La condamnation à 20 ans de réclusion criminelle de Serigne Khadim Mbacké marque-t-elle véritablement l’épilogue judiciaire de cette affaire aux répercussions profondes ? Si, sur le plan du droit, la chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Diourbel a tranché, une interrogation demeure, en toile de fond : qu’adviendra-t-il désormais des 28 fillettes victimes de ces actes particulièrement graves ?

En effet, la juridiction a rendu son verdict ce lundi 8 juin 2026, à l’issue d’une audience spéciale particulièrement lourde sur le plan émotionnel. Reconnu coupable de viols et d’actes de pédophilie sur 28 mineures, dont 27 étaient ses propres élèves, le maître coranique a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, conformément aux réquisitions du ministère public.

À la barre, les débats ont été particulièrement éprouvants. Les jeunes victimes, présentes à l’audience, ont fait preuve d’une résilience remarquable en maintenant l’intégralité de leurs déclarations, corroborant ainsi les éléments recueillis lors de l’enquête préliminaire et de l’instruction.

Face à ces témoignages accablants, l’accusé a, quant à lui, persisté dans un déni catégorique. Campant sur sa position, Serigne Khadim Mbacké a évoqué de supposées rivalités locales liées à la gestion des prières à la mosquée, allant jusqu’à imputer l’affaire à une cabale orchestrée par une femme plus âgée, qu’il accuse d’agissements malveillants après le rejet de ses avances.

Toutefois, cette ligne de défense n’a nullement convaincu la juridiction. Les avocats des parties civiles, notamment Mes Michel Mahécor Diouf, François Senghor, Elias Sy et Serigne Diongue, ont unanimement soutenu que les éléments du dossier établissaient, sans ambiguïté, la culpabilité de l’accusé. Ils ont, en conséquence, plaidé pour une sanction exemplaire, au nom de la protection de l’enfance et de la lutte contre les violences sexuelles.

En dépit des réquisitions d’acquittement formulées par la défense, assurée par Me Cheikh Sy, le tribunal a finalement suivi le ministère public en prononçant la peine maximale requise.

Pour autant, si ce verdict constitue une avancée judiciaire significative pour les victimes et leurs familles, il ne saurait, à lui seul, effacer les traumatismes psychologiques, les stigmates sociaux et les séquelles durables laissées par ces violences. En définitive, au-delà de la décision de justice, ce sont 28 jeunes vies profondément bouleversées qui demeurent au cœur des préoccupations.

À Diourbel, cette affaire rappelle, s’il en était encore besoin, que si la justice a vocation à sanctionner les auteurs, la prise en charge et la reconstruction des victimes demeurent un enjeu essentiel, exigeant un accompagnement durable et multidimensionnel.

khady Ba

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