Les organisations féministes sénégalaises ont exprimé leur profonde indignation après le meurtre de Mariama Keïta, 54 ans, tuée par son mari, B. Fall, le mercredi 9 décembre 2025 à Keur Massar. Mère de sept enfants, elle vivait depuis plusieurs années sous les violences répétées de son conjoint, selon les informations révélées.

2025, une année sombre : quinze féminicides déjà recensés

Avec le meurtre de Mariama Keïta, le Sénégal enregistre son quinzième féminicide médiatisé pour l’année 2025. Un chiffre alarmant qui confirme, selon les organisations féministes, une recrudescence dramatique des violences mortelles faites aux femmes et aux filles.

Elles rejettent fermement l’usage de termes tels que “drame conjugal” ou “dispute familiale”, considérés comme des expressions qui minimisent la gravité de ces crimes.
« Ce n’était pas une dispute : c’est un homme qui a ôté la vie à son épouse, brisant une famille et laissant sept enfants orphelins », rappellent-elles. Pour elles, il s’agit clairement d’une exécution commise dans le cadre conjugal, et non d’un accident domestique.

Une femme pilier de famille, victime d’un système patriarcal

Selon les organisations féministes, Mariama Keïta était celle qui subvenait aux besoins du foyer. Malgré cela, « B. Fall s’est autorisé à tuer sa femme, convaincu que notre société machiste serait encline à diluer sa responsabilité », dénonce le communiqué.
En invoquant une vague « dispute conjugale », le présumé meurtrier chercherait à minimiser son acte criminel, profitant d’un système qui, encore trop souvent, excuserait ou invisibiliserait les violences masculines.

Les organisations féministes rappellent que le féminicide est un crime politique, enraciné dans une culture patriarcale qui considère les femmes comme des propriétés masculines. « Nous refusons de laisser le patriarcat maquiller ce crime », insistent-elles.

Un appel pressant aux autorités : agir maintenant

Le communiqué interpelle directement la Ministre de la Famille, des Solidarités et de l’Action sociale, ainsi que l’ensemble des autorités étatiques. Les organisations exigent :

  1. Une vaste campagne nationale contre les féminicides et les violences patriarcales, pour sensibiliser et prévenir.
  2. La reconnaissance officielle du féminicide dans le droit sénégalais, afin d’en faire une qualification pénale spécifique permettant des enquêtes rigoureuses et des sanctions exemplaires.
  3. Une évaluation systématique du traitement judiciaire des meurtres commis par les conjoints.
  4. La création d’un compteur national d’alerte, afin de mesurer la prévalence réelle des féminicides au Sénégal.

“Justice pour Mariama Keïta”

Les organisations féministes concluent en exigeant que justice soit rendue pour Mariama Keïta et que son meurtre ne soit ni minimisé ni oublié. Elles rappellent que derrière ce crime réside une problématique structurelle qui nécessite des réformes rapides et ambitieuses.

Mariama Keïta rejoint la longue liste des femmes tuées parce qu’elles sont femmes.
Le Sénégal doit dire stop.

warkhatv

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