Le Mardi Gras, célébré la veille du Carême dans la tradition chrétienne, précède le Mercredi des Cendres et ouvre la période de quarante jours de jeûne et de pénitence avant Pâques. Héritée de l’Europe médiévale, cette journée symbolisait autrefois le dernier moment de réjouissances et de consommation d’aliments riches avant l’entrée en période d’abstinence.

Introduite au Sénégal durant la période coloniale, sous l’influence française et des missions catholiques, la fête s’est progressivement implantée dans les communautés chrétiennes du pays. Elle est particulièrement visible dans des villes comme Dakar, Ziguinchor ou Saint-Louis, ainsi que dans certaines localités de la Petite-Côte.

Au fil du temps, le Mardi Gras a dépassé son ancrage strictement religieux pour devenir un événement festif largement partagé. Aujourd’hui, il est surtout animé par les écoles et les quartiers. Les élèves, de la maternelle au secondaire, défilent en costumes variés, rivalisant d’imagination à travers des déguisements inspirés de super-héros, de figures traditionnelles, de personnalités publiques ou de personnages fictifs.

Dans plusieurs quartiers, des parades accompagnées de musique, de danse et d’animations culturelles viennent renforcer l’ambiance conviviale. La fête devient alors un véritable espace d’expression artistique, où se rencontrent modernité et références culturelles locales.

Dans un pays à majorité musulmane comme le Sénégal, le Mardi Gras illustre également l’esprit de tolérance et de coexistence religieuse qui caractérise la société. Il témoigne du dialogue interconfessionnel et du vivre-ensemble profondément ancrés dans les valeurs nationales.

Entre tradition chrétienne et appropriation culturelle sénégalaise, le Mardi Gras s’affirme ainsi comme une célébration haute en couleur, symbole de diversité, de créativité et de convivialité.

khady Ba

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