La drépanocytose, l’une des maladies génétiques les plus répandues en Afrique de l’Ouest, touche des milliers d’enfants, d’adolescentes et d’adultes au Sénégal. Longtemps freinée par le manque d’accès aux soins spécialisés, la maladie fait l’objet d’une avancée majeure : un nouveau traitement est désormais rendu accessible à un plus grand nombre de patientes dans le pays.

En effet , depuis quelques semaines, un générique de l’hydroxyurée, nommé Drepaf, est disponible dans certaines pharmacies sénégalaises. Conditionné par le laboratoire local Teranga Pharma, il offre pour la première fois un dosage adapté aux enfants et est vendu deux fois moins cher que le médicament original.

Dans l’espace de stockage de Teranga Pharma, en périphérie de Dakar, Mouhamadou Sow, directeur du laboratoire, montre fièrement les cartons de Drepaf : « Ici, 1 650 boîtes… là-bas, 2 560 boîtes… »

Le laboratoire, qui s’est associé à une ONG et à un fabricant indien, a reçu l’autorisation de mise sur le marché en avril dernier. « Le produit peut être utilisé à partir de neuf mois, ce qui va lui permettre de ne pas avoir de crise, des douleurs et d’aller à l’école, lui donner les mêmes chances de réussite que ceux qui n’ont pas la maladie », explique le directeur.

Sans traitement, les douleurs articulaires et complications liées à la drépanocytose entraînent la mort de plus de la moitié des patients avant l’âge de 10 ans. Au Sénégal, 10 % de la population est porteuse de la maladie.

Pour le moment, 16 000 boîtes ont été conditionnées au Sénégal et distribuées aux pharmacies. Teranga Pharma promet de reprendre la production dès janvier 2026, avec pour objectif de fournir, d’ici à un an, les pays voisins.

Le professeur Zeynabou Fall, spécialiste de la drépanocytose au Sénégal, tire la sonnette d’alarme :
« Si on fait appel aux données épidémiologiques de l’OMS, nous savons qu’à l’horizon 2050 il y aura plus de 500 000 naissances par an et que la majorité des cas de drépanocytose, 75 % se retrouve en Afrique. Cela doit devenir une priorité de santé publique, après le cancer, le paludisme et le diabète ».

Cette évolution représente un espoir concret pour les familles qui vivent quotidiennement les douleurs, les complications et l’insécurité médicale liées à la drépanocytose.

Chaque progrès médical doit s’accompagner d’une mobilisation sociale et politique pour que toutes les personnes atteintes, où qu’elles vivent, puissent bénéficier pleinement de leur droit à la santé.

khady Ba

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