Dans un contexte marqué par une crise structurelle du secteur des médias, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) exprime de vives préoccupations face à la gestion du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP). L’organisation patronale critique une répartition qu’elle juge opaque et défavorable aux entreprises privées, au profit des structures publiques.

La tension entre les acteurs de la presse et le ministère de la Communication ne cesse de croître. Le CDEPS a ainsi convoqué une conférence de presse ce mercredi 8 avril à 12 heures à la Maison de la presse Babacar Touré, afin de dénoncer ce qu’il qualifie de « répartition inéquitable » du FADP pour l’exercice 2025. Le point central de la contestation concerne la part importante allouée aux médias publics, tandis que les entreprises privées peinent à accéder aux financements, notamment en raison du retard dans la distribution des fonds de 2024.

L’examen des chiffres met en évidence un déséquilibre significatif. Sur une enveloppe globale estimée à 1,9 milliard de francs CFA, une part substantielle revient aux organes publics. Des structures comme la Radiotélévision sénégalaise (RTS), l’Agence de presse sénégalaise (APS) ou encore l’Agence de distribution de la presse (ADP) bénéficient d’importants financements. Par ailleurs, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) enregistre une hausse notable de son budget.

À l’inverse, les entreprises de presse privées, bien que nombreuses, se partagent une enveloppe jugée insuffisante. Certaines grandes structures du paysage médiatique ne figurent d’ailleurs pas parmi les bénéficiaires retenus, ce qui alimente davantage les interrogations sur les critères d’attribution.

Le CDEPS pointe également les montants alloués aux organes de régulation et de gouvernance du secteur, estimant que ces financements interviennent dans un contexte où les besoins des entreprises de presse restent pressants.

Pour Mamadou Ibra Kane et ses collègues, ces choix budgétaires soulèvent des questions d’équité et de conformité avec les principes du Code de la presse. Ils dénoncent notamment des dysfonctionnements dans le processus de sélection et regrettent le non-versement des subventions dues au titre de l’année 2024.

À travers cette sortie, le CDEPS entend interpeller les autorités sur la nécessité d’une gestion plus transparente et équilibrée du FADP. La conférence de presse prévue ce mercredi s’annonce ainsi comme un moment clé pour relancer le débat sur le financement et l’avenir du pluralisme médiatique au Sénégal.

khady Ba

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