Un boucher a violemment agressé sa femme, après lui avoir reproché d’être allée à un baptême sans son autorisation.
Rouée de coups, la jeune femme a réussi à s’enfuir en pleine nuit, emmenant avec elle ses deux enfants, pour se réfugier chez ses parents à Klouck Wolof, un village situé à une dizaine de kilomètres de Ndiaganiao.
Un mois plus tard, voyant ses tentatives de réconciliation échouer, Samba Faye a décidé de passer à l’acte. Armé d’une machette, il s’est rendu chez ses beaux-parents en pleine nuit et a tenté de forcer la porte pour atteindre sa femme.
Heureusement, il a été intercepté par son beau-frère avant que le pire ne se produise, puis maîtrisé par la famille.
Après avoir pris la fuite, le mis en cause a finalement été arrêté par les gendarmes et placé sous mandat de dépôt à la prison de Mbour
En fait la machette n’est ici que l’arme visible d’un système de domination invisible, nourri par la culture du contrôle, la peur et l’impunité.
Le silence, la honte et la dépendance économique enferment encore trop de victimes dans le cercle vicieux de la violence conjugale.
Les organisations de défense des droits des femmes tirent régulièrement la sonnette d’alarme : les violences basées sur le genre sont en hausse, et les femmes mariées sont parmi les plus exposées. Pourtant, peu d’affaires aboutissent à des condamnations exemplaires. Le silence, la honte et la dépendance économique enferment encore trop de victimes dans le cercle vicieux de la violence conjugale.
Face à ces drames, il ne suffit plus de s’indigner. L’État, la justice, les communautés religieuses et la société civile doivent unir leurs forces pour prévenir, protéger et punir.
Former les forces de l’ordre, renforcer les dispositifs d’accueil pour les victimes, instaurer une éducation à l’égalité dès l’école , voilà des urgences concrètes. Les lois existent, mais leur application reste souvent timide face à la pression sociale et au poids des traditions.
Pour terminer , chaque femme battue, mutilée ou tuée représente un échec collectif. Tant que la société continuera de traiter ces violences comme de simples “disputes de couple”, elles se répéteront.
À Ndiaganiao, c’est une femme de plus qui a failli perdre la vie. Mais c’est surtout un appel à ouvrir les yeux : aimer ne doit jamais rimer avec souffrir, et le mariage ne doit jamais être une prison.
source: senews


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