À Thiès, un guérisseur de 43 ans, répondant au nom de G. Diop, a comparu devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance pour des faits présumés de viol et de charlatanisme.

Il est accusé d’avoir abusé d’une jeune femme, K. Tine, venue le consulter pour des troubles psychiatriques connus sous l’appellation locale de « farou rab ». Les faits se seraient déroulés à Tatène Sérère, dans la commune de Notto Diobass.

Selon l’enquête, la plaignante avait déposé plainte le 5 juin 2023 auprès de la Section de recherches de Thiès. Elle a expliqué s’être rendue chez le tradipraticien sur recommandation d’un proche, dans l’espoir de trouver un traitement à ses crises récurrentes.

Lors d’une première consultation, elle affirme avoir suivi des bains mystiques dans un espace dédié. Mais c’est au cours d’une seconde visite que les faits incriminés se seraient produits. D’après son récit, le guérisseur lui aurait demandé de se dévêtir pour un rituel avant de l’agresser sexuellement, après l’avoir rejointe dans le lieu de bain.

La victime déclare avoir perdu connaissance, puis constaté à son réveil des douleurs et des saignements, tandis que le mis en cause se trouvait à ses côtés. Elle affirme également qu’il lui aurait demandé de garder le silence.

Au cours de la procédure, le prévenu a livré des versions contradictoires. Dans un premier temps, il a évoqué une relation consentie à l’initiative de la plaignante. Par la suite, devant le juge d’instruction, il a reconnu avoir eu des gestes déplacés suivis d’un rapport sexuel. Mais à l’audience, il a finalement nié catégoriquement les faits.

Le certificat médical versé au dossier a relevé des lésions anciennes, ainsi qu’une déchirure récente saignant au contact, éléments jugés compatibles avec une pénétration.

À l’audience du mercredi 15 avril, le prévenu a de nouveau modifié sa version des faits, niant cette fois toute relation sexuelle avec la plaignante. Il a soutenu que celle-ci était venue le consulter pour des troubles appelés « farou rab » et qu’il s’était limité à lui administrer des bains mystiques, précisant qu’elle effectuait seule ces rituels avant de repartir.

La victime K. Tine a réitéré ses accusations. Elle a réaffirmé que G. Diop lui avait demandé de se déshabiller pour prendre un bain mystique au niveau de ses « khambe ». « Quand il m’a demandé cela, je lui ai dit de sortir de l’endroit et de me laisser seule. Il est sorti un instant et est revenu me trouver nue. Il a commencé à me caresser et j’ai tenté de m’opposer, mais il a fini par me pénétrer. C’est lui qui a pris ma virginité », a expliqué K. Tine, avant d’annoncer avoir pardonné à l’accusé par une lettre de désistement.

Pour le procureur de la République, les faits de viol et de charlatanisme sont constants. Il trouve que la pénétration sexuelle n’est pas contestée et qu’elle a été attestée par un certificat médical. Le parquet a constaté que la victime a toujours été constante dans ses déclarations, contrairement à l’accusé. Par conséquent, il a estimé que G. Diop est coupable des accusations et a requis 15 ans de réclusion criminelle.

La défense, assurée par maîtres Ayi, Faty et Gomis, a estimé qu’il y a suffisamment de zones d’ombre dans cette affaire. Ce qui, selon elle, taraude l’esprit des gens, c’est comment cette femme a été violée en présence de sa grand-mère. La défense a souligné que la victime était accompagnée de son cousin B. Faye et de sa grand-mère au moment des faits. Les avocats ont également précisé que G. Diop a soutenu à la barre n’avoir jamais eu de relation sexuelle avec la victime. Ce qui, selon eux, installe le doute. En effet, la défense a plaidé l’acquittement du prévenu de toutes les accusations.

Le délibéré est fixé au 12 mai 2026.

khady Ba

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