Dans de nombreux pays en développement, la question de l’enseignement supérieur reste étroitement liée aux conditions de vie des étudiants. Au Sénégal, les étudiants constituent une frange importante de la jeunesse et représentent un espoir pour le développement économique, social et politique du pays. Cependant, malgré les efforts de l’État pour démocratiser l’accès à l’université, les conditions de vie et d’études des étudiants demeurent préoccupantes. Les problèmes liés au rappel de bourse, aux journées sans ticket et à la fermeture répétée des restaurants universitaires, suivie de leur réouverture partielle, illustrent les difficultés structurelles du système universitaire sénégalais.

La situation des étudiants sénégalais est caractérisée par une précarité persistante qui affecte directement leur réussite académique.
Le retard dans le paiement des bourses, notamment les rappels de bourse, met de nombreux étudiants dans une situation financière difficile. Pour beaucoup, la bourse constitue la seule source de revenus permettant de subvenir aux besoins essentiels : logement, alimentation, transport et fournitures universitaires.

À cela s’ajoutent les journées sans ticket, durant lesquelles les étudiants n’ont pas accès aux repas subventionnés dans les restaurants universitaires. Ces journées aggravent l’insécurité alimentaire et obligent certains étudiants à étudier le ventre vide, ce qui nuit à leur concentration et à leur rendement académique.

Par ailleurs, la fermeture des restaurants universitaires, souvent liée à des mouvements de grève ou à des problèmes de gestion, accentue davantage la souffrance estudiantine. Même si leur réouverture est parfois annoncée comme une solution, celle-ci reste souvent partielle et insuffisante face à la forte demande. Ces difficultés provoquent frustration, colère et parfois des tensions entre étudiants et autorités universitaires.

Cependant, il serait réducteur d’attribuer l’ensemble de ces problèmes à une absence de volonté des autorités. L’État du Sénégal consacre une part importante de son budget à l’enseignement supérieur. La massification des universités, avec un nombre croissant d’étudiants chaque année, exerce une pression considérable sur les infrastructures et les ressources disponibles.

La réouverture des restaurants universitaires, même progressive, montre une volonté de répondre aux revendications étudiantes. De plus, les retards de bourse sont parfois liés à des contraintes administratives ou budgétaires, dans un contexte économique national et international difficile. Certains soutiennent également que les grèves répétées perturbent le fonctionnement normal des services universitaires et aggravent les problèmes existants.

En définitive, la situation des étudiants au Sénégal révèle un déséquilibre entre l’augmentation du nombre d’étudiants et les moyens disponibles pour assurer leur bien-être. Si les efforts de l’État sont réels, ils restent insuffisants face à l’ampleur des besoins. Les problèmes de rappel de bourse, de journées sans ticket et de fermeture des restaurants universitaires témoignent d’une précarité qui ne peut être ignorée.

Il devient donc indispensable de repenser la gestion de l’enseignement supérieur à travers un dialogue sincère entre l’État, les autorités universitaires et les étudiants, afin de mettre en place des solutions durables. Car investir dans de meilleures conditions de vie étudiante, c’est investir dans l’avenir du Sénégal.

khady Ba

View all posts

Add comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *