La voix d’une jeune femme sénégalaise résonne désormais parmi celles des talents émergents du journalisme africain. Étudiante en deuxième année au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Fatou Ndiaye vient de remporter le Grand Prix de la quatrième édition de l’École d’Été d’Écriture et de Journalisme (EEEJ), organisée du 27 juillet au 8 août 2026 à Cotonou, au Bénin.
Cette distinction vient couronner plusieurs mois de travail, de recherches et de préparation pour celle qui avait été choisie pour représenter le Sénégal à cette résidence panafricaine de création. Elle devient ainsi la première Sénégalaise à participer à cette prestigieuse école, qui rassemble chaque année de jeunes plumes venues de différents pays d’Afrique francophone.
Déjà remarquée pour son talent, Fatou Ndiaye avait décroché le deuxième prix du concours des meilleures productions journalistiques du CJRS, dans la catégorie Étudiant. Avec cette nouvelle récompense, la jeune journaliste confirme une trajectoire prometteuse et s’impose progressivement comme l’un des visages féminins de la nouvelle génération du journalisme sénégalais.
« Cette distinction représente bien plus qu’un prix. Elle récompense des mois de travail, de recherches, de doutes, de persévérance et surtout une profonde passion pour le journalisme », confie-t-elle, évoquant une nouvelle accueillie avec « beaucoup de fierté » et une « joie immense ».
Une jeune femme engagée pour raconter autrement l’Histoire
Pour cette quatrième édition de l’EEEJ, placée sous le thème « Flash, Clap et patrimoine », Fatou Ndiaye a choisi de s’intéresser à Camp de Thiaroye, le film réalisé en 1988 par Ousmane Sembène et Thierno Faty Sow.
À travers ce choix, elle explore le rôle du cinéma dans la transmission de la mémoire et dans la construction d’un récit historique différent des versions officielles.
« J’ai choisi ce film pour montrer comment Ousmane Sembène a utilisé le cinéma pour révéler une vérité que les archives officielles ont longtemps travestie », explique-t-elle.
Son approche reste profondément journalistique : confronter les archives, recueillir les témoignages et croiser les sources afin de permettre au public de se forger sa propre opinion.
Le parcours d’une femme qui s’affirme
Derrière cette consécration se dessine le parcours d’une jeune femme déterminée à se faire une place dans un milieu où la rigueur, la curiosité et la persévérance sont essentielles.
À travers son travail, Fatou Ndiaye entend faire du journalisme un espace de questionnement, de transmission et de valorisation des mémoires africaines. Son intérêt pour le cinéma, le patrimoine et les grandes questions historiques témoigne d’une volonté de raconter l’Afrique autrement, en donnant une place centrale aux faits, aux voix et aux témoignages.
Pendant quinze jours, elle a participé à cette résidence entièrement financée par la Fondation Vallet, sous l’égide de la Fondation de France, en partenariat avec l’ONG Bénin Excellence. Seuls quinze jeunes participants issus de l’Afrique francophone ont été retenus au terme d’un processus de sélection exigeant.
Le Sénégal était également représenté par Thierno Ndiaye, diplômé de la 53e promotion du Cesti.
Avec ce Grand Prix, Fatou Ndiaye ajoute une nouvelle ligne à un parcours déjà marqué par plusieurs distinctions. Une reconnaissance qui met en lumière une jeune femme, une jeune journaliste et surtout une nouvelle génération féminine qui entend prendre toute sa place dans le paysage médiatique africain.


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