Les violences conjugales demeurent une réalité préoccupante au Sénégal, touchant des foyers de toutes catégories sociales. Souvent issues de conflits mal gérés, ces situations peuvent rapidement dégénérer et entraîner de lourdes conséquences humaines et judiciaires.
C’est dans ce contexte qu’une affaire survenue à, Thiès, un couple comparaît devant le tribunal après une dispute conjugale ayant dégénéré. Selon le dossier, la femme a riposté pour se défendre face à son mari, en l’attaquant physiquement, ce qu’elle décrit comme un réflexe d’autodéfense. Le mari, de son côté, affirme avoir été agressé en premier. Chacun a déposé plainte contre l’autre.
Chacun des époux a déposé plainte contre l’autre. Les avocats réclament des réparations financières : 5 millions de F CFA pour la jeune épouse et 10 millions de F CFA pour le mari. Le procureur a requis l’application stricte de la loi, et le délibéré est prévu pour le 5 janvier 2025.

Cette affaire de Thiès dépasse largement le cadre judiciaire dans lequel elle se déroule. Elle met en lumière une réalité que trop souvent la société préfère ignorer : la violence conjugale n’est pas un conflit privé, mais un problème social majeur qui affecte profondément la sécurité, la dignité et la liberté des femmes. Le procès de ce couple rappelle que la justice a un rôle essentiel à jouer, non seulement pour sanctionner les actes répréhensibles, mais aussi pour reconnaître les dynamiques de pouvoir et le contexte dans lequel des gestes de riposte ou de légitime défense peuvent se produire.

Au-delà des sommes d’argent réclamées par les avocats et de l’application stricte de la loi, ce procès doit être perçu comme un signal adressé à l’ensemble de la société : tolérer la violence domestique, fermer les yeux sur les agressions ou stigmatiser les victimes revient à perpétuer un système où les femmes sont contraintes au silence et à la peur dans leur propre foyer. La protection des victimes et l’éducation à l’égalité doivent devenir des priorités absolues, et chacun ;institutions, autorités, familles et communautés , a un rôle à jouer pour prévenir la violence, soutenir celles qui en sont victimes et promouvoir une culture de respect et de non-violence.

Enfin, ce dossier rappelle avec force que se défendre face à un agresseur n’est jamais un acte condamnable : c’est un droit fondamental et un geste de survie. En mettant en lumière les enjeux humains, sociaux et juridiques des violences conjugales, cette affaire doit pousser la société sénégalaise à réfléchir collectivement à la nécessité de protéger les femmes, de responsabiliser les auteurs de violence et de construire un environnement où aucune personne ne vit dans la peur au sein de son foyer. C’est là, au croisement de la justice, de la prévention et de la sensibilisation, que réside l’espoir d’une véritable égalité et d’une société où la dignité et la sécurité de toutes et tous sont respectées.

khady Ba

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