L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) poursuit sa dynamique de valorisation du savoir africain en accueillant un fonds exceptionnel offert par l’écrivaine Ken Bugul. Cette donation, composée d’archives personnelles, de manuscrits et d’une bibliothèque privée, vient enrichir de manière significative les ressources de la Bibliothèque universitaire.

Lors de la cérémonie officielle, le directeur de la Bibliothèque universitaire, François Malick Diouf, a salué un geste « d’une grande générosité intellectuelle », mettant en avant la portée scientifique et symbolique de cette transmission. Désormais, chercheurs et étudiants pourront accéder à des documents précieux retraçant le parcours littéraire et le processus de création de l’auteure.

Un choix stratégique en faveur du Sénégal

Dans un contexte où les archives d’écrivains africains suscitent un intérêt croissant à l’international, Ken Bugul a fait le choix de conserver son patrimoine au Sénégal. Malgré des sollicitations venues de l’étranger, elle a privilégié un ancrage local, affirmant sa volonté de soutenir la recherche nationale et de contribuer au rayonnement académique de l’UCAD.

Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation des ressources intellectuelles africaines. En optant pour Dakar, l’écrivaine participe activement à la consolidation d’un écosystème scientifique autonome, capable de préserver et valoriser ses propres productions culturelles.

Un fonds riche pour la recherche

Le fonds légué comprend aussi bien des archives physiques que numériques : brouillons, correspondances, notes de travail. Ces matériaux offriront aux universitaires une immersion rare dans l’univers créatif de Ken Bugul et permettront d’analyser en profondeur l’évolution de son œuvre. L’auteure a également annoncé son intention de céder ultérieurement l’ensemble de ses ouvrages à la Bibliothèque universitaire.

ARCHIFEM, un projet structurant

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet ARCHIFEM (Archives des Femmes Écrivaines), porté notamment par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), en collaboration avec des structures académiques africaines. Ce programme vise à collecter, préserver et valoriser les archives des femmes écrivaines, encore insuffisamment documentées.

La cérémonie a été marquée par une rencontre académique autour du thème « Archiver la littérature : réflexion à partir de Ken Bugul », réunissant enseignants, étudiants et passionnés de lettres.

Un geste pour la mémoire collective

En clôture de l’événement, Ken Bugul a signé le livre d’or de la Bibliothèque universitaire, scellant symboliquement son entrée dans l’histoire de l’institution.

Au-delà de l’hommage, cette donation constitue une avancée majeure pour la préservation de la mémoire littéraire nationale. Elle illustre un engagement fort en faveur de la souveraineté culturelle et offre aux générations futures un accès direct à un patrimoine intellectuel désormais ancré sur son territoire.

khady Ba

View all posts

Add comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *