Étudiante en deuxième année de journalisme au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), Fatou Ndiaye franchit une étape importante de son parcours académique. La jeune journaliste figure parmi les quinze candidats retenus pour prendre part à la quatrième édition de l’École d’Été d’Écriture et de Journalisme (EEEJ), qui se déroulera du 27 juillet au 8 août 2026 à Cotonou, au Bénin.

Organisée par l’ONG Bénin Excellence avec l’appui de la Fondation Vallet, sous l’égide de la Fondation de France, cette résidence rassemble chaque année de jeunes journalistes et auteurs issus de plusieurs pays d’Afrique francophone. Pendant deux semaines, les participants prennent part à des ateliers intensifs, des rencontres avec des professionnels des médias et des travaux de terrain destinés à renforcer leurs compétences en écriture journalistique.

Pour le Sénégal, cette sélection revêt une portée particulière. Fatou Ndiaye devient la première Sénégalaise admise à cette école d’excellence, une distinction qu’elle considère comme un honneur, mais aussi comme une responsabilité envers les jeunes femmes qui aspirent à évoluer dans les métiers des médias.

« Représenter mon pays est une immense fierté. Mais au-delà de cette reconnaissance personnelle, j’y vois une responsabilité. J’espère que cette première participation ouvrira la voie à d’autres jeunes Sénégalaises qui rêvent d’intégrer ce type de programme », confie-t-elle.

Une sélection au terme d’un processus exigeant

Intégrer l’EEEJ nécessite de franchir plusieurs étapes de sélection. Les candidats doivent d’abord proposer un projet journalistique en lien avec le thème de l’édition, détailler leur méthodologie d’enquête, identifier leurs sources et démontrer la pertinence de leur sujet. Leur dossier comprend également un exercice d’écriture, une lettre de motivation, un curriculum vitae et plusieurs pièces justificatives.

Les candidatures présélectionnées sont ensuite soumises à un entretien devant un jury chargé d’évaluer la qualité du projet, la capacité d’analyse et la motivation des postulants.

« Le processus demande beaucoup de préparation. Il faut présenter un projet solide, défendre sa démarche et convaincre le jury de la pertinence de son travail. C’est une expérience qui exige de la rigueur, de la persévérance et de la confiance en soi », explique Fatou Ndiaye.

À l’issue de cette procédure, seuls quinze participants provenant de toute l’Afrique francophone sont retenus. Pour le Sénégal, les places sont rares, avec généralement un ou deux représentants seulement.

Cette nouvelle distinction vient s’ajouter à un parcours déjà remarqué. Fatou Ndiaye s’était notamment illustrée en remportant le deuxième prix du Concours des meilleures productions journalistiques du Conseil pour le Journalisme Responsable au Sénégal (CJRS), dans la catégorie Étudiant.

Le « Camp de Thiaroye » au cœur de son projet

Le thème retenu pour cette quatrième édition, « Flash, Clap et patrimoine », invite les participants à explorer les liens entre création audiovisuelle, mémoire et patrimoine culturel.

Pour son projet, Fatou Ndiaye a choisi d’étudier Camp de Thiaroye, le film réalisé en 1988 par Ousmane Sembène et Thierno Faty Sow. Son ambition est de montrer comment le cinéma peut contribuer à préserver la mémoire collective et participer à la reconnaissance de faits historiques longtemps passés sous silence.

« Ce film illustre la manière dont Ousmane Sembène a utilisé le cinéma pour raconter une histoire qui n’avait pas encore été pleinement reconnue. Le massacre de Thiaroye n’a été officiellement reconnu qu’en 2024, plusieurs décennies après la sortie du film. Cela montre que les œuvres cinématographiques peuvent devenir de véritables archives de la mémoire », souligne-t-elle.

Dans son travail, la jeune journaliste prévoit de confronter archives, témoignages et documents historiques afin de produire une enquête rigoureuse, fidèle aux principes du journalisme.

Une jeunesse africaine qui réinvente le journalisme

Au-delà de son parcours individuel, la participation de Fatou Ndiaye témoigne de l’émergence d’une nouvelle génération de journalistes africains désireux de raconter le continent avec leurs propres références, leurs propres méthodes et leurs propres récits.

Formés dans des écoles comme le CESTI, ces jeunes professionnels souhaitent produire une information exigeante, ancrée dans les réalités africaines et ouverte sur les grands enjeux contemporains.

À Cotonou, Fatou Ndiaye représentera le Sénégal aux côtés de Thierno Ndiaye, diplômé de la 53ᵉ promotion du CESTI. Ensemble, ils porteront les couleurs du pays lors de cette quatrième édition de l’EEEJ, avec l’ambition de revenir enrichis de nouvelles expériences et de contribuer au rayonnement du journalisme sénégalais sur la scène africaine.

khady Ba

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