Les habitants du village de Thicogne, localité située dans la commune de Kamb, dans le département de Linguère, sont sous le choc.. Elle a été retrouvée morte, pendue dans sa chambre. Alertés, les gendarmes de Yang-Yang et le personnel soignant de Kamb se sont rendus sur les lieux. 

Ce qui s’est passé à Linguère n’est pas un fait divers isolé. C’est le reflet d’un système de violences normalisées contre les femmes. Dans les foyers, les femmes vivent sous pression : violence conjugale, mariages forcés, injonctions sociales, rejet en cas de divorce, pauvreté, solitude, silence.

Ces “suicides” féminins sont souvent des cris étouffés. 

Derrière chaque corde, il y a une histoire. Une histoire de souffrance, de violences, d’abandon. Il ne suffit pas de dire qu’elle “s’est pendue”. Il faut se demander ce que la société a fait; ou n’a pas fait ; pour qu’elle en arrive là.

Les femmes ne se pendent pas parce qu’elles sont “fragiles”. Elles se pendent souvent parce qu’elles n’ont plus d’issue. Parce qu’on leur a appris à se taire. Parce qu’on leur a dit de supporter. Parce qu’on leur a fait comprendre que leurs douleurs ne comptaient pas.

Dans une société où la honte est plus lourde que la violence, où demander de l’aide est vu comme un échec, où la parole féminine est systématiquement mise en doute, certaines finissent par croire que la mort est leur seule échappatoire.

Peut-être que physiquement, oui. Mais symboliquement, c’est la société toute entièrequi a mis la corde autour de son cou. Le patriarcat l’a serrée. L’indifférence l’a poussée. Le silence l’a achevée.

À Linguère, une femme est morte. Nous ne devons pas détourner les yeux.

Source : Seneweb

khady Ba

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