Un drame est survenu ce dimanche soir au quartier Sikilo Nord dans la commune de Kolda au cours d’une fête du Kancourang appelé “lavage”. A 20 heures, non loin de la pharmacie Sikilo, un adolescent de 16 ans, de nationalité ivoirienne, a perdu la vie après avoir été poignardé mortellement à la gorge. Le crime s’est produit à la suite d’une violente bagarre survenue lors de la sortie du Kankourang. L’auteur du crime serait un jeune homme de 19 ans, du nom de I. Sèye. Selon nos sources, il aurait agi sous l’emprise de stupéfiants

Kolda, Sénégal : Ce qui devait être une fête culturelle empreinte de symbolisme et de spiritualité se transforme, année après année, en une série de tragédies. À Kolda, comme dans d’autres régions du Sénégal, la célébration du Kankourang  ;figure mystique et protectrice des rites d’initiation mandingues ; est de plus en plus marquée par des débordements violents, souvent mortels.

Le dernier drame en date a secoué toute une communauté : un adolescent a été tué en plein événement, plongeant sa famille dans le deuil et ravivant les débats sur les dangers liés à certaines pratiques entourant le Kankourang.

Le Kankourang est censé protéger les initiés, chasser les mauvais esprits et faire respecter l’ordre pendant les rites. Mais au fil des années, cette figure respectée s’est vue récupérée par des groupes de jeunes cherchant parfois à imposer leur autorité par la violence. Armés de machettes, de bâtons et de gourdins, certains « porteurs de Kankourang » n’hésitent pas à agresser physiquement ceux qu’ils considèrent comme des intrus ou des perturbateurs, parfois avec des conséquences tragiques.

Les victimes sont souvent de jeunes garçons, des adolescents qui, par imprudence ou simple malchance, se retrouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Pour certains, leur seul tort est d’avoir croisé un cortège sans autorisation, ou d’avoir refusé de se plier aux injonctions arbitraires de ceux qui se disent dépositaires de la tradition.

Pour terminer, le Kankourang est un patrimoine vivant, mais il ne peut continuer à faire des morts. Il appartient aux chefs traditionnels, aux familles, aux élus locaux et à l’État de travailler ensemble pour préserver l’essence de cette pratique tout en éradiquant ses dérives violentes. Sinon, chaque année, de nouvelles familles continueront d’enterrer leurs enfants au nom d’une tradition qui, à force d’échapper à tout contrôle, perd peu à peu son âme.

Source : Seneweb

khady Ba

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