Pour une banale histoire de ventilateur, le sieur s’est battu avec sa femme avant de l’envoyer en prison. Les faits se sont déroulés au cours de cette semaine à Keur Birima, un village situé dans la commune de Notto Diobass. Selon les informations de Seneweb, la dame avait demandé à son époux d’acheter un ventilateur puisque leur enfant ne supportait pas la forte chaleur dans leur chambre. Mais le mari n’a pas voulu honorer cette demande .Après avoir assez attendu sans que l’époux ne réagisse, s’est arrangée pour trouver un ventilateur qu’elle a implanté dans leur chambre. Et lorsqu’il est venu et a vu cet appareil fixé au mur, il l’a démonté, signifiant ainsi à la dame qu’aucun ventilateur ne sera mis dans la chambre.

Deux jours après, alors que l’époux était absent du domicile, elle s’est encore arrangée pour fixer le ventilateur sur le mur afin d’éviter la forte chaleur à leur enfant .C’est alors la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Car, à son retour à la maison il  a de nouveau arraché le ventilateur puis s’est acharné sur son épouse. Il l’a rouée de coups de poing avant que celle-ci ne se révolte en lui jetant le ventilateur. Blessé, l’époux s’est rendu au poste de santé pour des soins. Muni du certificat médical attestant une ITT de 15 jours, il a saisi la gendarmerie d’une plainte contre son épouse pour coups et blessures volontaires.

La dame a été ensuite arrêtée par les limiers puis inculpée des faits. Elle a été déférée hier mardi au parquet de Thiès. Après leur face-à-face, le procureur de la République lui a notifié son mandat de dépôt.  Elle  est envoyée à la MAC de Thiès, en attendant son procès prévu le 13 octobre prochain.

Les faits sont simples et pourtant effarants : à la suite d’une dispute sur fond de jalousie et de sexisme ordinaire, l’homme aurait frappé sa compagne. Celle-ci, blessée et humiliée, tente de se défendre verbalement, voire physiquement, dans un contexte où elle se sent menacée. Au lieu d’être protégée, elle est arrêtée et placée en détention provisoire, sous prétexte de “trouble à l’ordre public” ou “violence réciproque” un argument trop souvent utilisé pour minimiser la responsabilité des agresseurs masculins.

Ce cas illustre une réalité glaçante : dans les affaires de violences conjugales, la parole des femmes est encore trop souvent mise en doute. Pire, lorsqu’elles se défendent, elles sont criminalisées. La société continue de punir celles qui survivent plutôt que ceux qui terrorisent.

Combien de femmes devront encore subir cette “double peine”/être battues, puis accusées ? Combien d’agresseurs bénéficieront encore de la complaisance des institutions sous couvert de “conflits conjugaux”

Pour terminerc’est une urgence. Tant que des hommes pourront frapper sans crainte et faire emprisonner celles qu’ils violentent, la justice ne pourra se dire ni neutre, ni équitable.

khady Ba

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