L’accident vasculaire cérébral (AVC) est une atteinte brutale du cerveau liée à un trouble de la circulation sanguine. Il peut résulter soit d’une obstruction d’un vaisseau, soit de sa rupture. « Devant tout signe neurologique d’apparition soudaine, il faut penser à un AVC », alerte le spécialiste. Une paralysie soudaine, des troubles de la parole, une baisse ou perte de la vision ou encore des maux de tête violents doivent immédiatement inquiéter.
L’alimentation au centre des inquiétudes
Selon le professeur, l’alimentation constitue aujourd’hui un facteur de risque majeur. L’excès de sel favorise l’hypertension artérielle, principale cause d’AVC au Sénégal. Le sucre contribue au développement du diabète, tandis que les graisses augmentent le cholestérol et participent à l’obstruction des artères.
Certaines habitudes alimentaires locales aggravent la situation, notamment la forte consommation de sucre dans les boissons et l’utilisation fréquente de bouillons culinaires riches en sel. Il souligne que certains consommateurs ajoutent plusieurs morceaux de sucre dans une seule tasse, une pratique jugée excessive.
En dehors de l’alimentation, d’autres facteurs de risque sont également pointés du doigt : le tabac, l’alcool et le manque d’activité physique. « Il faut manger moins gras, moins sucré et bouger », insiste le spécialiste, appelant à des changements simples mais essentiels.
Une prise en charge urgente
L’AVC est une urgence médicale où chaque minute compte. Plus l’intervention est rapide, plus les chances de récupération sont importantes, rappelle le professeur Ngor Side Diagne.
Le diagnostic repose sur des examens d’imagerie cérébrale, notamment le scanner ou l’IRM. En cas d’AVC ischémique, une thrombolyse peut être envisagée pour dissoudre le caillot, mais uniquement dans un délai inférieur à quatre heures après les premiers signes. « Il faut agir vite », insiste-t-il.
Des conséquences lourdes et durables
Les conséquences de l’AVC ne se limitent pas à l’aspect médical. De nombreux patients conservent des séquelles importantes telles que la paralysie, des troubles du langage ou une perte d’autonomie.
Les impacts sociaux sont également considérables : perte d’emploi, isolement, dépendance familiale, voire ruptures dans les relations. Selon le spécialiste, l’AVC peut profondément désorganiser la vie sociale des patients.
Une rééducation encore insuffisante
La récupération passe par une rééducation précoce, incluant la kinésithérapie, l’orthophonie et un accompagnement psychologique. Toutefois, le manque de structures spécialisées, surtout en dehors de Dakar, limite l’accès à ces soins.
Même si les coûts restent relativement accessibles, la durée des traitements, parfois longue de plusieurs mois, constitue une charge importante pour les familles. Le manque de personnel qualifié complique également la prise en charge.
Des initiatives existent néanmoins. L’Association sénégalaise d’aide et d’assistance des victimes d’AVC accompagne les patients et leurs proches sur les plans social, psychologique et financier, tout en menant des actions de sensibilisation sur les risques liés à l’alimentation.
La prévention, un enjeu essentiel
Les spécialistes rappellent qu’une grande partie des AVC peut être évitée. La prévention repose sur des mesures simples : réduire la consommation de sel, de sucre et de graisses, pratiquer une activité physique régulière, éviter le tabac et limiter l’alcool.
Contrairement aux idées reçues, l’AVC peut toucher toutes les tranches d’âge. Une augmentation des cas chez les jeunes est d’ailleurs observée en Afrique, souvent liée à des maladies cardiaques ou à certaines infections.


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