Un guérisseur et féticheur traditionnel, ébranle plusieurs localités du sud du pays. L’homme est accusé de viols et de charlatanisme, et aurait engendré huit grossesses, dont quatre impliquant des mineures. Selon GMS, il a été arrêté par la section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor.

Depuis 2022, A.R. Diatta aurait parcouru plusieurs villages , Cap Skirring, Édioungou, Djivente, Kaguit, Goudomp, Ziguinchor et Sokone ,sous couvert de soins mystiques.

Selon des témoignages, il exploitait la vulnérabilité de ses patientes : « Il leur administrait des bains mystiques puis couchait avec elles », confie une source. Certaines victimes ont également rapporté des menaces, le féticheur prétendant pouvoir leur jeter un mauvais sort en cas de refus.

Parmi les victimes, âgées de 16 à 21 ans, figurent deux sœurs et deux cousines, soulignant l’ampleur familiale et sociale de ses agissements.Celle-ci renseigne que l’une des dames «a pris son courage à deux mains pour porter plainte.

L’enquête se poursuit pour déterminer toutes les ramifications de cette affaire, révélatrice de l’exploitation de la confiance des populations vulnérables.

Derrière ce fait divers, c’est une fois de plus la question du consentement, du pouvoir patriarcal et de la vulnérabilité des femmes face à certaines figures d’autorité qui refait surface.

Ces faits rappellent combien les femmes sont souvent piégées dans un système où les figures masculines d’autorité , religieux, guérisseurs, enseignants ou chefs de famille , exploitent la crédulité et la dépendance pour imposer leur domination.

Dans un contexte social où la sexualité féminine reste un tabou, beaucoup de victimes hésitent à parler, de peur d’être jugées, rejetées ou même punies. Certaines des jeunes femmes concernées auraient gardé le silence pendant plusieurs mois, craignant la honte familiale et la stigmatisation communautaire.

Mais le silence des victimes n’est pas synonyme de consentement : il traduit la peur, la honte et l’absence d’espaces sécurisés pour les femmes. Tant que ces conditions ne changeront pas, d’autres abus continueront dans l’ombre.

Au-delà du cas individuel du guérisseur, cette affaire révèle un système profondément ancré de domination masculine et d’impunité. Les abus sexuels commis sous prétexte de religion, de médecine ou de tradition montrent la nécessité urgente de repenser la protection des femmes et de renforcer l’éducation au consentement.

L’affaire de Ziguinchor doit servir de point de départ à une réflexion collective : comment construire une société où les femmes, qu’elles soient croyantes, malades ou simplement vulnérables, puissent être soignées, accompagnées et écoutées sans être exploitées ?

Parce qu’au-delà de huit victimes, c’est toute une communauté qui doit ouvrir les yeux sur la culture du silence et de la soumission.

Source senego

khady Ba

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