Pour la première fois, les Nations Unies commémoreront officiellement la Journée internationale des Femmes et des Filles autochtones, le 5 septembre 2026, après plusieurs décennies de revendications et de plaidoyer portés par les organisations et mouvements autochtones.

New York, le 2 septembre 2026 – Après quatre décennies d’organisation et de revendications, les Femmes autochtones franchissent une étape historique : les Nations Unies commémorent officiellement pour la première fois la Journée internationale des Femmes et des Filles autochtones le 5 septembre.

Ce jalon s’accompagne d’un agenda politique articulé autour du financement direct de leurs organisations, de la participation effective aux décisions et de la mise en œuvre des engagements internationaux pour protéger leurs droits.

Lors de cette première commémoration officielle, le Forum international des Femmes autochtones (FIMI) appelle les États membres, les organismes multilatéraux, les agences de coopération et la société civile mondiale à traduire ces engagements en actions politiques concrètes.

Le FIMI demande notamment de garantir un financement direct aux organisations dirigées par des Femmes autochtones, de mettre en œuvre la Recommandation générale n°39 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et d’assurer leur participation pleine et effective aux décisions relatives à la gouvernance, à la conservation, au développement et aux autres politiques ayant une incidence sur leurs vies et leurs communautés.

Des inégalités persistantes

Cet agenda répond à de profonds écarts économiques, éducatifs et professionnels qui touchent les Femmes autochtones dans différentes régions du monde.

On compte aujourd’hui près de 238,4 millions de Femmes autochtones dans le monde et 18,3 % d’entre elles vivent avec moins de 1,90 dollar par jour, contre 6,8 % au sein de la population non autochtone.

En matière d’éducation, 53,5 % des Femmes autochtones actives n’ont aucune instruction, une proportion qui atteint 89,9 % en Afrique.

La directrice exécutive du FIMI, Teresa Zapeta, souligne que derrière ces chiffres se trouvent des Femmes et des Filles autochtones qui continuent de se heurter à des obstacles pour étudier, accéder aux services de santé, avoir un emploi décent ou participer aux décisions qui touchent leur vie.

Une date liée à Bartolina Sisa

Cette première commémoration officielle rappelle également l’origine historique de cette date, liée à la mémoire de Bartolina Sisa, dirigeante autochtone bolivienne du peuple aymara.

Elle a joué un rôle central dans l’organisation et la conduite de la résistance autochtone face au pouvoir colonial. Elle a été exécutée le 5 septembre 1782.

Depuis 1983, les organisations et mouvements autochtones commémorent l’anniversaire de sa mort comme la Journée internationale des Femmes et des Filles autochtones.

Quatre initiatives récompensées

Dans le cadre de cette première commémoration officielle, le FIMI remet la 14e édition du Prix du leadership des Femmes autochtones.

Cette année, le prix distingue quatre initiatives des Fidji, d’Inde, du Kenya et d’Équateur qui utilisent le sport et les jeux ancestraux pour créer des opportunités, renforcer le bien-être, protéger les écosystèmes, promouvoir l’éducation et faire vivre les identités culturelles.

Le prix sera remis le 5 septembre au Cambodge, lors d’une cérémonie présidée par la dirigeante autochtone et militante mondiale Joan Carling.

Ces quatre initiatives récompensées montrent que les Femmes autochtones construisent déjà des réponses au cœur de leurs communautés. Elles soulignent la nécessité de leur garantir un accès direct aux ressources et au pouvoir de décision nécessaires pour pérenniser, renforcer et déployer leurs solutions dans d’autres contextes.

khady Ba

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