Le 22 septembre 2025, à la tribune des Nations unies, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a prononcé un discours fort en faveur de l’égalité entre les sexes, de l’autonomisation des femmes, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de l’accès des femmes aux postes de décision. Un engagement salué par les organisations féministes sénégalaises, qui rappellent toutefois que les mots ne suffisent plus.

Des promesses déjà entendues, mais peu appliquées

Le chef de l’État a réaffirmé l’attachement du Sénégal à la Déclaration de Beijing, référence internationale pour les droits des femmes et des filles. Mais trente ans après, la réalité reste préoccupante.
Les organisations féministes rappellent que le Sénégal est encore très loin d’atteindre l’égalité réelle : féminicides en hausse, viols impunis, mariages précoces persistants, et lois discriminatoires toujours en vigueur.

Des lois en contradiction avec les droits des femmes

Le communiqué dénonce notamment :

  • L’âge légal du mariage fixé à 16 ans pour les filles.
  • L’autorisation obligatoire du mari pour voyager avec ses enfants.
  • La répression de l’avortement, y compris pour les victimes de viol ou d’inceste.
  • Le pouvoir exclusif du mari de fixer la résidence du ménage.
  • L’interdiction de recherche de paternité pour les enfants nés hors mariage.
  • Le mariage d’enfant sanctionné uniquement si la victime a moins de 13 ans.
  • L’injustice persistante dans le système de retraite pour les travailleuses.

Ces dispositions, jugées archaïques et discriminatoires, contredisent les engagements internationaux du Sénégal, notamment le Protocole de Maputo ratifié sans réserve.

Les revendications féministes : du discours à l’action

Les organisations signataires exigent :

  1. La révision des textes discriminatoires du Code de la famille, du Code pénal et d’autres textes juridiques.
  2. La reconnaissance du féminicide dans la législation pénale.
  3. L’harmonisation immédiate des lois nationales avec les conventions internationales.
  4. La parité effective dans toutes les instances de décision.
  5. Une politique de zéro tolérance face aux violences sexistes et sexuelles, avec des moyens concrets pour protéger et accompagner les victimes.

“Le temps est à l’action”

Pour les organisations féministes, il est temps que le Sénégal passe de la ratification à l’application, et du discours à l’action. Elles affirment rester vigilantes pour que les promesses présidentielles ne restent pas lettre morte.

« Les droits des femmes et des filles méritent plus que des mots : ils exigent des réformes courageuses et une volonté politique inébranlable », conclut le communiqué.

Organisations féministes signataires:

1. Le Réseau des féministes du Sénégal

2. JGEN Sénégal

3. Le Collectif des féministes du Sénégal

4. Sénégal Actions féministes

5. Le Collectif Autorité parentale partagée

6. Association Mères Actives

7. Jigeen Rek ( Réseau des femmes de Louga)

8. ROAJELF Sénégal

9. Molaadé (Association pour la protection des femmes et des enfants)

10. ALTERCOM ( Association pour les femmes et la communication alternative)

11. Collectif DAFADOY

12. Association Actrices Culturelles Ensemble

13. Collectif Jàma

14. Institut Féministe Sénégalais

15. ANOFEN ( Association nouvelles opportunitées pour les femmes et les enfants)


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