Née en 1965 à Dakar, au Plateau, Sokhna Ndèye Astou Sy a grandi entre Dakar et Thiès, dans un environnement où l’éducation religieuse et l’instruction classique allaient naturellement de pair. Après son passage au daara, elle suit un cursus scolaire classique, notamment au collège Saint-Esprit de Thiès et au lycée Lamine Guèye de Dakar, où elle obtient son baccalauréat, série D.
Influencée par son grand-père médecin, Gaspard Camara, elle s’oriente d’abord vers la médecine à l’Université de Dakar en 1985. Mais face à la longueur des études et aux difficultés universitaires, elle change progressivement de voie. En 1987, elle s’envole pour le Canada, faisant partie des premières générations d’étudiants sénégalais à poursuivre leurs études dans ce pays.
Son parcours universitaire est marqué par plusieurs expériences. Elle étudie successivement la biologie, la biotechnologie, l’analyse financière et la microbiologie, avant d’obtenir une maîtrise dans cette dernière discipline à l’Université de Montréal.
Douze années aux États-Unis
Son aventure se poursuit ensuite aux États-Unis, où elle devait initialement séjourner pour améliorer son anglais. Elle y restera finalement pendant douze ans.
Sans véritable réseau familial, elle découvre les réalités de la vie d’immigrée et apprend à se battre pour assurer son autonomie. Son premier emploi se situe dans l’industrie de la mode à Manhattan, avant qu’elle ne s’oriente vers le commerce.
Grâce à son travail et à sa persévérance, elle gravit progressivement les échelons jusqu’à devenir manager général d’une entreprise. Mais estimant avoir atteint les limites de son évolution professionnelle, elle démissionne et se lance dans le petit commerce.
Une expérience qui renforcera sa philosophie de vie : « Il faut travailler pour vivre. »
Le retour au Sénégal et l’entrepreneuriat
Vers 2002, après plusieurs années passées aux États-Unis, Sokhna Ndèye Astou Sy décide de rentrer au Sénégal. Malgré son parcours universitaire, elle refuse de se limiter à une carrière classique et choisit l’entrepreneuriat.
Elle se lance d’abord dans la production de jus en sachet, avant de diversifier ses activités. Elle s’oriente ensuite vers la réfection de bâtiments, les biens et services et le commerce.
Un parcours atypique pour cette diplômée en microbiologie, qui assume pleinement ses choix et sa capacité à se réinventer.
Une femme attachée à ses racines et à son indépendance
Parallèlement à ses activités professionnelles, Sokhna Ndèye Astou Sy reste profondément engagée dans la vie religieuse et culturelle. Membre de la cellule « Zawiya Tidiane », elle participe aux activités liées au Mawlid, notamment dans les domaines de la communication, des conférences, des forums et des manifestations culturelles.
Loin de l’image traditionnelle parfois associée aux filles de chefs religieux, elle revendique son autonomie et son indépendance.
Elle se définit avant tout comme une musulmane, une Sénégalaise, une intellectuelle, une Africaine et une femme indépendante.
Le travail et les valeurs avant le matérialisme
Son parcours, entre Dakar, Thiès, Montréal et New York, lui a appris la valeur du travail et de la persévérance. Si elle considère l’argent comme nécessaire pour vivre dignement, elle refuse d’en faire l’unique mesure de la réussite.
Son expérience de la vie aux États-Unis, où elle a côtoyé des univers marqués par le luxe et la réussite matérielle, a renforcé sa conviction : les biens matériels restent secondaires face aux valeurs humaines, à la famille et à la dignité.
Un parcours singulier
Entre études scientifiques, immigration, commerce, entrepreneuriat et engagement religieux, Sokhna Ndèye Astou Sy a constamment refusé de se laisser enfermer dans une seule identité.
Fille de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, intellectuelle, entrepreneure et femme engagée dans la vie religieuse et culturelle, elle incarne un parcours fait d’indépendance, de travail et de persévérance, tout en restant profondément attachée à ses racines.


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