Invitée du journal télévisé de la RTS1, la Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), la Dre Safiétou Thiam, a dressé un état des lieux de la situation épidémiologique du VIH au Sénégal. Cette intervention intervient dans un climat médiatique sensible, marqué par des débats sur les modes de transmission du virus à la suite d’une affaire de mœurs ayant suscité de vives réactions.
Une prévalence maîtrisée mais persistante
Selon les données communiquées, le Sénégal compte environ 47 000 personnes vivant avec le VIH. L’analyse du profil épidémiologique montre que les femmes représentent plus de la moitié des cas recensés, tandis que les enfants constituent moins de 3 000 personnes vivant avec le virus.
La responsable du CNLS s’est néanmoins montrée rassurante quant à la prise en charge médicale. Elle a indiqué que près de 90 % des personnes diagnostiquées bénéficient d’un traitement antirétroviral. Ce taux élevé s’explique notamment par les politiques de gratuité et de décentralisation mises en œuvre par l’État pour faciliter l’accès aux soins.
Des groupes et des zones plus exposés
Mme la Dre Safiétou Thiam a également mis en lumière les populations les plus vulnérables à l’infection. Elle a cité en particulier les homosexuels, les travailleuses et travailleurs du sexe ainsi que les consommateurs de drogues injectables, des groupes davantage exposés en raison de facteurs sociaux et comportementaux spécifiques.
Sur le plan géographique, elle a souligné que les zones transfrontalières — notamment dans le Sud et le Sud-Est du pays — ainsi que les zones minières présentent une vulnérabilité accrue, en raison de l’importante mobilité des populations.
Lutter contre les idées reçues
Face à la propagation de rumeurs, la Secrétaire exécutive du CNLS a tenu à rappeler que le VIH ne se transmet pas par des contacts fortuits. Elle a réaffirmé les trois modes de transmission scientifiquement établis : la voie sexuelle, la voie sanguine et la transmission de la mère à l’enfant.
Insistant sur l’importance de la prévention, elle a encouragé le dépistage régulier et l’utilisation du préservatif. Elle a par ailleurs regretté la diffusion de nombreuses fausses informations autour du Sida, soulignant que la stigmatisation qui en découle constitue un frein majeur au suivi des patients et aux efforts de lutte.
En conclusion, Dr Safiétou Thiam a appelé à renforcer la sensibilisation du public sur la base de données scientifiques fiables, afin de préserver les acquis enregistrés par le Sénégal dans la lutte contre le VIH.

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