Au Sénégal, la lutte traditionnelle est bien plus qu’un sport. Elle représente une source de revenus importante pour les lutteurs, les promoteurs et tout un écosystème économique. Toutefois, derrière le spectacle et les gains financiers, se cache une réalité plus sombre, faite de violences, d’agressions et de désordre social, particulièrement dans la banlieue dakaroise.
L’Arène nationale de Pikine, un voisinage sous pression
Depuis la construction de l’Arène nationale de Pikine, les populations riveraines vivent un véritable calvaire à chaque organisation de combat de lutte. Les jours de combat sont souvent synonymes de : Agressions dans les marchés et les quartiers environnants, Saccages de biens publics et privés, Blocage de la circulation, Usage massif de gaz lacrymogènes, provoquant des malaises, notamment chez les enfants, les personnes âgées et les commerçants.
Pour beaucoup d’habitants, les combats de lutte ne profitent réellement qu’aux lutteurs et aux promoteurs, tandis que les populations locales en subissent les conséquences économiques, sociales et sanitaires.
Un refus ignoré par les autorités
Il est important de rappeler qu’avant même la construction de l’Arène nationale, une partie de la population de Pikine avait catégoriquement refusé ce projet, consciente des enjeux sécuritaires qu’il représentait.
À la place de cette infrastructure sportive, certains proposaient la construction : d’un hôpital central, ou de centres de formation professionnelle, afin d’offrir aux jeunes des compétences adaptées aux métiers d’avenir.
Des chiffres alarmants et des alertes politiques
Lors d’une conférence de presse, le député Babacar Ndiaye avait tiré la sonnette d’alarme en révélant une statistique glaçante : plus de 17 morts enregistrés depuis la construction de l’Arène nationale, liés directement ou indirectement aux violences autour des combats de lutte.
Il avait également insisté sur la nécessité urgente de doter Pikine d’un commissariat central, afin de mieux encadrer ces événements et protéger les populations.
2026 : un fléau qui persiste
Nous voilà en 2026, et les violences liées à la lutte refont surface avec encore plus d’intensité. Le dimanche 1er février 2026, à l’issue du combat entre Ama Nekh et Tafa, des scènes de violence et de saccage ont une nouvelle fois été enregistrées, confirmant que le problème reste entier.
Face à cette situation récurrente, une évidence s’impose :
il est urgent de revoir les textes réglementaires encadrant les combats de lutte, de renforcer la sécurité et de responsabiliser tous les acteurs, des promoteurs aux autorités publiques.
La lutte ne doit plus être un facteur d’insécurité pour les populations. Tant que les violences persisteront, ce sport continuera d’être perçu non pas comme un patrimoine culturel, mais comme un fléau qui affaiblit la société sur les plans économique, social et sanitaire.


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