Une découverte macabre a secoué, ce lundi, le village de Poukham Tock, dans la commune de Mbellacadiao , (département de Fatick). En effet le corps sans vie d’une femme a été retrouvé, pendu à l’aide d’une corde dans un jardin de manguiers situé à l’entrée du village.

Selon un communiqué de la brigade de proximité de Diakhao, c’est le chef du village qui a alerté les autorités après la découverte macabre.

Des témoins affirment avoir vu la victime, vers 15 heures, assise seule à proximité du jardin. Le corps a ensuite été découvert par Gonar Diop, un habitant du village, qui revenait de voyage lorsqu’il a remarqué une corde suspendue à un manguier.

La victime n’a pas encore été formellement identifiée. Des photographies ont été partagées avec les chefs de village de la zone afin de faciliter son identification.

Aucune trace de lutte ni blessure apparente n’a été constatée sur le corps. Toutefois, des objets personnels , notamment des chaussures, un foulard et une paire de lunettes contenus dans un sachet plastique,  ont été retrouvés à proximité, laissant penser que la victime aurait préparé son geste.

Le corps a été évacué par les sapeurs-pompiers vers le centrehospitalier Adja Marième Faye Sall de Fatick.
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du drame.

Mais le  constat qu’aucune blessure n’a été relevée ne doit pas suffire à clore l’affaire. Les violences psychologiques, le harcèlement, l’emprise, qui laissent peu ou pas de traces visibles ,doivent être explorés à fond.

De ce fait les médias et l’opinion publique ont le devoir d’éviter les formulations culpabilisantes, « elle a décidé de se donner la mort », sans creuser les responsabilités structurelles. Le récit doit être centré sur la victime, ses droits, et les conditions que les femmes subissent dans l’ombre.

Sur ce il  faut, par ailleurs, des protocoles d’écoute, d’assistance psychologique et de protection pour les femmes en détresse dans les zones rurales.

Développer des dispositifs d’accompagnement (écoute, soutien psychologique, centres d’accueil) dans les régions rurales ; Renforcer la sensibilisation auprès des autorités locales (chefs de village, imams, sages) pour qu’ils déconstruisent les normes patriarcales ; Intégrer dans les médias une approche responsable de la couverture des violences faites aux femmes ; Renforcer les mécanismes de protection et de répression des violences sexuelles et psychologiques.

Cette femme retrouvée pendue à Poukham Tock n’est pas simplement une « victime d’un fait divers » — elle est une silhouette parlant du malaise plus vaste que vivent beaucoup de femmes : l’épuisement, la détresse, la solitude dans un contexte où leur souffrance est tue.

Donc ce  meurtre (ou ce suicide) doit devenir un moment de bascule : pour que les violences silencieuses soient audibles, pour que les femmes soient prises en charge, pour que le système  judiciaire, social, médiatique ,  change de posture.

khady Ba

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