaient préparés à assumer de nouvelles responsabilités au sein de leur communauté. Une métaphore qu’il a utilisée tout au long de son discours pour présenter l’entrée des membres du Conseil dans une nouvelle responsabilité citoyenne.
Mais le monde dans lequel cette génération doit désormais exercer cette responsabilité est, selon lui, profondément différent de celui de ses aînés. Une grande partie de son discours a ainsi été consacrée à l’intelligence artificielle et aux transformations qu’elle entraîne.
Bassirou Diomaye Faye a invité les jeunes à ne pas rester de simples consommateurs des technologies développées ailleurs. Il a évoqué les possibilités offertes par l’IA dans l’agriculture ou encore l’éducation, imaginant par exemple un paysan capable d’interroger un outil dans une langue nationale sur la maladie qui touche son champ, ou un élève de Salémata ou de Podor disposant d’un répétiteur numérique. Mais il a également alerté sur les bouleversements du marché du travail, les métiers appelés à disparaître ou à se transformer, ainsi que les risques liés aux fausses informations et aux contenus générés artificiellement.
« Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres », a-t-il déclaré, appelant à former des ingénieurs, linguistes, juristes et entrepreneurs capables non seulement de développer ces technologies, mais aussi de les adapter aux langues, aux réalités et aux besoins du Sénégal.
Au-delà de la technologie, le Président a longuement insisté sur la responsabilité individuelle et collective. Il a notamment mis en garde contre ce qu’il considère comme plusieurs « tentations » auxquelles la jeunesse est confrontée : le sentiment que les décisions se prennent toujours ailleurs, la facilité de laisser les machines penser à sa place, les dérives des réseaux sociaux et l’imitation systématique de modèles venus d’ailleurs. Sur les espaces numériques, il a appelé à préserver le débat et la contradiction tout en rejetant le mensonge et l’injure.
Reste désormais la question du rôle concret du Conseil consultatif. Sur ce point, Bassirou Diomaye Faye a demandé aux nouveaux conseillers de ne pas devenir une simple instance d’approbation de l’action gouvernementale.
« Je ne vous demande pas de m’approuver », leur a-t-il lancé, les invitant plutôt à faire remonter ce que les rapports officiels ne disent pas et à représenter également les nombreux jeunes qui n’ont pas participé à leur élection ou qui ignorent encore l’existence du Conseil.
Le chef de l’État attend ainsi du CCJS des propositions « précises, chiffrées, praticables », susceptibles d’alimenter l’Agenda Sénégal 2050. Il s’est engagé à ce que les avis produits soient lus et à recevoir les conseillers lorsque la situation l’exigera. Le gouvernement est également appelé à leur ouvrir ses portes sur des questions comme l’orientation, la formation professionnelle ou les compétences numériques.
À un mois des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre, le Président a enfin replacé cette installation dans un contexte plus large, celui d’une jeunesse sénégalaise appelée à accueillir des jeunes venus du monde entier pour les premiers JOJ organisés sur le continent africain.
Le Conseil est désormais installé. Reste à voir comment cette nouvelle instance consultative transformera les attentes et préoccupations des jeunes en propositions, et quelle place ces propositions occuperont effectivement dans les décisions publiques. C’est sur ce terrain que le rôle du CCJS pourra désormais être observé.


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