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	<title>CONTRIBUTIONS - warkha Tv</title>
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	<description>Médias féministes n°1 au Sénégal</description>
	<lastBuildDate>Mon, 18 May 2026 10:44:22 +0000</lastBuildDate>
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	<title>CONTRIBUTIONS - warkha Tv</title>
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		<title>Les sorciers du Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 09:36:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aucune société ne se construit durablement en organisant la traque permanente de ses propres contradictions. Elle ne devient ni plus stable, ni plus prospère, ni plus juste en transformant les silences de la vie sociale en obsession nationale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Entre 1692 et 1693, dans plusieurs villages proches de Salem, une jeune colonie américaine profondément religieuse bascula dans ce que l&#8217;histoire retiendra comme l&#8217;une des plus grandes chasses aux sorcières d&#8217;Amérique du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société traversée par les tensions politiques, les conflits armés, les peurs religieuses et les incertitudes d&#8217;une colonie fragile, une idée s&#8217;imposa : il y avait un mal qui vivait parmi eux. Étranger à leurs valeurs. Qu&#8217;il fallait nommer, exposer et traquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On accusa des femmes de sorcellerie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, les accusées étaient des marginales, des femmes seules, des étrangères, des figures que personne n&#8217;aurait vraiment à défendre. La communauté approuvait. Les autorités religieuses bénissaient. La machine s&#8217;emballa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis quelque chose d&#8217;inattendu se produisit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accusées cessèrent d&#8217;être des inconnues. Les noms devinrent plus familiers. Les profils plus respectables. Et la communauté découvrit, trop tard, ce qu&#8217;elle avait refusé de voir depuis le début. Il n&#8217;y avait pas de sorcières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&#8217;y avait que des femmes&nbsp; et une communauté qui avait besoin d&#8217;un ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois cent trente ans plus tard, à des milliers de kilomètres de Salem, une séquence étrangement familière est en train de se dérouler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des mois, une affaire occupe les médias sénégalais presque quotidiennement : les arrestations d&#8217;homosexuels. Entre débats sur le durcissement de la loi et vagues d&#8217;interpellations médiatisées, le sujet est devenu une actualité permanente qui envahit les plateaux télé, les réseaux sociaux et les conversations publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;observe ces faits avec des lunettes féministes. Celles qui m&#8217;ont appris que la vie privée des gens n&#8217;est pas un projet collectif. Et que les sociétés qui passent leur temps à surveiller les corps finissent rarement par devenir plus justes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;histoire a souvent cette étrange manière de se répéter. Pas forcément dans les mêmes lieux, ni chez les mêmes peuples, mais à travers des mécanismes qui semblent traverser les sociétés humaines elles-mêmes. Comme si, partout où la peur collective cherche un ennemi à désigner, le système finissait toujours par produire les mêmes réflexes : fabriquer un mal extérieur, organiser sa traque, puis découvrir, trop tard, que ce mal appartenait déjà au corps même de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car à Salem, les accusations avaient fini par circuler partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des femmes accusaient d&#8217;autres femmes. Des voisines dénonçaient leurs voisines. Des familles se retournaient contre leurs propres membres. Des figures respectées devenaient soudain suspectes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et plus la traque avançait, plus une évidence apparaissait : il n&#8217;existait pas d&#8217;ennemi extérieur. Il n&#8217;y avait pas de nouvelles personnes infiltrées dans la communauté. Seulement les mêmes habitants de Salem, soudain désignés autrement par la peur collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est précisément ce que cette séquence sénégalaise semble révéler aujourd&#8217;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vague d&#8217;arrestations semble même démonter une croyance collective largement brandie lors des débats sur le durcissement de la loi: <em>l&#8217;homosexualité serait un phénomène importé</em>. Une contamination étrangère à notre culture et à notre identité. C&#8217;est sur cet argument que reposait une grande partie de la construction morale et juridique ayant justifié la traque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ces arrestations, les caricatures que beaucoup se faisaient des homosexuels étaient très loin de ce que la réalité allait révéler. On les imaginait comme des figures marginales, étrangères à la société respectable, éloignées des espaces religieux, politiques ou professionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en organisant cette vague d&#8217;arrestations, en la médiatisant, en rendant publics les visages, ses instigateurs ont produit, sans le vouloir, la démonstration inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des jeunes. Des hommes mariés. Des figures religieuses. Des travailleurs. Des gens des médias. Des commerçants. Des artisans. Des leaders politiques. Des tailleurs. Des maçons. Des stylistes. Des hommes insérés dans tous les espaces de la société sénégalaise et dans toutes les classes sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les arrestations ont révélé, ce ne sont pas des visages venus d&#8217;ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des visages sénégalais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme à Salem, ceux qui ont organisé la traque voulaient prouver que le mal venait d&#8217;ailleurs. C&#8217;est exactement le contraire qu&#8217;ils ont prouvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité n&#8217;a pas traversé une frontière récemment. Elle était tapie dans les silences que toute société produit pour se maintenir. L&#8217;histoire des sociétés est aussi une histoire de ce que les individus cachent pour survivre socialement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat n&#8217;appartient à personne. Il est produit par les arrestations elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vint, au Sénégal comme à Salem, le moment décisif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui où la machine touche des noms trop connus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Salem, quand les accusations avaient commencé à atteindre des figures que la communauté ne pouvait pas se permettre de perdre, quelque chose s&#8217;était grippé. Soudain on avait parlé de preuves. Soudain on avait parlé de prudence. La présomption d&#8217;innocence était réapparue comme par miracle&nbsp; non pas parce que les consciences s&#8217;étaient éveillées, mais parce que la peur avait changé de camp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sénégal, l&#8217;arrestation de Ndiaga Seck&nbsp; présenté par beaucoup comme un proche du Premier ministre&nbsp; a produit&nbsp; le même effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur plusieurs plateaux, je n&#8217;ai pas retrouvé la virulence habituelle. Il y avait de la retenue. Des précautions. Plusieurs chroniqueurs répétaient : « attendons de voir ce que l&#8217;enquête va révéler ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois cent trente ans séparent Salem du Sénégal .</p>



<p class="wp-block-paragraph">La phrase est la même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu&#8217;elle révèle la même vérité : la présomption d&#8217;innocence redevient soudain importante lorsque la personne arrêtée appartient à un espace de respectabilité. Là où des anonymes étaient publiquement condamnés avant toute enquête, certains bénéficient maintenant du doute, de la prudence et de la nuance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&#8217;est plus une question d&#8217;homosexualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est une question de fonctionnement de notre morale publique. Une morale qui change de visage selon les personnes concernées. Une morale capable d&#8217;être impitoyable avec les anonymes et prudente avec les puissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que les plateaux s&#8217;enflamment, les tensions institutionnelles deviennent impossibles à dissimuler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est une stratégie ancienne. Fabriquer une menace collective, désigner un groupe comme danger public, alimenter la peur jusqu&#8217;à transformer une question sociale en obsession nationale. Les paniques morales servent souvent à cela : fabriquer des figures repoussoirs capables d&#8217;absorber les colères collectives pendant que les véritables fractures s&#8217;élargissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elles portent aussi en elles une forme d&#8217;inefficacité à long terme. Parce qu&#8217;à mesure que la traque s&#8217;étend, elle finit souvent par toucher des personnes qui n&#8217;étaient pas les cibles imaginées au départ : des proches et des figures respectées,. Et c&#8217;est généralement à ce moment-là que la vérité commence à fissurer la peur collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est essentiel ici de distinguer deux réalités que certains confondent délibérément.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&#8217;un côté, les crimes sexuels : le viol, la pédophilie, les agressions sexuelles, le détournement de mineurs. Ce sont des violences qui doivent être combattues avec fermeté, quelle que soit l&#8217;orientation sexuelle de leurs auteurs. De l&#8217;autre côté, une réalité sociologique que les arrestations ont rendue visible malgré elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mélanger sert surtout à nourrir la peur et à détourner le débat de la question réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune société ne se construit durablement en organisant la traque permanente de ses propres contradictions. Elle ne devient ni plus stable, ni plus prospère, ni plus juste en transformant les silences de la vie sociale en obsession nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&#8217;hui, plus personne au Sénégal ne peut jurer ne jamais avoir côtoyé un homosexuel.Ces arrestations ont fini par révéler que ceux qu’on croyait extérieurs à la société étaient en réalité les membres de nos cercles les plus proches. Et la&nbsp; peur collective devient toujours plus fragile lorsque l’ennemi cesse d’être abstrait et prend le visage du familier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Salem, quatorze ans après les exécutions, Ann Putnam, l&#8217;une des premières accusatrices, fit publiquement pénitence. Elle reconnut que la peur collective avait produit une erreur collective. Que la communauté avait traqué à l&#8217;extérieur ce qui lui appartenait depuis toujours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal n&#8217;en est pas encore là. Mais il commence à voir ce que Salem avait mis des années à admettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les masques tombent. Et derrière chaque masque, il y a simplement un visage familier. Un visage du Sénégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Salem, la chasse aux sorcières a laissé derrière elle bien plus que des procès et des exécutions. Elle a fini par devenir, dans l&#8217;histoire américaine, le symbole d&#8217;une société qui avait été consumée par sa propre peur. Avec le temps, les accusations sans preuves, les dénonciations collectives et l&#8217;extrémisme moral finirent par être regardés comme les signes d&#8217;un échec collectif plutôt que comme une victoire morale. Salem devint alors un avertissement : celui des sociétés qui, en voulant purifier leur communauté d&#8217;un mal supposé extérieur, finissent surtout par révéler leurs propres fractures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne peux alors m&#8217;empêcher de me demander ce que cette séquence laissera derrière elle au Sénégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Davantage de haine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Davantage de silence.Ou peut-être une forme de lucidité collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car après avoir vu tomber autant de masques, il devient de plus en plus difficile de continuer à croire que cette question concerne uniquement les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À force de vouloir traquer un <em>« mal venu d&#8217;ailleurs »</em>, le Sénégal semble avoir découvert quelque chose de bien plus dérangeant :il se regardait lui-même depuis le début</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/les-sorcieres-du-senegal/">Les sorciers du Sénégal</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Panique morale : quand le pays chasse ses fantômes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 11:22:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La morale devient le théâtre. La crise reste hors champ.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Il était une fois un pays où, en l’espace de quelques semaines, tout semblait s’embraser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dis « il était une fois » comme on commence un conte. Mais ce qui suit n’a rien d’un conte. C’est un moment où, fragilisée, une société cherche moins à comprendre qu’à désigner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des arrestations faisaient la une. Des noms circulaient. Des visages étaient montrés du doigt. Sur les plateaux télé, on parlait de morale avec gravité. Sur les réseaux sociaux, les jugements tombaient plus vite que les faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au même moment, des étudiants manifestaient pour des bourses impayées et des conditions d’étude dignes. À la suite de ces affrontements, l’un d’eux a perdu la vie. Une famille est restée dans l’attente et le deuil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus loin, des jeunes embarquaient de nuit sur des pirogues fragiles, rêvant d’Europe et d’un avenir meilleur. Certains n’arrivaient jamais. La mer avalait leurs noms pendant que les familles retenaient leur souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les quartiers, l’insécurité préoccupait. Les vols, les agressions, la peur quotidienne occupaient les conversations ordinaires. Mais ces inquiétudes concrètes semblaient secondaires face au tumulte moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, des personnes présumées homosexuelles étaient arrêtées. Leurs visages circulaient. Leurs noms étaient divulgués. Parfois même, leur statut sérologique était exposé publiquement, comme si la maladie devenait une preuve de culpabilité. L’intime devenait spectacle. La santé devenait stigmate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des femmes continuaient de subir des violences derrière des portes closes. Des enfants étaient victimes d’abus évoqués à voix basse. Des supporters partis encourager leur équipe nationale se retrouvaient emprisonnés à l’étranger, pendant que le trophée poursuivait sa tournée triomphale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces douleurs semblaient se perdre dans le bruit général.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors l’histoire prenait une tournure simple. Trop simple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On expliquait que le mal avait un visage. Qu’il suffisait de le désigner. Qu’il suffisait de traquer les « déviants ». On mélangeait les registres : orientation sexuelle, criminalité, maladie, menace pour la nation. Tout devenait un seul récit. Un récit rassurant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que l’attention collective se fixait sur ces figures désignées, elle se détournait des crises profondes que traversait le pays. La lumière des projecteurs ne se braquait plus sur les causes structurelles, mais sur des actualités plus spectaculaires, plus faciles à commenter que les réformes difficiles à engager.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne débattait plus. On accusait. On exposait. On condamnait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias amplifiaient. Les réseaux sociaux reprenaient les mêmes informations sans vérification ni rigueur, recyclant rumeurs et approximations à longueur de journée. Ce que les sociologues Goode et Ben-Yehuda décrivent comme une « volatilité » propre aux paniques morales : une montée rapide de l’indignation, alimentée par la répétition, la simplification et la dramatisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie de l’indignation produisait du contenu continu : il fallait un sujet, une cible, un coupable. Les logiques d’audience remplaçaient les logiques d’enquête. La vie privée des personnes inculpées devenait matière première. Scruter l’intime pour oublier le structurel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les responsables politiques durcissaient le ton après plusieurs années au pouvoir sans que les promesses annoncées ne se traduisent véritablement en changements concrets. Leurs propres rangs se fissuraient sous le poids de querelles de positionnement. La population souveraine continuait d’attendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces difficultés économiques, sociales, sécuritaires et institutionnelles, le débat public semblait se resserrer presque exclusivement autour de la morale et des valeurs. Celles et ceux qui s’autoproclament gardiens des valeurs n’hésitaient pas à colporter de fausses accusations. Des récits étaient fabriqués, des rumeurs habillées de quelques versets soigneusement choisis, d’une posture pieuse, d’une apparence d’autorité suffisante pour convaincre une opinion publique à laquelle la manipulation était destinée.Comme si la crise la plus urgente n’était plus celle des conditions de vie, mais celle des mœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’est ici que le récit cesse d’être une simple description.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous observons correspond à un concept bien identifié en sociologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1972, le sociologue <strong>Stanley Cohen</strong> lui a donné un nom :<strong> la </strong><strong><em>panique morale</em></strong><strong>. </strong>Autrement dit, c’est le moment où une société traverse de vraies difficultés mais choisit de concentrer sa colère sur un groupe présenté comme responsable de tous les maux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle repose généralement sur cinq étapes :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Un fait réel, souvent grave.</li>



<li>Une médiatisation intense.</li>



<li>Une généralisation qui transforme un cas particulier en phénomène global.</li>



<li>La désignation d’un ennemi collectif, ce que Cohen appelle les <strong><em>« folk devils »</em></strong>, les « diables sociaux ».</li>



<li>Une réponse spectaculaire destinée à rassurer l’<strong>opinion.</strong></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">À ce moment-là, l’émotion prend le dessus. On ne cherche plus à comprendre les causes profondes. On cherche un coupable visible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la panique morale n’est pas seulement émotionnelle. Elle a aussi une fonction politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Michel Foucault </strong>nous aide à comprendre cela. Le pouvoir moderne ne fonctionne pas uniquement par la répression. Il fonctionne aussi en définissant ce qui est « normal » et ce qui ne l’est pas. C’est la production des normes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on expose publiquement l’orientation sexuelle d’une personne, son statut sérologique, sa manière de s’habiller, ses convictions religieuses, son appartenance ethnique ou ses opinions politiques, on ne fait pas que commenter une information. On trace une frontière symbolique. On dit : voici ceux qui sont dans la norme et ceux qui en sont exclus. Foucault parle de «<strong> biopolitique »</strong> pour décrire cette gestion des corps, de la santé et de la sexualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La panique morale sert alors à réaffirmer ces frontières. Elle rassure une partie de la société en lui donnant le sentiment que l’ordre moral est défendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cheikh Ibrahima Niang, anthropologue spécialiste des questions de VIH/sida et des dynamiques sociales liées aux sexualités, montre que les débats sur l’homosexualité dépassent largement la sphère privée. Ils deviennent des enjeux identitaires, des symboles de souveraineté culturelle, parfois des réponses émotionnelles à des crises plus larges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sexualité devient un champ de bataille symbolique. On parle de morale, mais on règle en réalité des questions de pouvoir, d’identité et d’autorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La panique morale articule ainsi trois dimensions :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Médiatique : on amplifie.</li>



<li>Politique : on durcit le ton.</li>



<li>Morale : on définit le bien et le mal.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que l’on se concentre sur des minorités plus vulnérables, les problèmes structurels restent entiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stigmatisation publique, la divulgation d’informations intimes, l’exposition des statuts sérologiques participent d’un mécanisme de contrôle social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corps devient terrain politique. La morale devient instrument de gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui gagne à cette panique ? Qui profite de la diversion ? Qui voit ses responsabilités diluées pendant que l’indignation change de cible ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les crises structurelles , pauvreté, chômage des jeunes, départs clandestins mortels, violences sexistes et sexuelles, insécurité, accès inégal aux soins , restent entières. Elles exigent des politiques publiques courageuses, des budgets, des réformes, un travail de fond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La panique morale est confortable. Elle transforme l’angoisse en colère dirigée. Elle soude momentanément autour d’une indignation spectaculaire. Elle donne l’impression d’agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elle fragilise la démocratie. Elle affaiblit les droits. Elle banalise la stigmatisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La morale devient le théâtre. La crise reste hors champ.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, en lisant ce récit, vous y reconnaissez certaines ressemblances avec des événements récents, ce n’est peut-être qu’une étrange coïncidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou peut-être est-ce simplement le signe que la théorie de la panique morale continue de s’inviter là où les sociétés peinent à affronter leurs propres failles.</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/panique-morale-quand-le-pays-chasse-ses-fantomes/">Panique morale : quand le pays chasse ses fantômes</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une voix s’éteint dans les médias sénégalais : Georges Déthié Diop est décédé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 14:11:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Groupe Futurs M&#233;dias et l&#8217;ensemble de la corporation journalistique sont frapp&#233;s par une immense tristesse. Ce matin, Georges D&#233;thi&#233; Diop, journaliste et secr&#233;taire de r&#233;daction &#224; la RFM, s&#8217;est &#233;teint &#224; la suite d&#8217;un malaise. &#192; travers cette &#233;dition sp&#233;ciale, nous revenons sur le parcours, l&#8217;engagement et l&#8217;h&#233;ritage professionnel d&#8217;un homme de m&#233;dias respect&#233;, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Groupe Futurs Médias et l’ensemble de la corporation journalistique sont frappés par une immense tristesse. Ce matin, Georges Déthié Diop, journaliste et secrétaire de rédaction à la RFM, s’est éteint à la suite d’un malaise.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À travers cette édition spéciale, nous revenons sur le parcours, l’engagement et l’héritage professionnel d’un homme de médias respecté, dont la voix et la rigueur auront durablement marqué le paysage audiovisuel sénégalais.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Journaliste passionné et infatigable, Georges Déthié Diop a consacré sa carrière à informer, analyser et éclairer le public avec professionnalisme et éthique. Reconnu pour sa rigueur et son sens de la responsabilité, il incarnait l’excellence dans le journalisme sénégalais. Ses interventions, tant à l’antenne que dans les coulisses de la rédaction, ont contribué à former et inspirer de nombreux jeunes journalistes, laissant derrière lui un héritage humain et professionnel considérable.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sa disparition crée un vide immense dans le paysage médiatique national. Les témoignages de collègues, de lecteurs et d’auditeurs témoignent de l’impact profond qu’il a eu sur tous ceux qui ont croisé sa route.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En ces heures douloureuses, le Groupe Futurs Médias adresse ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches ainsi qu’à tous ses collègues du monde des médias. Que son âme repose en paix, et que son exemple continue de guider et d’inspirer les futures générations de journalistes sénégalais.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Igfm</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/une-voix-seteint-dans-les-medias-senegalais-georges-dethie-diop-est-decede/">Une voix s’éteint dans les médias sénégalais : Georges Déthié Diop est décédé</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ lors des violences à l’UCAD</title>
		<link>https://warkhatv.com/deces-tragique-de-letudiant-abdoulaye-ba-lors-des-violences-a-lucad/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=deces-tragique-de-letudiant-abdoulaye-ba-lors-des-violences-a-lucad</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 10:36:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La communaut&#233; universitaire s&#233;n&#233;galaise est plong&#233;e dans une profonde tristesse apr&#232;s le d&#233;c&#232;s tragique de Abdoulaye B&#226;, &#233;tudiant &#224; l&#8217;Universit&#233; Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), survenu le lundi 9 f&#233;vrier 2026, lors de violents affrontements entre &#233;tudiants et forces de l&#8217;ordre. Selon le journal Lib&#233;ration, Abdoulaye B&#226;, &#233;tudiant en deuxi&#232;me ann&#233;e de m&#233;decine, d&#8217;odontologie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La communauté universitaire sénégalaise est plongée dans une profonde tristesse après le décès tragique de Abdoulaye Bâ, étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), survenu le lundi 9 février 2026, lors de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Selon le journal <em>Libération</em>, Abdoulaye Bâ, étudiant en deuxième année de médecine, d’odontologie et de pharmacie, a perdu la vie après avoir été violemment battu dans sa chambre universitaire, en marge des violences qui secouaient le campus ce jour-là.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Âgé d’une vingtaine d’années, il était inscrit à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie. Orphelin de père, Abdoulaye Bâ représentait l’unique espoir de sa famille. À un camarade, il aurait confié ces mots lourds de sens :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Copain, ma mère n’a d’autre espoir que moi ».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Selon Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la faculté, l’étudiant a été admis dans l’après-midi au service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) dans un état critique, éprouvant de graves difficultés respiratoires. Face à la gravité de son état, un transfert vers l’Hôpital Principal de Dakar était envisagé. Malheureusement, Abdoulaye Bâ est décédé avant que ce transfert ne puisse être effectué.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après son décès, la gestion de sa dépouille a suscité une vive confusion et de l’inquiétude au sein de la communauté universitaire et de sa famille. Le corps a finalement été conduit à l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mort d’Abdoulaye Bâ constitue une perte immense pour sa famille, ses camarades et l’ensemble du monde universitaire. Elle rappelle tragiquement les conséquences humaines des violences sur les campus et pose avec acuité la question de la sécurité des étudiants et de la gestion des crises universitaires au Sénégal.</strong></p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/deces-tragique-de-letudiant-abdoulaye-ba-lors-des-violences-a-lucad/">Décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ lors des violences à l’UCAD</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Atelier de formation sur un nouveau narratif contre les violences sexistes.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 14:48:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce lundi 9 f&#233;vrier 2026, le R&#233;seau des F&#233;ministes du S&#233;n&#233;gal, avec le soutien de l&#8217;Initiative, a organis&#233; &#224; la mairie de Pikine Nord un atelier sur le changement de narratif autour des violences sexuelles et sexistes. Destin&#233; aux acteurs et actrices communautaires, l&#8217;atelier a vis&#233; &#224; sensibiliser sur les impacts de ces violences, d&#233;construire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Atelier de formation sur un nouveau narratif contre les violences sexistes" width="1104" height="621"  src="about:blank" data-opt-src="https://www.youtube.com/embed/rmYXFdAgtp0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce lundi 9 février 2026, le Réseau des Féministes du Sénégal, avec le soutien de l’Initiative, a organisé à la mairie de Pikine Nord un atelier sur le changement de narratif autour des violences sexuelles et sexistes. Destiné aux acteurs et actrices communautaires, l’atelier a visé à sensibiliser sur les impacts de ces violences, déconstruire les stéréotypes et renforcer les pratiques de prévention et d’accompagnement des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En favorisant le dialogue et l’échange d’expériences, cet atelier marque une étape importante dans la mobilisation des communautés pour une approche plus respectueuse et inclusive face aux violences sexuelles et sexistes, en invitant chacun à devenir acteur du changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/atelier-de-formation-sur-un-nouveau-narratif-contre-les-violences-sexistes/">Atelier de formation sur un nouveau narratif contre les violences sexistes.</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ramatoulaye Diallo brille à la finale nationale de la dictée Paul Gérin-Lajoie</title>
		<link>https://warkhatv.com/ramatoulaye-diallo-brille-a-la-finale-nationale-de-la-dictee-paul-gerin-lajoie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=ramatoulaye-diallo-brille-a-la-finale-nationale-de-la-dictee-paul-gerin-lajoie</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 11:00:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Acad&#233;mie de Ziguinchor s&#8217;est une nouvelle fois illustr&#233;e avec &#233;clat lors de l&#8217;&#233;dition 2026 du concours national de Dict&#233;e Paul G&#233;rin-Lajoie (PGL). Les &#233;l&#232;ves repr&#233;sentant l&#8217;Inspection de l&#8217;&#201;ducation et de la Formation (IEF) de Ziguinchor ont r&#233;alis&#233; une performance remarquable en se hissant sur le podium national. En classe de CM2, Ramatoulaye Diallo, &#233;l&#232;ve de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Académie de Ziguinchor s’est une nouvelle fois illustrée avec éclat lors de l’édition 2026 du concours national de Dictée Paul Gérin-Lajoie (PGL). Les élèves représentant l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Ziguinchor ont réalisé une performance remarquable en se hissant sur le podium national.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En classe de CM2, Ramatoulaye Diallo, élève de l’Espace Excellence ISM, a remporté la 1ère place, décrochant ainsi le titre de championne du Sénégal. Elle est suivie par Mouhammad Elie Moufaoud, de l’école élémentaire Lieutenant Badara Diallo, qui a brillamment obtenu la 3e place au niveau national.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces deux jeunes talents se sont distingués tout au long du processus compétitif, depuis les phases locales jusqu’à la finale nationale, témoignant d’un excellent encadrement pédagogique et d’un travail personnel exemplaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Grâce à sa victoire, Ramatoulaye Diallo aura l’honneur de représenter le Sénégal au championnat mondial de Dictée, montréal Canada portant haut les couleurs de Ziguinchor et du système éducatif sénégalais.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’IEF de Ziguinchor se réjouit de cette performance exceptionnelle qui fait la fierté de toute la région et contribue au rayonnement du pays. Félicitations aux lauréats pour cet exploit remarquable</strong></p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/ramatoulaye-diallo-brille-a-la-finale-nationale-de-la-dictee-paul-gerin-lajoie/">Ramatoulaye Diallo brille à la finale nationale de la dictée Paul Gérin-Lajoie</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Yeumbeul : l’évasion de deux femmes révèle un réseau de traite fondé sur la contrainte mystique.</title>
		<link>https://warkhatv.com/yeumbeul-levasion-de-deux-femmes-revele-un-reseau-de-traite-fonde-sur-la-contrainte-mystique/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=yeumbeul-levasion-de-deux-femmes-revele-un-reseau-de-traite-fonde-sur-la-contrainte-mystique</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 13:42:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une vaste op&#233;ration de lutte contre la traite d&#8217;&#234;tres humains a r&#233;cemment permis aux forces de s&#233;curit&#233; de d&#233;manteler un r&#233;seau criminel op&#233;rant dans la p&#233;riph&#233;rie de Dakar, pr&#233;cis&#233;ment &#224; Yeumbeul. Sous couvert de promesses d&#8217;insertion professionnelle, plusieurs jeunes femmes &#233;trang&#232;res ont &#233;t&#233; pi&#233;g&#233;es dans un syst&#232;me d&#8217;exploitation implacable, reposant sur l&#8217;endettement forc&#233; et une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une vaste opération de lutte contre la traite d’êtres humains a récemment permis aux forces de sécurité de démanteler un réseau criminel opérant dans la périphérie de Dakar, précisément à Yeumbeul. Sous couvert de promesses d’insertion professionnelle, plusieurs jeunes femmes étrangères ont été piégées dans un système d’exploitation implacable, reposant sur l’endettement forcé et une emprise psychologique soigneusement entretenue.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’après des sources proches de l’enquête, le réseau recrutait principalement au Nigéria, où des jeunes femmes vulnérables se voyaient proposer des emplois fictifs dans la restauration au Sénégal. Mais une fois arrivées à Dakar, ces promesses se révélaient mensongères. Privées de liberté, les victimes étaient contraintes de se prostituer afin de rembourser une dette artificiellement gonflée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les enquêteurs ont mis en lumière un mécanisme de coercition à plusieurs niveaux. Chaque victime se voyait imposer une dette pouvant atteindre trois millions de francs CFA, largement supérieure aux frais de voyage réels. À cette pression financière s’ajoutait une domination psychologique fondée sur des pratiques mystiques traditionnelles, communément appelées « joujou », destinées à semer la peur et à empêcher toute tentative de fuite.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour renforcer leur emprise, les membres du réseau auraient également utilisé des images compromettantes des victimes comme moyen de chantage permanent. Face aux enquêteurs, la principale suspecte a reconnu partiellement les faits, affirmant toutefois n’avoir agi que pour récupérer des frais de déplacement qu’elle estime à environ 700 000 francs CFA.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le système s’est finalement effondré à la suite de l’évasion de deux jeunes femmes, qui ont réussi à alerter les autorités. Leurs déclarations ont confirmé que l’intégralité des revenus issus de leur exploitation était confisquée par la responsable présumée du réseau.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l’issue de la procédure, cette dernière a été placée sous mandat de dépôt, malgré sa contestation des accusations liées au proxénétisme. Une autre femme soupçonnée de complicité reste en cavale et fait l’objet de recherches actives. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles ramifications supplémentaires de ce réseau transnational.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Senego</em></strong></p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/yeumbeul-levasion-de-deux-femmes-revele-un-reseau-de-traite-fonde-sur-la-contrainte-mystique/">Yeumbeul : l’évasion de deux femmes révèle un réseau de traite fondé sur la contrainte mystique.</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Plan Jaxaay 21 : La Fondation Bébé Basse Solidarité renforce les infrastructures  scolaires .</title>
		<link>https://warkhatv.com/plan-jaxaay-21-la-fondation-bebe-basse-solidarite-renforce-les-infrastructures-scolaires/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=plan-jaxaay-21-la-fondation-bebe-basse-solidarite-renforce-les-infrastructures-scolaires</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 10:15:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Fondation B&#233;b&#233; Basse Solidarit&#233; a inaugur&#233;, ce jeudi 29 janvier 2026, de nouvelles salles de classe et des blocs de latrines &#224; l&#8217;&#201;cole &#233;l&#233;mentaire Plan Jaxaay 21, dans la commune de Diaxay (Keur Massar). Cette initiative vise &#224; am&#233;liorer durablement les conditions d&#8217;apprentissage des &#233;l&#232;ves et &#224; renforcer l&#8217;acc&#232;s &#224; une &#233;ducation de qualit&#233;. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Fondation Bébé Basse Solidarité a inauguré, ce jeudi 29 janvier 2026, de nouvelles salles de classe et des blocs de latrines à l’École élémentaire Plan Jaxaay 21, dans la commune de Diaxay (Keur Massar). Cette initiative vise à améliorer durablement les conditions d’apprentissage des élèves et à renforcer l’accès à une éducation de qualité.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La cérémonie a été présidée par Mme Diouf Bébé Basse, présidente fondatrice de la Fondation, en présence de représentants du ministère de l’Éducation nationale, dont Pape Malick Ndao, Secrétaire général. Très émue, Mme Diouf Bébé Basse a salué l’accompagnement du ministère et de la Direction des Constructions scolaires, ainsi que l’engagement des partenaires techniques et financiers ayant contribué à la réalisation du projet.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elle a également rendu un hommage appuyé à son époux, le regretté Pape Diouf, présenté comme un soutien majeur de ses actions sociales. Plusieurs partenaires, dont l’ONAS, SEN’EAU, la RTS, la SENELEC, la SOCOCIM et d’autres acteurs institutionnels et privés, ont été remerciés pour leur contribution.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au nom des élèves, Soukeyna Gueye, en classe de CM2, a exprimé sa reconnaissance, soulignant que ces infrastructures représentent des espaces d’espoir et d’avenir. À travers cette action, la Fondation Bébé Basse Solidarité réaffirme son engagement en faveur d’une éducation inclusive, durable et porteuse de développement local.</strong></p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/plan-jaxaay-21-la-fondation-bebe-basse-solidarite-renforce-les-infrastructures-scolaires/">Plan Jaxaay 21 : La Fondation Bébé Basse Solidarité renforce les infrastructures  scolaires .</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Décès de Seni Awa Camara:  Une grande voix de la sculpture africaine contemporaine.</title>
		<link>https://warkhatv.com/deces-de-seni-awa-camara-une-grande-voix-de-la-sculpture-africaine-contemporaine/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=deces-de-seni-awa-camara-une-grande-voix-de-la-sculpture-africaine-contemporaine</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[khady Ba]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 17:19:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le monde de l&#8217;art africain a perdu l&#8217;une de ses voix les plus singuli&#232;res. La sculptrice et c&#233;ramiste s&#233;n&#233;galaise Seni Awa Camara est d&#233;c&#233;d&#233;e dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026, &#224; l&#8217;&#226;ge de 81 ans. Artiste embl&#233;matique, elle laisse derri&#232;re elle une &#339;uvre puissante qui a marqu&#233; durablement l&#8217;histoire de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Le monde de l’art africain a perdu l’une de ses voix les plus singulières. La sculptrice et céramiste sénégalaise <strong>Seni Awa Camara</strong> est décédée dans la nuit du <strong>samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026</strong>, à l’âge de <strong>81 ans</strong>. Artiste emblématique, elle laisse derrière elle une œuvre puissante qui a marqué durablement l’histoire de la création contemporaine au Sénégal et à l’international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Née vers <strong>1945 à Bignona</strong>, en <strong>Casamance</strong>, Seni Awa Camara est issue d’une famille de potiers. Héritière d’un savoir-faire ancestral, elle a très tôt su s’en affranchir pour développer un <strong>langage artistique personnel</strong>, audacieux et profondément symbolique. Travaillant principalement la <strong>terre cuite</strong>, elle a donné vie à des sculptures monumentales et expressives, aux formes totémiques et énigmatiques, situées à la croisée du sacré et du profane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son œuvre explore avec intensité des thèmes universels tels que la <strong>maternité</strong>, la <strong>fécondité</strong>, la <strong>transmission</strong>, le <strong>mariage</strong> et la <strong>spiritualité</strong>. Enracinée dans les réalités culturelles et spirituelles de la Casamance, sa création dialogue entre traditions animistes et foi musulmane, tout en interrogeant la condition humaine dans ce qu’elle a de plus essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance internationale de Seni Awa Camara s’affirme à la fin des années 1980, notamment avec sa participation à l’exposition <strong>Les Magiciens de la Terre</strong> en 1989 au <strong>Centre Pompidou</strong> à Paris. Cet événement fondateur l’impose comme l’une des artistes africaines les plus influentes de sa génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, son travail est présenté dans de nombreuses manifestations majeures, dont <strong>Africa Hoy</strong>, <strong>Africa Now</strong> en 1992, la <strong>49e Biennale de Venise</strong> en 2001, ainsi que dans plusieurs musées et collections prestigieuses à travers l’Europe et le monde. Ses œuvres y suscitent admiration et fascination par leur force expressive et leur profondeur symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’univers artistique de Seni Awa Camara a également inspiré le cinéma. En 1999, le réalisateur <strong>Philip Haas</strong> lui consacre le documentaire <em>Magicians of the Earth: Seni’s Children</em>, tourné en Casamance. En 2015, l’artiste et cinéaste <strong>Fatou Kandé Senghor</strong> réalise <em>Giving Birth (Donner naissance)</em>, un portrait sensible présenté à la <strong>Biennale de Venise</strong>, dans le cadre de <em>All the World’s Futures</em>, sous le commissariat d’<strong>Okwui Enwezor</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Artiste libre, profondément enracinée dans son territoire et fidèle à sa vision, <strong>Seni Awa Camara</strong> laisse une œuvre majeure, témoignant d’un dialogue fécond entre héritages culturels africains et création contemporaine. Sa disparition constitue une perte considérable pour le patrimoine artistique sénégalais et africain, mais son œuvre continuera de traverser le temps et d’inspirer les générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/deces-de-seni-awa-camara-une-grande-voix-de-la-sculpture-africaine-contemporaine/">Décès de Seni Awa Camara:  Une grande voix de la sculpture africaine contemporaine.</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Quand nos pays nous briment, comment nos féminismes s’embrassent encore ?</title>
		<link>https://warkhatv.com/quand-nos-pays-nous-briment-comment-nos-feminismes-sembrassent-encore/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=quand-nos-pays-nous-briment-comment-nos-feminismes-sembrassent-encore</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 10:46:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Transformer la solidarit&#233; en infrastructure mat&#233;rielle, politique et sensible n&#8217;est pas un luxe militant. C&#8217;est la condition minimale pour que la libert&#233; reste praticable. Du 26 au 29 novembre 2025, le troisi&#232;me Festival Feminist Republik, organis&#233; par Urgent Action Fund&#8211;Africa et plac&#233; sous le th&#232;me &#171;&#8239;Se r&#233;g&#233;n&#233;rer dans la temp&#234;te : ancrer la gu&#233;rison et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Transformer la solidarité en infrastructure matérielle, politique et sensible n’est pas un luxe militant. C’est la condition minimale pour que la liberté reste praticable. </em></strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Du 26 au 29 novembre 2025, le troisième Festival Feminist Republik, organisé par Urgent Action Fund–Africa et placé sous le thème « Se régénérer dans la tempête : ancrer la guérison et le soin collectif dans les contextes de conflit », a rassemblé plus de six cents leaders féministes, activistes et guérisseuses de treize pays africains marqués par l’instabilité politique :Burkina Faso, République centrafricaine, Cameroun, République démocratique du Congo, Kenya, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, Éthiopie, Somalie, Soudan du Sud et Soudan. Le festival a aussi réuni des bailleurs de fonds. Cette édition n’a pas seulement été pensée comme un rassemblement. Elle a été conçue comme une infrastructure de sororité et de solidarité. Le festival n’a pas célébré la résilience comme un slogan mais concrètement interrogé ce qui la rend possible : l’accès aux ressources financières, la sécurité des militantes, la traduction entre langues et contextes, l’accessibilité, le soin. Il a surtout mis en lumière un paradoxe désormais familier : on applaudit l’endurance des mouvements féministes, mais on finance insuffisamment les infrastructures qui leur permettent de durer. Ceci n’est pas un accident. La répétition de ces obstacles dans des pays différents révèle une dynamique plus profonde : une économie politique du backlash. </p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">A chaque avancée féministe répond une contre-offensive – juridique, morale, médiatique, parfois armée – tandis que les mécanismes de protection restent fragiles. Les pays représentés partagent, à des degrés divers, la militarisation de la vie civile, l’effondrement institutionnel et la précarité économique. Au Sahel, plus de 3,3 millions de personnes déplacées vivent dans des zones où la violence structure la vie quotidienne. Dans ces contextes, les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre : au Mali, plus de 50% des femmes déplacées déclarent avoir subi des violences basées sur le genre ; en RDC, on estime à quarante-huit femmes violées par heure dans les zones de conflit. A cela s’ajoute la montée des discours conservateurs qui présentent le féminisme comme « anti-africain », soutenus par des leaders politiques et religieux. Les droits sexuels et reproductifs sont attaqués, les minorités sexuelles criminalisées, les travailleuses de sexe stigmatisées. Les militantes subissent harcèlement numérique, arrestations arbitraires et menaces de mort. Et pourtant, moins de 1 % des  financements mondiaux est destiné aux organisations féministes africaines.  Ces chiffres ne sont pas de simples alertes statistiques. Ils posent une exigence éthique : face à une violence systémique, les réponses doivent être structurelles.  Dès l’ouverture du festival, ce principe s’est incarné. La maîtresse de cérémonie, Janet Mbugua, a posé un cadre simple : être présentes, respirer, se reposer, considérer la présence collective non comme un luxe, mais comme une responsabilité politique. Un geste a particulièrement marqué les esprits : l’invitation d’une guide religieuse musulmane, voilée, à ouvrir la rencontre par une lecture du Coran. Dans une salle rassemblant chrétiennes, musulmanes, croyantes des religions africaines et athées, ce rituel n’a pas fonctionné comme un symbole identitaire mais comme un acte  d’hospitalité radicale. Il a rendu tangible ce que signifie le pluralisme lorsqu’il cesse  d’être décoratif. « Oh, que la sororité féministe était la solution à tous les maux de ce monde. », a soufflé Oumou Touré, militante malienne. Coumba Touré, du Sénégal, a insisté en plénière : « We are here, we’re home. » Cette affirmation, suivie d’une filiation énoncée – « I am the daughter of, who is the daughter of… » &#8211; n’enferme pas les femmes dans la maternité. Elle inscrit les luttes dans des lignées politiques et affectives, redonnant une place à celles que l’histoire officielle a effacées. Ici, la « maison » n’est pas ici domestique ; elle est institutionnelle. Elle désigne un espace où la parole devient praticable, où le repos devient légitime. À Mombasa, une autre infrastructure s’est imposée : la danse. Souvent réduite à un folklore apolitique, elle a été mobilisée comme technologie de soin collectif. Dans de nombreuses communautés rurales, la danse est une manière de survivre lorsque le quotidien devient invivable. Elle ne détourne pas de la politique ; elle la rend supportable. </p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Un refrain du Mali, une note venue du Sénégal, les pulsations congolaises du groupe Bilenge Musical, l’énergie de Baba Maal ou d’Aïta Senghor ont tissé d’un espace commun entre des femmes qui ne partagent ni langue ni trajectoire. La danse a servi un  objectif précis : produire une réinitialisation sensorielle après de longues journées  de travail politique, de négociations avec des bailleurs, de soins individuels et collectifs. Maman Awa Diop, du Senegal, l’a résumé avec justesse :  « À quoi ressemble une révolution sans danse ? »  On ne danse pas à côté de la lutte ; on danse dedans, pour que la lutte reste habitable. Pendant le festival, le African Women Developement Fund, AWDF, a organisé plusieurs  sessions thématiques, dont une consacrée à la contre-offensive. A la question « Qu’est- ce que le backslash, ou encore la contre-offensive dans vos contextes ? », les réponses, venues du Sahel, du Kivu, de l’Afrique australe ou de la Corne de l’Afrique, se sont répondu comme une chorégraphie tragiquement familière : coupes budgétaires, violences numériques, criminalisation des minorités sexuelles, stigmatisation des<br>travailleuses du sexe, lois dites « traditionnelles » restreignant les droits des femmes et des filles.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Mais le diagnostic n’a pas épargné les mouvements euxmêmes : homophobie persistante dans certains espaces, marginalisation des femmes rurales, des femmes en situation de handicap, des travailleuses du sexe et des minorités sexuelles, fatigue et  enfermement défensif. La force de cette discussion a été de tenir ensemble critique interne et lucidité politique, sans tomber dans l’autoflagellation. Une question a traversé les débats : comment protéger les féministes lorsque l’auteur de la violence est une institution étatique, et qu’une sœur travaille dans cette même institution ? Loin de moraliser ces trajectoires complexes, cette interrogation a ouvert un  chantier politique concret : inventer des mécanismes de protection qui ne brisent pas les liens, des protocoles de sécurité inclusifs, des systèmes d’alertes confidentiels, et une solidarité qui protège sans exclure. C’est ici que nos féminismes « s’embrassent » réellement : dans la capacité à maintenir des positions différentes sans rompre, à construire des infrastructures de soin, de traduction, de repos et de défense capables de soutenir l’action dans la durée. Si l’on revient à la question initiale – quand nos pays nous briment, comment nos féminismes s’embrassent encore ? – la réponse n’est pas héroïque. Elle est architecturale. Elle réside dans la construction patiente d’espaces où l’on peut encore parler, transmettre, réparer et décider. La tempête ne faiblit pas. Mais nos contextes ne nous<br>définissent pas entièrement. Nous pouvons refuser de laisser nos mouvements affronter seuls des vents qu’ils n’ont<br>pas les moyens de traverser. Transformer la solidarité en infrastructure matérielle, politique et sensible n’est pas un luxe militant. C’est la condition minimale pour que la liberté reste praticable. Y compris par le corps. Y compris par le rythme. Y compris par la danse.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Sadya Toure </strong></p>



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