C’est avec une profonde émotion que la communauté judiciaire sénégalaise apprend la disparition de Mme Suzanne Diop, pionnière de la magistrature au Sénégal.
Née d’un père sénégalais et d’une mère camerounaise, Suzanne Diop s’impose dès ses jeunes années comme une élève brillante. Après des études au lycée Faidherbe de Saint-Louis, elle part à Paris suivre des études de droit à la faculté de Paris Sorbonne, où elle obtient sa licence en droit en juin 1963.
De retour au Sénégal après l’indépendance, et à seulement 38 ans, elle prête serment au Palais de Justice de Dakar le 14 mars 1964, devenant ainsi la première femme magistrate du pays.
Sa carrière est marquée par plusieurs étapes majeures : nommée magistrate au Tribunal pour enfants en 1964, ce qui marque son engagement dans la protection des droits des femmes et des enfants ; De 1967 à 1972, elle travaille à l’international auprès de la Nations Unies à New York, à la Section des Droits de la Femme, contribuant à faire entendre la voix africaine dans les débats sur l’égalité.
Tout au long de sa vie, elle plaide pour l’évolution des textes de protection des femmes et interrogeait déjà, au cours des années 1980, la question de l’infanticide et de sa gestion sociale : « La peur du scandale, des vexations et des tabous sociaux » en étaient selon elle les ressorts.
En devenant la toute première femme magistrate du Sénégal, Suzanne Diop a ouvert un chemin que beaucoup ont suivi, mais qu’il restait ,et reste encore à élargir. On souligne d’ailleurs que, malgré des progrès, les femmes restent rares aux plus hauts postes de la magistrature sénégalaise.
La nation perd aujourd’hui une grande dame de la justice, mais c’est surtout une femme qui a cru que la justice devait être accessible et équitable pour toutes et tous. Son nom restera inscrit dans l’histoire de la justice sénégalaise.
À sa famille, à ses proches, à la magistrature sénégalaise, nous adressons nos plus sincères condoléances.


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