À l’occasion d’une mobilisation régionale pour la justice climatique, des femmes venues de plusieurs zones côtières du Sénégal ont élevé la voix contre les impacts des projets énergétiques et industriels sur leurs territoires. Entre Saint-Louis, Bargny et le delta du Saloum, les témoignages convergent : les promesses de développement se traduisent trop souvent par des pertes de moyens de subsistance et une dégradation accélérée des écosystèmes.

Des territoires sous pression face aux grands projets

Dans les localités impactées par l’exploitation du gaz naturel offshore, notamment autour du projet GTA, ainsi que par les infrastructures industrielles comme la centrale à charbon de Bargny ou les aménagements liés au Train Express Régional (TER), les communautés locales disent faire face à une transformation brutale de leur environnement.

Les femmes transformatrices de produits halieutiques et les pêcheuses, particulièrement dépendantes des ressources côtières, rapportent une raréfaction du poisson, la restriction d’accès à certaines zones de pêche et une augmentation de la précarité économique.

Des femmes organisées pour défendre leur territoire

Dans le delta du Saloum, des groupes de femmes engagées dans la restauration des mangroves multiplient les initiatives locales de protection de l’environnement. Ces actions communautaires, souvent autofinancées, visent à préserver la biodiversité et à lutter contre l’érosion côtière.

« Nous replantons, nous entretenons, nous surveillons la mangrove, mais ces efforts restent invisibles dans les politiques publiques », déplore une participante. Beaucoup réclament une reconnaissance officielle et un soutien financier durable pour ces activités considérées comme essentielles à la résilience climatique.

Le débat autour des mécanismes de compensation

Au cœur des discussions figure la question des mécanismes de redistribution des revenus issus des ressources naturelles, notamment les fonds destinés aux générations futures. Plusieurs femmes estiment que ces dispositifs ne répondent pas aux urgences actuelles des communautés impactées.

Selon elles, la priorité devrait être donnée aux populations qui subissent déjà les effets des projets extractifs : perte de revenus, insécurité alimentaire et dégradation des écosystèmes.

Une revendication de justice et de reconnaissance

Au-delà des critiques, les participantes appellent à une transformation profonde de la gouvernance environnementale. Elles demandent à être intégrées aux processus de décision, estimant que leur expérience de terrain constitue une expertise essentielle.

Dans les différentes régions représentées, le message est clair : la justice climatique ne peut être atteinte sans une prise en compte réelle des femmes qui vivent au quotidien les conséquences des projets industriels et énergétiques.

Cette mobilisation marque ainsi une étape importante dans l’émergence d’un mouvement féminin africain pour la justice climatique, centré sur la réparation, la reconnaissance et la participation active aux choix de développement.

khady Ba

View all posts

Add comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *