Les morsures de serpent constituent un problème de santé publique mondial, touchant des millions de personnes chaque année. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), entre 1,8 et 2,7 millions d’envenimations par morsure de serpent se produisent chaque année, généralement dans les zones rurales des pays à revenu faible ou moyen, et entre 81 000 et 137 000 personnes en meurent. Plus d’un tiers des victimes ont moins de 20 ans.

 Au Sénégal, les morsures de serpent représentent  un enjeu sanitaire important, notamment dans les zones rurales où les interactions entre humains et serpents sont plus fréquentes. Les données nationales estiment une incidence annuelle de 92,8 morsures pour 100 000 habitants, avec 2,2 décès pour 100 000 habitants, bien que ces chiffres puissent être sous‑estimés car beaucoup de victimes ne consultent pas les structures de santé formelles.

Le 28 avril 2025, un drame avait frappé la commune de Bélé, dans le département de Bakel (est du Sénégal). À Gourél Bocar Samba, deux enfants d’une même famille, âgés de 7 et 12 ans, sont morts des suites d’une morsure de serpent survenue dans leur domicile. Plus récemment, une autre tragédie est survenue à Bignona, en Casamance. Une élève du lycée de Badiouré, Amy Diémé, en classe de seconde, est décédée le 21 janvier 2026 après avoir été mordue par un serpent à son domicile.

Selon les informations rapportées par la presse, après avoir été mordue chez elle, Amy avait été rapidement évacuée vers l’hôpital de Bignona pour recevoir des soins d’urgence. Malgré les efforts de la famille et du personnel médical, elle n’a pas survécu à ses blessures.

Bien que ces incidents soient parfois perçus comme des faits divers isolés, ils reflètent une réalité plus large : les morsures de serpent ne sont pas rares au Sénégal, et leurs conséquences peuvent être gravissimes, surtout chez les enfants. Pourtant Il existe des traitements efficaces contre l’envenimation par morsure de serpent : ce sont les sérums antivenimeux, qui neutralisent le venin lorsqu’ils sont administrés rapidement. Cependant, plusieurs obstacles limitent encore leur impact au Sénégal et dans d’autres pays à faible revenu :Disponibilité limitée dans les centres de santé ruraux ; Au‑delà du traitement, la prévention reste essentielle :Sensibilisation des communautés aux risques des serpents et aux bons réflexes en cas de morsure ; Éducation sanitaire pour encourager les victimes à se rendre rapidement dans un centre de santé plutôt que de recourir uniquement aux remèdes traditionnels.

Les cas tragiques de Gourél Bocar Samba et de Badiouré illustrent à quel point les morsures de serpent peuvent être fatales, surtout chez les enfants au Sénégal. Bien que des traitements médicaux efficaces existent, leur disponibilité, leur accessibilité et la sensibilisation des populations restent des défis majeurs. Pour réduire ces drames, il est indispensable de renforcer les systèmes de santé, d’améliorer l’accès aux antivenins, et d’intensifier les campagnes de prévention dans les zones rurales les plus exposées.

khady Ba

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