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	<title>warkhatv - warkha Tv</title>
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	<description>Médias féministes n°1 au Sénégal</description>
	<lastBuildDate>Mon, 08 Jun 2026 13:05:58 +0000</lastBuildDate>
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	<title>warkhatv - warkha Tv</title>
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		<title>J’ai grandi sous Wade</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 13:05:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je me demande quelle part de ce vote appartenait réellement à mes idées et quelle part appartenait à mon époque. Quelle part venait de ce que j'avais observé et quelle part venait des récits qui avaient accompagné mon enfance. Des paroles de ma grand-mère. Des conversations du quartier. Des colères de ma génération. Des espoirs déçus de ceux qui avaient cru au Sopi.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Cent ans. Un siècle entier. Une durée qui dépasse&nbsp; l&#8217;âge du Sénégal indépendant et qui épouse, par moments, son histoire. Peu d&#8217;hommes politiques auront occupé aussi longtemps notre paysage politique. Opposant, prisonnier politique, candidat, premier président de l&#8217;alternance, puis figure historique de la vie publique sénégalaise, Abdoulaye Wade a traversé plusieurs générations. Et pour celles et ceux de mon âge, il n&#8217;est pas seulement un ancien président. Il est un morceau de notre enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis née alors qu&#8217;il était déjà une figure centrale du débat politique sénégalais. Quelques années auparavant, il avait été arrêté à la suite des élections contestées de 1988. Le Sénégal traversait alors des moments difficiles. La crise sénégalo-mauritanienne avait provoqué des expulsions massives, séparé des familles et fermé des frontières. L&#8217;état d&#8217;urgence avait été décrété à Dakar. Je ne savais évidemment rien de tout cela. J&#8217;avais zéro an. Mais c&#8217;est dans ce Sénégal-là que j&#8217;ai ouvert les yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes premiers souvenirs de politique ne sont pourtant pas ceux des meetings ou des campagnes électorales. Ce sont des souvenirs de maison. Des plats, des bols et des assiettes soigneusement rangés dans le salon de ma grand-mère, avec les portraits d&#8217;Abdou et d&#8217;Élisabeth Diouf imprimés dessus. À cette époque, la politique s&#8217;invitait jusque dans les objets du quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma grand-mère était Walo-Walo. Une vraie. De celles pour qui le Parti socialiste n&#8217;était pas seulement un parti politique mais une histoire familiale. Dans son esprit, comme dans celui de beaucoup de personnes de sa génération dans le Walo, Senghor puis Diouf faisaient partie du paysage naturel du pays. On pouvait critiquer certaines choses, mais on ne remettait pas facilement en question une fidélité construite sur plusieurs décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père, lui, vivait dans la région&nbsp; de Thiès. Et il croyait en Wade</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le recul, je souris souvent en pensant que leur désaccord racontait presque une géographie politique du Sénégal. D&#8217;un côté, le Walo et ses fidélités socialistes. De l&#8217;autre, Thiès, devenue au fil des années l&#8217;une des terres les plus symboliques du combat mené par Abdoulaye Wade pour l&#8217;alternance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, aucune région ne vote d&#8217;une seule voix et aucun destin politique n&#8217;est écrit d&#8217;avance par le lieu où l&#8217;on naît. Heureusement. Sinon le Sénégal n&#8217;aurait jamais connu d&#8217;alternance. Mais nos territoires, nos familles et nos générations nous transmettent malgré tout une manière de regarder le monde avant même que nous construisions nos propres opinions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de connaître les programmes politiques, j&#8217;ai d&#8217;abord connu leurs récits. Avant d&#8217;apprendre ce qu&#8217;était la gauche, la droite ou le libéralisme, j&#8217;ai appris qu&#8217;à la même table familiale, ma grand-mère pouvait défendre Diouf avec passion tandis que mon père voyait en Wade la promesse d&#8217;un Sénégal nouveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne le savais pas encore, mais ma conscience politique était déjà en train de se former.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, J&#8217;ai grandi à Pikine, dans un département qui allait devenir l&#8217;un des bastions électoraux du Parti démocratique sénégalais. Je me souviens du député-maire Cheikh Diop traversant lentement le quartier dans sa voiture. Dès que nous l&#8217;apercevions, nous courions derrière en criant : « Sopi ! Sopi ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions des enfants.Nous courions derrière l&#8217;espoir de quelques pièces de monnaie lancées par la fenêtre. Nous les ramassions sur le sol&nbsp; avec la fierté de ceux qui pensent avoir trouvé un trésor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Wade remporte l&#8217;élection présidentielle de 2000, j&#8217;ai onze ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme beaucoup d&#8217;enfants de mon âge, je ne mesure pas l&#8217;importance historique de cette alternance après quarante années de pouvoir socialiste. Ce dont je me souviens, en revanche, c&#8217;est de l&#8217;ambiance dans le quartier. Pour certains, c&#8217;était la fête, pour d&#8217;autres, c&#8217;était presque un deuil. Je me souviens de personnes qui pleuraient sincèrement. À l&#8217;époque, cela me paraissait incompréhensible. Comment pouvait-on pleurer après une élection ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&#8217;hui, je comprends mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&#8217;achevait ce soir-là n&#8217;était pas seulement un régime politique. C&#8217;était un monde. Une histoire. Une fidélité de plusieurs décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que Wade entrait au palais, j&#8217;entrais dans l&#8217;adolescence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant qu&#8217;il construisait son pouvoir, je construisais mon regard sur le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l&#8217;ai vu devenir le symbole de l&#8217;espoir pour toute une génération. Je l&#8217;ai vu incarner le changement. J&#8217;ai entendu son célèbre appel au travail : « <em>Il faut travailler, encore travailler, toujours travailler.</em> » Comme beaucoup d&#8217;enfants, j&#8217;avais retenu la formule bien avant d&#8217;en comprendre le sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à mesure que je grandissais, quelque chose se fissurait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, j&#8217;avais cru, comme beaucoup de Sénégalais, qu&#8217;il suffisait d&#8217;avoir un homme visionnaire à la tête de l&#8217;État pour transformer un pays. Wade avait des idées. Il avait de l&#8217;audace. Il voyait grand. Les infrastructures sortaient de terre, les projets se multipliaient et le discours demeurait celui du changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis la réalité s&#8217;est imposée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai découvert qu&#8217;un État ne se gouverne pas seul. Qu&#8217;entre la vision d&#8217;un dirigeant et la vie quotidienne des citoyens existent des ministres, des directeurs, des conseillers, des intérêts contradictoires, des calculs politiques, des ambitions personnelles et parfois des renoncements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai compris qu&#8217;il ne suffit pas de rêver un pays pour le transformer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car à mesure que les années passaient, je voyais autour de moi les délestages interminables, les inquiétudes des familles, les étudiants dans la rue, les frustrations qui s&#8217;accumulaient. Je voyais surtout naître un décalage entre les promesses qui avaient porté le Sopi et la réalité vécue par une partie de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le recul, je ne crois pas que ce décalage soit propre à Wade. Il accompagne souvent les longues expériences du pouvoir. Les mouvements qui arrivent portés par l&#8217;espérance finissent parfois par consacrer davantage d&#8217;énergie à préserver leur pouvoir qu&#8217;à poursuivre leur promesse initiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peut-être est-ce là l&#8217;une des grandes tragédies de la politique : le temps transforme souvent les mouvements de rupture en gardiens de l&#8217;ordre qu&#8217;ils étaient venus contester.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fois que j&#8217;ai voté à une élection présidentielle, j&#8217;ai voté contre Abdoulaye Wade. Longtemps, j&#8217;ai pensé que ce choix relevait uniquement de mes convictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&#8217;hui, je suis moins catégorique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me demande quelle part de ce vote appartenait réellement à mes idées et quelle part appartenait à mon époque. Quelle part venait de ce que j&#8217;avais observé et quelle part venait des récits qui avaient accompagné mon enfance. Des paroles de ma grand-mère. Des conversations du quartier. Des colères de ma génération. Des espoirs déçus de ceux qui avaient cru au Sopi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car nous ne construisons jamais nos opinions à partir de rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous héritons toujours d&#8217;une histoire avant de produire notre propre lecture du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années ont passé. J&#8217;ai quitté le regard de l&#8217;enfant, puis celui de l&#8217;étudiante en colère. Je suis devenue journaliste. Je suis devenue féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ces deux engagements m&#8217;ont appris quelque chose de fondamental : regarder l&#8217;histoire avec honnêteté exige parfois de dépasser ses propres certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette semaine, en lisant les hommages rendus à Wade par plusieurs initiatives à l&#8217;occasion de son centenaire, je me suis surprise à relire son héritage autrement. Et je dois reconnaître une chose. L&#8217;histoire des femmes sénégalaises ne peut être racontée sans Abdoulaye Wade. Je le dis avec d&#8217;autant plus de liberté que je n&#8217;ai jamais été wadiste. Mais les faits demeurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous sa présidence, le Sénégal a adopté la loi sur la parité, l&#8217;une des réformes démocratiques les plus importantes de notre histoire contemporaine.C&#8217;est également sous son magistère que le principe d&#8217;égal accès des femmes et des hommes aux mandats électifs a été inscrit dans la Constitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est sous sa présidence que le Sénégal a connu sa première femme Première ministre, Mame Madior Boye. Que des femmes ont accédé à des fonctions institutionnelles jusque-là largement réservées aux hommes. Que les forces de défense et de sécurité ont commencé à s&#8217;ouvrir davantage aux Sénégalaises. Que le Sénégal a consolidé son engagement en faveur des droits des femmes sur la scène internationale. Ces acquis n&#8217;effacent pas les critiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils n&#8217;effacent ni les désillusions ni les colères qui ont marqué la fin de son pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ils nous obligent à regarder l&#8217;histoire avec honnêteté. Car les grandes figures politiques ne se résument jamais à ce que leurs partisans disent d&#8217;elles. Ni à ce que leurs opposants leur reprochent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cent ans, Abdoulaye Wade est devenu plus qu&#8217;un ancien président. Il est devenu une partie de notre mémoire collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains, il restera l&#8217;homme de l&#8217;alternance. Pour d&#8217;autres, celui des promesses inachevées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, il restera surtout le président sous lequel j&#8217;ai grandi. Celui qui a accompagné mon passage de l&#8217;enfance à l&#8217;âge adulte. Celui que j&#8217;ai d&#8217;abord regardé avec les yeux d&#8217;une enfant, puis avec ceux d&#8217;une citoyenne, avant de le relire aujourd&#8217;hui avec ceux d&#8217;une féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peut-être que c&#8217;est cela, au fond, la marque des personnages qui traversent l&#8217;histoire : ils finissent par raconter autant un pays qu&#8217;eux-mêmes.</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/jai-grandi-sous-wade/">J’ai grandi sous Wade</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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		<title>SANSAS : Cinq ans d&#8217;impact pour la santé reproductive des adolescent·e·s au Sénégal</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 13:29:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mercredi 3 juin 2026, le Sea Plaza de Dakar a accueilli la crmonie de clture de la phase 1 et de lancement officiel de la phase 2 du projet SANSAS  Sant Sexuelle et Reproductive des Adolescentes au Sngal. Un moment charnire pour une initiative qui, depuis 2021, uvre  amliorer laccs des jeunes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Le mercredi 3 juin 2026, le Sea Plaza de Dakar a accueilli la cérémonie de clôture de la phase 1 et de lancement officiel de la phase 2 du projet SANSAS — Santé Sexuelle et Reproductive des Adolescent·e·s au Sénégal. Un moment charnière pour une initiative qui, depuis 2021, œuvre à améliorer l&#8217;accès des jeunes aux services de santé reproductive dans les régions de Mbour et Sédhiou.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un constat qui appelle à l&#8217;action</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sénégal, les obstacles auxquels font face les adolescent·e·s en matière de santé reproductive restent nombreux et profonds. Barrières financières, normes socioculturelles, tabous autour de la sexualité et de la contraception — autant de freins qui exposent les jeunes filles à des risques graves. Les grossesses précoces demeurent la première cause de décès chez les filles de 15 à 19 ans, et près de 70 % des jeunes femmes non mariées et sexuellement actives présentent un besoin en contraception non satisfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est face à cette réalité que le projet SANSAS a été lancé en février 2021, porté par un consortium conduit par Solthis, avec l&#8217;appui du ministère de la Santé et de l&#8217;Hygiène Publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cinq ans de résultats concrets</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En cinq ans d&#8217;intervention dans 30 points de prestation de services de santé, le bilan de SANSAS 1 est éloquent :</p>



<p class="wp-block-paragraph">119 103 consultations en santé reproductive réalisées , 63 453 jeunes scolarisé·e·s sensibilisé·e·s ,178 cas de violences basées sur le genre pris en charge ,509 prestataires et agents de santé communautaires formé·e·s , 60 jeunes leaders empouvoiré·e·s , 100% des structures de santé ayant amélioré leur score qualité</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, le projet a contribué à une avancée institutionnelle majeure : l&#8217;intégration des jeunes dans le comité de pilotage de la santé maternelle et infantile du ministère de la Santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>SANSAS 2 : plus loin, plus fort</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fort de ces résultats, le projet entre dans une seconde phase avec des ambitions élargies. SANSAS 2 couvrira désormais 7 districts sanitaires dans les régions de Thiès et Sédhiou, avec 155 points de prestation de services — contre 30 lors de la première phase — et vise plus de 73 000 adolescent·e·s et jeunes bénéficiaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les nouveautés, le déploiement de 22 sages-femmes itinérantes pour rapprocher les services des communautés les plus éloignées, un renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre et gynécologiques, ainsi qu&#8217;un volet inédit sur les liens entre justice reproductive et justice climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un consortium engagé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet est mis en œuvre par un consortium composé de Solthis (chef de file), RAES, Equipop, Enda Santé, LARTES-IFAN et JED, sous la tutelle du ministère de la Santé, avec le financement de l&#8217;Agence Française de Développement (AFD), de la Fondation Gates et du Fonds L&#8217;Oréal pour la Santé des Femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie du 3 juin, placée sous la présidence du ministre de la Santé, a réuni institutionnels, partenaires, professionnel·le·s de santé, jeunes leaders et organisations de la société civile autour d&#8217;un même engagement : faire de la santé reproductive des jeunes une priorité nationale irréversible. ✊🏾</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Warkha TV</em></p>



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		<title>Le philosophe sénégalais Hady Ba honoré du Prix Frantz Fanon à New York</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 20:15:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est une fiert&#233; pour le S&#233;n&#233;gal et pour le continent. Le philosophe s&#233;n&#233;galais Mouhamadou El Hady Ba, dit Hady Ba, re&#231;oit ce samedi &#224; New York le prestigieux Prix Frantz Fanon pour l&#8217;ensemble de ses r&#233;alisations. Une distinction d&#233;cern&#233;e par la Caribbean Philosophical Association &#224; des personnalit&#233;s dont les travaux font avancer la pens&#233;e critique, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est une fierté pour le Sénégal et pour le continent. Le philosophe sénégalais Mouhamadou El Hady Ba, dit Hady Ba, reçoit ce samedi à New York le prestigieux Prix Frantz Fanon pour l&#8217;ensemble de ses réalisations. Une distinction décernée par la Caribbean Philosophical Association à des personnalités dont les travaux font avancer la pensée critique, la justice sociale et la libération des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Docteur en sciences cognitives de l&#8217;Institut Jean-Nicod, Hady Ba est maître de conférences à l&#8217;Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où il dirige aujourd&#8217;hui les activités culturelles et scientifiques. Chercheur associé à l&#8217;Université du Connecticut, ancien chef du département de philosophie de la FASTEF, il a aussi été chercheur Fulbright et professeur invité dans des institutions aussi prestigieuses que l&#8217;École normale supérieure de Paris, l&#8217;EHESS et l&#8217;Université de Turin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses travaux embrassent des champs aussi vastes que la philosophie des sciences, la logique, la philosophie de l&#8217;esprit, les épistémologies du Sud global et la cognition animale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hady Ba ne limite pas son action au monde universitaire. Membre fondateur du think tank IPODE, dont il fut le premier directeur général, il a contribué à des travaux majeurs sur les enjeux sécuritaires, politiques et sociaux en Afrique de l&#8217;Ouest. Il est également l&#8217;auteur de l&#8217;ouvrage <em>Illusions frégéennes : Logique, Langage et Pensée</em>, paru en 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jury du Prix Frantz Fanon a salué la diversité et la profondeur de ses contributions, mais aussi son rôle de bâtisseur d&#8217;institutions et son engagement auprès des jeunes chercheurs et artistes issus de communautés marginalisées, au Sénégal comme à travers le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présidente de la Caribbean Philosophical Association, Jacqueline Martinez, a rendu hommage à un homme qui incarne, selon elle, une vision panafricaine indépendante, alliant rigueur scientifique, humanisme et engagement progressiste — pleinement dans l&#8217;esprit de Frantz Fanon, dont l&#8217;œuvre reste une référence incontournable dans les luttes pour la dignité et la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une reconnaissance internationale qui vient rappeler, une fois de plus, le rayonnement de l&#8217;intelligence africaine sur la scène mondiale. </p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/le-philosophe-senegalais-hady-ba-honore-du-prix-frantz-fanon-a-new-york/">Le philosophe sénégalais Hady Ba honoré du Prix Frantz Fanon à New York</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>À Saly, 32 organisations féministes posent les bases d’un plaidoyer régional</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 12:36:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 7 au 11 avril 2026, 32 organisations féministes venues de 12 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre se sont réunies à Saly, au Sénégal. Organisé par le Fonds Pananetugri, cet atelier régional de plaidoyer féministe a réuni pendant cinq jours des militantes déterminées à construire ensemble une stratégie commune pour faire avancer les droits des femmes et des filles.</p>
<p>The post <a href="https://warkhatv.com/a-saly-32-organisations-feministes-posent-les-bases-dun-plaidoyer-regional/">À Saly, 32 organisations féministes posent les bases d’un plaidoyer régional</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi un atelier régional de plaidoyer féministe ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique de l’Ouest et du Centre, les organisations féministes ne manquent pas d’engagement. Ce qui leur fait défaut, c’est la coordination. Partout dans la région, des militantes se battent pour les mêmes droits contre les violences basées sur le genre, pour la santé sexuelle et reproductive, pour la participation des femmes aux sphères décisionnelles. Mais elles le font trop souvent de manière isolée, sans stratégie régionale coordonnée et sans effet de levier collectif face à des systèmes de pouvoir profondément enracinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte aggrave ce déficit. La montée de l’autoritarisme et des mouvements anti droits, la réduction progressive des libertés civiques, les crises sécuritaires et les effets du changement climatique créent des pressions croisées qui fragilisent les mouvements féministes et aggravent les inégalités de genre. Les femmes et les filles en paient le prix de manière disproportionnée : violences accrues, déplacements forcés, précarité économique, restrictions d’accès aux soins. Des défis qui transcendent les frontières nationales et appellent une réponse coordonnée, structurée et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte que le Fonds Pananetugri a organisé cet atelier non pas comme une formation classique, mais comme un espace de réflexion stratégique, de solidarité régionale et de co-création de réponses communes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet Build Girls and Women Power, financé par l’Allemagne avec le soutien technique de la GIZ, et bénéficiant de l’appui de Global Fund for Women et de Mama Cash.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-4811" srcset="https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1024/h:683/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 1024w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:300/h:200/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 300w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:768/h:512/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 768w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1536/h:1025/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 1536w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:76/h:50/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 76w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:123/h:82/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 123w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:83/h:55/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 83w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:125/h:83/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 125w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1920/h:1280/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/MICHELINE-.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cinq jours pour analyser, construire et s’allier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier s’est ouvert sur une cartographie collective des réalités nationales. Chaque organisation a apporté son analyse du contexte de son pays, ses contraintes politiques, ses résistances sociales, ses opportunités d’influence. Ce croisement de perspectives a permis de faire émerger une lecture partagée des enjeux régionaux et de dégager des priorités communes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Douze pays, douze contextes différents, une même ambition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux se sont ensuite orientés vers la construction d’une stratégie. Identification d’une thématique régionale prioritaire, définition d’objectifs stratégiques, élaboration d’un plan de plaidoyer régional structuré et budgétisé. Chaque étape a été pensée pour relier analyse et pratique, réflexion et mise en œuvre. Loin d’une formation descendante, la méthodologie a fait le pari de la co-construction : chaque participante, productrice de savoirs et d’outils concrets pour un plaidoyer qui porte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des outils produits, c’est une dynamique de sororité et d’appartenance commune qui s’est affirmée au fil des jours. Des liens se sont tissés entre des militantes qui mènent souvent leurs combats importants séparément. Dans des contextes où l’espace civique se rétrécit et où les pressions sur les défenseures des droits s’intensifient, cette solidarité régionale n’est pas un acquis : c’est une ressource stratégique que cet atelier a contribué à construire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-4813" srcset="https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1024/h:683/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 1024w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:300/h:200/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 300w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:768/h:512/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 768w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1536/h:1025/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 1536w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:76/h:50/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 76w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:123/h:82/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 123w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:83/h:55/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 83w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:125/h:83/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 125w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1920/h:1280/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/668849744_1260682322851915_746217774594444884_n.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des résultats concrets, une dynamique durable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations repartent de Saly avec des avancées tangibles : des compétences renforcées en plaidoyer féministe, une analyse régionale des enjeux produite collectivement, une thématique prioritaire validée, un plan de plaidoyer régional structuré et budgétisé, et un plan d’action national pour chaque organisation adapté à son contexte, réaliste et opérationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le résultat le plus décisif est celui qui ne figure dans aucun tableau de bord : la mise en place d’un mécanisme de coordination régionale pour que les organisations continuent d’agir ensemble après Saly. Il ne s’agit plus seulement de renforcer des organisations individuelles, il s’agit de construire un mouvement capable de peser durablement sur les politiques publiques et de porter des revendications communes là où les voix isolées ne suffisent plus.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-4812" srcset="https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1024/h:683/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 1024w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:300/h:200/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 300w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:768/h:512/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 768w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1536/h:1025/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 1536w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:76/h:50/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 76w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:123/h:82/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 123w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:83/h:55/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 83w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:125/h:83/q:mauto/f:best/dpr:2/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 125w, https://ml7mhnzcuscw.i.optimole.com/w:1920/h:1280/q:mauto/f:best/https://warkhatv.com/wp-content/uploads/2026/05/fond.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers un plaidoyer féministe régional structuré</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où les espaces civiques se rétrécissent et où les crises s&#8217;accumulent, renforcer les capacités, construire des alliances et coordonner les actions ne sont pas des options : ce sont des impératifs politiques pour que les droits des femmes et des filles continuent d&#8217;avancer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car sans organisation collective et sans plaidoyer structuré, il ne peut y avoir de transformation profonde. Cet atelier de plaidoyer féministe en est la démonstration<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Saly, quelque chose de plus qu’un atelier s’est joué : une volonté politique collective s’est affirmée.</strong> Pendant cinq jours, des organisations féministes de toute la région ont posé les fondations d’un plaidoyer commun, ancré dans les réalités locales mais tourné vers une ambition régionale. Face aux reculs des droits, à la fermeture des espaces civiques et à la montée des discours anti droits, cette rencontre rappelle une chose essentielle : les mouvements féministes sont plus forts lorsqu’ils s’organisent, se relient et portent ensemble leurs revendications. Saly n’est donc pas une fin, mais un point de départ : celui d’une dynamique régionale durable, sorore et résolument transformatrice pour les droits des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest et du Centre.</p>



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		<title>Les sorciers du Sénégal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 09:36:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTIONS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aucune société ne se construit durablement en organisant la traque permanente de ses propres contradictions. Elle ne devient ni plus stable, ni plus prospère, ni plus juste en transformant les silences de la vie sociale en obsession nationale.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Entre 1692 et 1693, dans plusieurs villages proches de Salem, une jeune colonie américaine profondément religieuse bascula dans ce que l&#8217;histoire retiendra comme l&#8217;une des plus grandes chasses aux sorcières d&#8217;Amérique du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société traversée par les tensions politiques, les conflits armés, les peurs religieuses et les incertitudes d&#8217;une colonie fragile, une idée s&#8217;imposa : il y avait un mal qui vivait parmi eux. Étranger à leurs valeurs. Qu&#8217;il fallait nommer, exposer et traquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On accusa des femmes de sorcellerie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, les accusées étaient des marginales, des femmes seules, des étrangères, des figures que personne n&#8217;aurait vraiment à défendre. La communauté approuvait. Les autorités religieuses bénissaient. La machine s&#8217;emballa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis quelque chose d&#8217;inattendu se produisit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accusées cessèrent d&#8217;être des inconnues. Les noms devinrent plus familiers. Les profils plus respectables. Et la communauté découvrit, trop tard, ce qu&#8217;elle avait refusé de voir depuis le début. Il n&#8217;y avait pas de sorcières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&#8217;y avait que des femmes&nbsp; et une communauté qui avait besoin d&#8217;un ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois cent trente ans plus tard, à des milliers de kilomètres de Salem, une séquence étrangement familière est en train de se dérouler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des mois, une affaire occupe les médias sénégalais presque quotidiennement : les arrestations d&#8217;homosexuels. Entre débats sur le durcissement de la loi et vagues d&#8217;interpellations médiatisées, le sujet est devenu une actualité permanente qui envahit les plateaux télé, les réseaux sociaux et les conversations publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;observe ces faits avec des lunettes féministes. Celles qui m&#8217;ont appris que la vie privée des gens n&#8217;est pas un projet collectif. Et que les sociétés qui passent leur temps à surveiller les corps finissent rarement par devenir plus justes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;histoire a souvent cette étrange manière de se répéter. Pas forcément dans les mêmes lieux, ni chez les mêmes peuples, mais à travers des mécanismes qui semblent traverser les sociétés humaines elles-mêmes. Comme si, partout où la peur collective cherche un ennemi à désigner, le système finissait toujours par produire les mêmes réflexes : fabriquer un mal extérieur, organiser sa traque, puis découvrir, trop tard, que ce mal appartenait déjà au corps même de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car à Salem, les accusations avaient fini par circuler partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des femmes accusaient d&#8217;autres femmes. Des voisines dénonçaient leurs voisines. Des familles se retournaient contre leurs propres membres. Des figures respectées devenaient soudain suspectes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et plus la traque avançait, plus une évidence apparaissait : il n&#8217;existait pas d&#8217;ennemi extérieur. Il n&#8217;y avait pas de nouvelles personnes infiltrées dans la communauté. Seulement les mêmes habitants de Salem, soudain désignés autrement par la peur collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est précisément ce que cette séquence sénégalaise semble révéler aujourd&#8217;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vague d&#8217;arrestations semble même démonter une croyance collective largement brandie lors des débats sur le durcissement de la loi: <em>l&#8217;homosexualité serait un phénomène importé</em>. Une contamination étrangère à notre culture et à notre identité. C&#8217;est sur cet argument que reposait une grande partie de la construction morale et juridique ayant justifié la traque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ces arrestations, les caricatures que beaucoup se faisaient des homosexuels étaient très loin de ce que la réalité allait révéler. On les imaginait comme des figures marginales, étrangères à la société respectable, éloignées des espaces religieux, politiques ou professionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en organisant cette vague d&#8217;arrestations, en la médiatisant, en rendant publics les visages, ses instigateurs ont produit, sans le vouloir, la démonstration inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des jeunes. Des hommes mariés. Des figures religieuses. Des travailleurs. Des gens des médias. Des commerçants. Des artisans. Des leaders politiques. Des tailleurs. Des maçons. Des stylistes. Des hommes insérés dans tous les espaces de la société sénégalaise et dans toutes les classes sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les arrestations ont révélé, ce ne sont pas des visages venus d&#8217;ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des visages sénégalais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme à Salem, ceux qui ont organisé la traque voulaient prouver que le mal venait d&#8217;ailleurs. C&#8217;est exactement le contraire qu&#8217;ils ont prouvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité n&#8217;a pas traversé une frontière récemment. Elle était tapie dans les silences que toute société produit pour se maintenir. L&#8217;histoire des sociétés est aussi une histoire de ce que les individus cachent pour survivre socialement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat n&#8217;appartient à personne. Il est produit par les arrestations elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vint, au Sénégal comme à Salem, le moment décisif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui où la machine touche des noms trop connus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Salem, quand les accusations avaient commencé à atteindre des figures que la communauté ne pouvait pas se permettre de perdre, quelque chose s&#8217;était grippé. Soudain on avait parlé de preuves. Soudain on avait parlé de prudence. La présomption d&#8217;innocence était réapparue comme par miracle&nbsp; non pas parce que les consciences s&#8217;étaient éveillées, mais parce que la peur avait changé de camp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Sénégal, l&#8217;arrestation de Ndiaga Seck&nbsp; présenté par beaucoup comme un proche du Premier ministre&nbsp; a produit&nbsp; le même effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur plusieurs plateaux, je n&#8217;ai pas retrouvé la virulence habituelle. Il y avait de la retenue. Des précautions. Plusieurs chroniqueurs répétaient : « attendons de voir ce que l&#8217;enquête va révéler ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois cent trente ans séparent Salem du Sénégal .</p>



<p class="wp-block-paragraph">La phrase est la même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu&#8217;elle révèle la même vérité : la présomption d&#8217;innocence redevient soudain importante lorsque la personne arrêtée appartient à un espace de respectabilité. Là où des anonymes étaient publiquement condamnés avant toute enquête, certains bénéficient maintenant du doute, de la prudence et de la nuance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&#8217;est plus une question d&#8217;homosexualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est une question de fonctionnement de notre morale publique. Une morale qui change de visage selon les personnes concernées. Une morale capable d&#8217;être impitoyable avec les anonymes et prudente avec les puissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que les plateaux s&#8217;enflamment, les tensions institutionnelles deviennent impossibles à dissimuler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est une stratégie ancienne. Fabriquer une menace collective, désigner un groupe comme danger public, alimenter la peur jusqu&#8217;à transformer une question sociale en obsession nationale. Les paniques morales servent souvent à cela : fabriquer des figures repoussoirs capables d&#8217;absorber les colères collectives pendant que les véritables fractures s&#8217;élargissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais elles portent aussi en elles une forme d&#8217;inefficacité à long terme. Parce qu&#8217;à mesure que la traque s&#8217;étend, elle finit souvent par toucher des personnes qui n&#8217;étaient pas les cibles imaginées au départ : des proches et des figures respectées,. Et c&#8217;est généralement à ce moment-là que la vérité commence à fissurer la peur collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est essentiel ici de distinguer deux réalités que certains confondent délibérément.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&#8217;un côté, les crimes sexuels : le viol, la pédophilie, les agressions sexuelles, le détournement de mineurs. Ce sont des violences qui doivent être combattues avec fermeté, quelle que soit l&#8217;orientation sexuelle de leurs auteurs. De l&#8217;autre côté, une réalité sociologique que les arrestations ont rendue visible malgré elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mélanger sert surtout à nourrir la peur et à détourner le débat de la question réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune société ne se construit durablement en organisant la traque permanente de ses propres contradictions. Elle ne devient ni plus stable, ni plus prospère, ni plus juste en transformant les silences de la vie sociale en obsession nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&#8217;hui, plus personne au Sénégal ne peut jurer ne jamais avoir côtoyé un homosexuel.Ces arrestations ont fini par révéler que ceux qu’on croyait extérieurs à la société étaient en réalité les membres de nos cercles les plus proches. Et la&nbsp; peur collective devient toujours plus fragile lorsque l’ennemi cesse d’être abstrait et prend le visage du familier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Salem, quatorze ans après les exécutions, Ann Putnam, l&#8217;une des premières accusatrices, fit publiquement pénitence. Elle reconnut que la peur collective avait produit une erreur collective. Que la communauté avait traqué à l&#8217;extérieur ce qui lui appartenait depuis toujours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal n&#8217;en est pas encore là. Mais il commence à voir ce que Salem avait mis des années à admettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les masques tombent. Et derrière chaque masque, il y a simplement un visage familier. Un visage du Sénégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Salem, la chasse aux sorcières a laissé derrière elle bien plus que des procès et des exécutions. Elle a fini par devenir, dans l&#8217;histoire américaine, le symbole d&#8217;une société qui avait été consumée par sa propre peur. Avec le temps, les accusations sans preuves, les dénonciations collectives et l&#8217;extrémisme moral finirent par être regardés comme les signes d&#8217;un échec collectif plutôt que comme une victoire morale. Salem devint alors un avertissement : celui des sociétés qui, en voulant purifier leur communauté d&#8217;un mal supposé extérieur, finissent surtout par révéler leurs propres fractures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne peux alors m&#8217;empêcher de me demander ce que cette séquence laissera derrière elle au Sénégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Davantage de haine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Davantage de silence.Ou peut-être une forme de lucidité collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car après avoir vu tomber autant de masques, il devient de plus en plus difficile de continuer à croire que cette question concerne uniquement les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À force de vouloir traquer un <em>« mal venu d&#8217;ailleurs »</em>, le Sénégal semble avoir découvert quelque chose de bien plus dérangeant :il se regardait lui-même depuis le début</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/les-sorcieres-du-senegal/">Les sorciers du Sénégal</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Le silence ne nous protège pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 17:08:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le samedi pass&#233;, j&#8217;ai eu le privil&#232;ge et l&#8217;honneur de pr&#233;senter le premier livre de notre s&#339;ur f&#233;ministe guin&#233;enne, Aminata Pilimini Diallo : Lettre &#224; ma s&#339;ur. Un livre courageux. Un livre qui oblige &#224; regarder en face quelque chose que nous connaissons toutes, que nous avons toutes vu de pr&#232;s ou de loin, et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Le samedi passé, j&#8217;ai eu le privilège et l&#8217;honneur de présenter le premier livre de notre sœur féministe guinéenne, Aminata Pilimini Diallo : <em>Lettre à ma sœur</em>. Un livre courageux. Un livre qui oblige à regarder en face quelque chose que nous connaissons toutes, que nous avons toutes vu de près ou de loin, et que nous n’osons pas toujours nommer avec toute sa brutalité : la violence organisée contre les femmes qui parlent&nbsp; peu importe où elles parlent, dans les maisons, dans les institutions ou dans les espaces numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui caractérise Aminata Pilimini Diallo, c’est une constance qui force le respect. Une détermination à continuer malgré la violence. Je ne connais pas, dans ma génération, beaucoup de femmes ayant subi un tel niveau d’attaques publiques sur Facebook. À chaque prise de parole sur les droits des femmes, les attaques déferlent : insultes, montages diffamatoires, photos truquées, menaces de viol, menaces de mort. Et malgré tout, elle revient. Toujours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux préciser ici une chose importante : il ne s’agit pas de mesurer le courage des femmes. Nous réagissons toutes différemment à la violence. Se retirer pour protéger sa santé mentale est légitime. Fermer sa plateforme aussi. Il n’y a aucun jugement dans cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette constance reste remarquable. Et en préparant cette présentation, une question s’est imposée à moi : pourquoi une telle violence ? Pourquoi cette intensité, cette régularité, cette organisation ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est simple.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elle n’est pas attaquée parce que c’est elle. Elle est attaquée parce que c’est une Femme qui ose dire Non.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons tendance à parler du harcèlement en ligne comme d’un phénomène spontané : des trolls isolés, des comportements individuels, des personnes frustrées derrière leurs écrans. Cette lecture est fausse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que documente <em>Lettre à ma sœur</em>, c’est un système. Un mécanisme qui se réactive presque automatiquement chaque fois qu’une femme occupe l’espace public avec une parole qui dérange l’ordre patriarcal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle parle de l&#8217;excision dont elle a été victime&nbsp; les attaques surgissent. Elle dénonce un mariage forcé, les attaques surgissent. Elle soutient une victime de viol&nbsp; les attaques surgissent. Le déclencheur change. Le mécanisme, lui, reste identique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La logique du patriarcat est simple : l&#8217;espace public appartient aux hommes. La parole légitime est masculine. Toute femme qui prend cet espace, qui élève la voix, qui refuse le silence&nbsp; devient une menace à ramener à l’ordre. Et dans le monde numérique, les outils pour cela sont nombreux, accessibles, et largement impunis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet change. Le mécanisme reste le même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce mécanisme ne connaît pas de frontières. Qu’il vise une femme en Afrique de l’Ouest ou en Amérique du Nord, il obéit à la même logique : rappeler aux femmes que la parole publique a un prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&#8217;abord, la disqualification personnelle. On ne répond pas aux arguments&nbsp; on attaque la femme. On la traite de frustrée, de célibataire aigrie, de laide, d&#8217;hystérique. On veut convaincre tout le monde qu’une femme qui dérange ne mérite pas d’être écoutée. Féministe moche. Vieille célibataire. Femme qui hait les hommes. Ces étiquettes ne cherchent pas à débattre elles cherchent à discréditer avant même que la discussion commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite vient la fabrication de fausses preuves. Sa photo truquée et collée sur des corps dégradants. Des citations inventées. Des captures d&#8217;écran sorties de leur contexte et diffusées massivement. On construit une version alternative et infamante de la militante&nbsp; et on la fait circuler à une vitesse que le droit à la réponse ne pourra jamais rattraper.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis les menaces directes. Le viol promis. La mort annoncée. L&#8217;exposition menaçante de sa vie privée. Ces menaces ont un effet double et calculé : elles visent Aminata, oui&nbsp; mais elles visent aussi toutes les femmes qui la lisent, qui l&#8217;observent, qui hésitent encore à parler. Elles disent à chacune d&#8217;entre elles : regarde ce qui arrive à celle qui parle. Tu veux vraiment parler ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et enfin&nbsp; le plus insidieux, le plus douloureux&nbsp; la mobilisation des femmes contre les femmes. Parmi les plus virulents détracteurs, il y a aussi des femmes. Des femmes qui se réjouissent de la voir tomber. Des femmes qui partagent les contenus diffamatoires. Des femmes qui, conditionnées par des années de patriarcat intériorisé, ont appris que leur survie sociale dépend de leur conformité aux normes&nbsp; et qui voient dans la féministe non pas une libératrice, mais une menace à leur équilibre fragile. Ce phénomène ne mérite ni condescendance ni condamnation. Il mérite d&#8217;être compris pour ce qu&#8217;il est : le signe le plus éloquent de la profondeur avec laquelle le patriarcat a colonisé nos imaginaires, y compris les nôtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut changer le nom, le pays, le visage : le mécanisme reste le même.Et c’est précisément pour cela que ce livre nous concerne toutes.Chaque journaliste qui s’est autocensurée après des menaces.Chaque militante qui a fermé son compte pour retrouver un peu de paix.Chaque femme qui a préféré se taire après avoir vu ce qui arrivait aux autres. Toutes ont payé le même prix : l’impôt du silence imposé par la peur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui transforme ces violences en système, c’est l’impunité.Des lois existent. Mais entre l’existence d’une loi et son application, il y a souvent un gouffre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre le montre avec une ironie presque absurde : celle qui subit des années de harcèlement se retrouve convoquée, pendant que les auteurs de menaces et de campagnes diffamatoires continuent leur vie sans conséquence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le silence ne nous protège pas », écrivait Audre Lorde.Et l’ordre patriarcal le sait très bien.Mais le silence ne fait pas que ne pas nous protéger. Il nous prive toujours de quelque chose : d’un espace, d’une parole, d’une possibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abandonner un espace parce qu’on nous en a chassées, c’est accepter qu’une limite soit imposée à notre liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne devrions pas avoir à admirer la résistance d’une femme au harcèlement comme nous admirons un exploit. Nous devrions vivre dans un monde où cette résistance n’est pas nécessaire. Où une femme peut défendre les droits des femmes sans déclencher une mobilisation destinée à la faire taire</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce monde-là n’existe pas encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais chaque femme qui continue de parler agrandit un peu l’espace des autres.</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/le-silence-ne-nous-protege-pas/">Le silence ne nous protège pas</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>400 divorces à Dakar : l ’« étude » trompeuse devenue virale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 09:56:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>400 divorces par mois &#224; Dakar. 80 % demand&#233;s par des femmes. En quelques heures, ces chiffres ont fait le tour des r&#233;seaux, puis des m&#233;dias, puis des conversations. Ils ont &#233;t&#233; repris, comment&#233;s, interpr&#233;t&#233;s, comme une v&#233;rit&#233;. Mais le v&#233;ritable choc n&#8217;est pas dans les chiffres : il est dans la mani&#232;re dont nous [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">400 divorces par mois à Dakar. 80 % demandés par des femmes. En quelques heures, ces chiffres ont fait le tour des réseaux, puis des médias, puis des conversations. Ils ont été repris, commentés, interprétés, comme une vérité. Mais le véritable choc n&#8217;est pas dans les chiffres : il est dans la manière dont nous les recevons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout s&#8217;est passé très vite. Une infographie apparaît, circule, s&#8217;impose, et presque immédiatement les explications arrivent : crise du mariage, dérive sociale, femmes qui « demandent trop ». Certaines voix pointent le féminisme, présenté comme une influence qui pousserait les femmes à rompre plus facilement. Au milieu de ce flot d&#8217;interprétations, une question élémentaire reste pourtant absente : d&#8217;où viennent ces chiffres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;infographie mentionne l&#8217;IRD et l&#8217;Association des femmes juristes du Sénégal (AJS), deux institutions reconnues dont les noms suffisent à produire de la crédibilité. Et pourtant, aucun rapport n&#8217;est cité, aucune date n&#8217;est indiquée, aucune méthodologie n&#8217;est présentée, aucun lien ne permet de vérifier. J&#8217;ai donc vérifié : aucune étude récente de l&#8217;IRD ne correspond à ces données ; du côté de l&#8217;AJS, le dernier travail sur la question remonte à 2025 et ne correspond en rien aux chiffres diffusés, et l&#8217;association confirme qu&#8217;aucune étude conjointe IRD–AJS n&#8217;a été menée en 2026. Autrement dit : la source affichée n&#8217;existe pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui circule, ce ne sont pas des résultats scientifiques établis, mais des chiffres sans protocole, sans échantillonnage, sans cadre d&#8217;analyse explicite. Une production dont on ignore les sources, la période d&#8217;observation et les critères de sélection, et qui a pourtant&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">été reprise sans distance, sans vérification. Une infographie suffit à créer un débat ; une source ne suffit pas à le fonder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette question de sources, une autre réalité apparaît : plusieurs travaux visant à documenter les divorces dans la région de Dakar existent déjà. Je n&#8217;en citerai ici qu&#8217;un, ancien de plus de vingt ans mais toujours central. En 2003, Philippe Antoine et Fatou Binetou Dial publient le document de travail DT/2003/07, « Mariage, divorce et remariage à Dakar et Lomé ». Ce n&#8217;est pas un visuel ni une approximation, c&#8217;est une recherche fondée sur des enquêtes biographiques menées en 2001 auprès de 1 290 personnes à Dakar, mobilisant des outils statistiques rigoureux pour analyser les trajectoires matrimoniales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses résultats sont clairs : le divorce à Dakar n&#8217;est ni marginal ni récent ; il est fréquent, majoritairement initié par des femmes, et intervient de plus en plus tôt. D&#8217;une génération à l&#8217;autre, le temps avant rupture diminue : quatorze ans, puis onze ans, puis sept ans. Ce que l&#8217;on présente aujourd&#8217;hui comme une révélation existait déjà il y a plus de vingt ans. Surtout, l&#8217;étude ne se contente pas de constater : elle explique, en reliant le divorce à des conditions structurelles:&nbsp; accès au logement, répartition des charges, dépendance économique, organisation du pouvoir au sein du couple&nbsp; et en précisant méthodes, échantillon et temporalité. Un chiffre parmi ceux que l&#8217;infographie ne contient pas, et qui est pourtant le plus puissant : l&#8217;incapacité du mari à assurer un logement autonome multiplie le risque de divorce par 4,2 à Dakar. Ce n&#8217;est pas une question de psychologie conjugale. C&#8217;est une question de conditions matérielles d&#8217;existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&#8217;a troublée, à la suite de ces recherches motivées par cette&nbsp; infographie sans source, ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;existence de ces travaux, c&#8217;est leur actualité. Les résultats de 2003 restent d&#8217;une pertinence frappante, au point de pouvoir être confondus avec la situation actuelle. Ce n&#8217;est pas une nouveauté, c&#8217;est une continuité : depuis plus de vingt-cinq ans, les mêmes dynamiques persistent, les mêmes déséquilibres, les mêmes tensions. Et pourtant, aucune analyse d&#8217;ensemble n&#8217;est venue les réinterroger en profondeur, aucune réforme structurelle n&#8217;a véritablement repensé l&#8217;institution du mariage pour la rendre plus équitable et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle ne se transforme pas, il s&#8217;use ; il s&#8217;érode de l&#8217;intérieur, sans qu&#8217;il soit nécessaire d&#8217;invoquer une influence extérieure pour en expliquer les fragilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les commentaires, un chiffre revient avec insistance : « 80 % des demandes de divorce sont initiées par des femmes ». Et la réaction est immédiate. Comme si la manière de formuler l&#8217;information désignait déjà une responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car un chiffre n&#8217;est jamais neutre. La façon de le libeller oriente la perception, parfois même avant toute réflexion. Présenter les femmes comme « demandeuses » peut rapidement les transformer en « coupables », en faisant porter sur elles la recrudescence des divorces, sans interroger ce qui rend ces demandes nécessaires. Ce glissement est d&#8217;autant plus puissant qu&#8217;il paraît anodin : il ne repose pas sur une accusation explicite, mais sur une manière de dire qui suggère déjà une interprétation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce type de cadrage, l&#8217;attention se déplace presque mécaniquement. On ne cherche plus à comprendre pourquoi les mariages se brisent, mais pourquoi les femmes partent. On ne questionne plus les conditions de vie dans le couple, mais la décision de le quitter. Ce renversement est central : il transforme une réalité sociale complexe en comportement individuel à juger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c&#8217;est précisément là que le problème se pose. Car en isolant le geste de demander le divorce de son contexte, on invisibilise tout ce qui le précède : les déséquilibres économiques, les charges assumées de manière inégale, les tensions accumulées, parfois les violences ou les formes de négligence. Le chiffre devient alors un écran plutôt qu&#8217;un outil de compréhension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, ce n&#8217;est pas seulement ce que disent les chiffres qui compte. C&#8217;est ce qu&#8217;ils font dire. Et dans ce cas précis, ils contribuent à déplacer la responsabilité, en la faisant glisser du système vers celles qui en sortent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Refuser ce glissement, c&#8217;est poser la question là où elle doit être posée : dans quelles conditions ces demandes sont-elles formulées ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux de 2003 apportent déjà une réponse : l&#8217;autonomie économique est déterminante. Les femmes salariées ont davantage la capacité de partir ; les femmes en situation de précarité restent davantage, faute d&#8217;alternatives. Ce n&#8217;est pas une question de volonté, mais de possibilité. Ce ne sont pas les femmes les plus satisfaites qui restent mariées, mais souvent celles qui ne peuvent pas partir. Les auteurs le formulaient sans détour : les plus vulnérables parmi les mariées ne divorceront pas. Dire que les femmes demandent le divorce ne signifie pas qu&#8217;elles détruisent le mariage ; cela signifie qu&#8217;elles peuvent, dans certains cas, en sortir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce déplacement change tout. Le problème n&#8217;est pas que les femmes partent, mais ce qui les pousse à partir. La question n&#8217;est plus « pourquoi divorcent-elles ? », mais « qu&#8217;est-ce qui rend le divorce nécessaire ? », « qu&#8217;est-ce qui rend le maintien plus difficile que la rupture ? ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, cette séquence médiatique dit moins de choses sur le divorce que sur notre rapport à l&#8217;information : une infographie sans source devient virale, une recherche rigoureuse reste invisible, et entre les deux s&#8217;impose un récit qui transforme des réalités structurelles en responsabilités individuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fatou Binetou Dial, chercheuse sénégalaise à l&#8217;IRD, a enquêté sur le divorce à Dakar en 2001. Elle a collecté des biographies, construit des modèles statistiques, produit des résultats. Ces travaux auraient dû alimenter le débat public depuis vingt ans. Ils auraient dû être la référence à partir de laquelle on mesure l&#8217;évolution du phénomène. Au lieu de cela, une infographie sans date ni protocole a fait, en quarante-huit heures, ce que vingt ans de recherche rigoureuse n&#8217;ont pas réussi à faire : mettre le divorce des femmes dakaroises au centre du débat public. C&#8217;est une bonne nouvelle pour le débat. C&#8217;est une mauvaise nouvelle pour l&#8217;état de notre rapport à la connaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&#8217;est plus l&#8217;institution du mariage qui est interrogée, ce sont les femmes qui refusent d&#8217;y rester. Le véritable enjeu n&#8217;est donc pas de savoir s&#8217;il y a 400 divorces par mois, mais ce que nous faisons de ces chiffres. Les chiffres ne parlent jamais seuls ; ils révèlent surtout ce que nous acceptons&nbsp; ou refusons&nbsp; de regarder.</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/400-divorces-a-dakar-l-etude-trompeuse-devenue-virale/">400 divorces à Dakar : l ’« étude » trompeuse devenue virale</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ce que révèle l’or des femmes. par Warkha</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 16:11:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ces derniers jours, un phénomène attire l’attention : sur les groupes de femmes sur<br />
les réseaux sociaux, les annonces pour revendre des bijoux et colliers en or se<br />
multiplient. Des pièces achetées parfois récemment sont remises en circulation.<br />
Officiellement, il s’agit de ventes. En réalité, il s’agit souvent d’un besoin urgent de<br />
liquidité.Cette réalité ne se limite pas aux écrans.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">L’or a de la valeur l’une des vérités les plus universelles et les plus durables. D’où<br>vient cette évidence ? Depuis quand ce métal est-il devenu précieux ? Qu’est-ce qui<br>fonde, au fond, cette valeur que nous lui attribuons ? Autant de questions qui<br>surgissent lorsqu’on décide d’écrire sur l’or. Mais il ne s’agit pas ici d’une étude du<br>métal ni de son histoire, ni de son origine, ni des réalités de celles et ceux qui<br>l’exploitent. Mon propos est ailleurs : observer ses usages, ses significations, ce qu’il<br>représente ou ce qu’on nous apprend à y voir depuis ma position, celle d’une fille<br>issue d’une famille de griots, liée par alliances à des bijoutiers au Sénégal.<br>Dans nos sociétés, l’or est un langage. À travers les grammes que l’on devine au<br>cou, aux doigts ou aux oreilles, se lisent souvent sans être dits l’appartenance<br>sociale, la trajectoire familiale, une certaine idée de la réussite et de la respectabilité.<br>Il accompagne les grandes étapes de la vie: baptêmes, mariages, fêtes religieuses,<br>se transmet, s’offre, se montre. Très tôt, on apprend aux filles à l’aimer. « Une<br>femme doit avoir son or », entend-on.<br>Longtemps, ce bijou précieux a été une affaire de femmes. Aujourd’hui, les choses<br>évoluent : de plus en plus d’hommes en portent, parfois en accumulation. Pourtant,<br>un paradoxe demeure : à Dakar, si les femmes incarnent l’image et la demande, le<br>commerce de l’or reste majoritairement géré par des hommes. Les femmes en sont<br>les principales consommatrices, mais le contrôle économique reste masculin.<br>Dans les cérémonies, l’or devient une mise en scène. Plus on en porte, plus on<br>affirme une présence. La taille et l’abondance des bijoux deviennent une mesure<br>implicite de la « grandeur » sociale. Sur les réseaux sociaux, cette logique se<br>prolonge : faute d’exhiber des liasses, certaines influenceuses exposent l’or, parfois<br>à l’excès. Le bijou devient preuve sociale, démonstration visible de richesse.<br>Mais derrière cette dimension symbolique se cache une autre réalité.<br>Au Sénégal, beaucoup de femmes considèrent que la meilleure manière de<br>conserver de l’argent, c’est d’acheter de l’or. Une épargne tangible, disponible,<br>indépendante des circuits formels. J’ai souvent entendu cette justification : « on<br>achète de l’or pour garder son argent ». Pourtant, cette idée ne tient pas<br>entièrement. Car il y a aussi le plaisir de porter l’or, et le sentiment de respectabilité<br>qu’il confère. L’économique et le symbolique sont indissociables.<br>Mais cette stratégie est-elle réellement sécurisante ?<br>Dans les faits, l’or ne protège pas toujours comme on le pense. Entre l’achat et la<br>revente, les pertes peuvent être importantes. Les prix fluctuent, les marges sont<br>élevées, et l’information circule de manière inégale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, malgré ces limites, l’or continue de jouer un rôle central.<br>Ces derniers jours, un phénomène attire l’attention : sur les groupes de femmes sur<br>les réseaux sociaux, les annonces pour revendre des bijoux et colliers en or se<br>multiplient. Des pièces achetées parfois récemment sont remises en circulation.<br>Officiellement, il s’agit de ventes. En réalité, il s’agit souvent d’un besoin urgent de<br>liquidité.Cette réalité ne se limite pas aux écrans.<br>Un jour, chez un bijoutier, en l’espace de quinze minutes, plusieurs femmes se sont<br>succédé. Elles venaient directement pour revendre leurs bijoux. Chacune avec son<br>urgence. Chacune avec une histoire que l’on devine sans qu’elle soit dite.<br>Derrière ces gestes, il y a des besoins concrets : factures, dépenses quotidiennes,<br>urgences familiales, loyers, frais de santé, soutien aux proches. L’or devient une<br>solution immédiate, parfois la seule. Ce qui était symbole de stabilité devient<br>instrument de survie.<br>Dès lors, la question change de nature.<br>Si les femmes doivent vendre leur or pour couvrir des besoins essentiels, alors l’or<br>est-il vraiment une richesse ou simplement une réserve de crise ?<br>Car vendre son or, c’est aussi se défaire d’un capital symbolique accumulé au fil des<br>années.<br>Et pourtant, il ne s’agit pas seulement de vulnérabilité. Il y a aussi une stratégie :<br>acheter de l’or, c’est anticiper, prévoir, sécuriser, à défaut d’autres outils.<br>L’or est donc les deux à la fois : un symbole culturel puissant et une stratégie<br>économique imparfaite.Mais surtout, un indicateur.<br>Car le véritable baromètre de la cherté de la vie aujourd’hui ne se trouve pas<br>uniquement dans les chiffres.<br>Il se lit dans le nombre de femmes qui revendent leur or.Mais à qui profite réellement<br>ce système d’achat et de revente ?<br>La valeur ne circule pas de manière égale. Entre l’achat d’un bijou et sa revente, ce<br>sont souvent les intermédiaires qui tirent profit marges à l’achat, décotes à la<br>revente, asymétrie d’information. Les femmes, elles, portent le risque. Elles achètent<br>au prix fort, et revendent souvent dans l’urgence, à un prix moindre.<br>Autrement dit, ce que l’on présente comme une stratégie de sécurité peut aussi<br>devenir un mécanisme silencieux de perte de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système révèle ainsi des rapports économiques plus larges : un marché structuré<br>par des acteurs qui maîtrisent les règles, face à des consommatrices qui naviguent<br>entre besoin, croyance et contrainte.<br>Et si l’or permet de faire face à l’urgence, il ne protège pas des causes profondes de<br>cette urgence. C’est peut-être là que se situe la véritable limite de cette « épargne ».<br>Car tant que les femmes devront transformer leurs bijoux en solutions de survie, l’or<br>restera moins une richesse qu’un révélateur.<br>Un révélateur de la cherté de la vie. Un révélateur des inégalités d’accès aux<br>ressources. Un révélateur, surtout, de la place que nos systèmes économiques<br>laissent ou ne laissent pas aux femmes.</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/ce-que-revele-lor-des-femmes-par-warkha/">Ce que révèle l’or des femmes. par Warkha</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nous ne sommes plus hors champ</title>
		<link>https://warkhatv.com/nous-ne-sommes-plus-hors-champ/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=nous-ne-sommes-plus-hors-champ</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 13:21:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://warkhatv.com/?p=4664</guid>

					<description><![CDATA[<p>On nous regarde. Mais qui nous voit vraiment ? Depuis plusieurs ann&#233;es, la p&#233;riode du Festival Films Femmes Afrique est pour moi la plus pr&#233;cieuse. C&#8217;est un temps de rencontres, de d&#233;couvertes, mais aussi un moment qui oblige &#224; regarder autrement. &#192; reconna&#238;tre le travail magnifique des femmes dans le cin&#233;ma, trop souvent invisibilis&#233; par [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">On nous regarde. Mais qui nous voit vraiment ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, la période du Festival Films Femmes Afrique est pour moi la plus précieuse. C’est un temps de rencontres, de découvertes, mais aussi un moment qui oblige à regarder autrement. À reconnaître le travail magnifique des femmes dans le cinéma, trop souvent invisibilisé par les mécanismes du système cinématographique. Ce festival rappelle, avec force, que les femmes&nbsp; et particulièrement celles d’Afrique&nbsp; existent, créent, racontent et occupent pleinement cet espace. Et cette année, le thème <strong>« Femmes en première ligne »</strong> prend tout son sens : elles ne sont plus en marge, elles sont au centre, visibles, audibles, incontournables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival Films Femmes Afrique&nbsp; est un espace où les femmes reprennent le regard. Où elles décident enfin comment elles sont vues. Ou plutôt : comment elles se montrent. Elles sont à l’écriture, à la réalisation, devant et derrière la caméra. Elles jouent, produisent, montent, cadrent, éclairent, composent les musiques, distribuent et diffusent les films. Elles occupent aujourd’hui tous les postes clés d’un cinéma qui ne peut plus faire semblant de ne pas les voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant plusieurs jours à Dakar, dans des salles comme le cinéma Pathé, la Médina, mais aussi dans les établissements, les espaces publics en plein air, dans les banlieues, les quartiers populaires, partout où il y a du monde, dans les maisons d’accueil pour femmes victimes ou survivantes de violences, et même dans les maisons d’arrêt, les images ont circulé autrement. Des projections ont lieu partout, accompagnées de débats qui dénoncent, questionnent et, surtout, redonnent de l’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des films faits par des femmes. Sur des femmes. Mais surtout : avec une urgence, comme des voix qui refusent enfin de rester dans l’ombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait croire savoir à quoi s’attendre. Des films sur les droits des femmes. Des récits qui dénoncent les injustices, les violences, les inégalités. Et oui, tout cela est là. Parce que nous vivons dans un système qui exploite, qui invisibilise, qui hiérarchise les vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais réduire ces films à cela serait une erreur. Il y a aussi de l’amour. De la politique. De la mémoire. Des rêves. Des colères qui grondent et des espoirs qui tiennent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai vu des films qui dénoncent, comme ceux qui évoquent la Palestine, et je me suis sentie nouée de l’intérieur, incapable de respirer normalement, comme si chaque image venait s’accrocher à moi avec une douleur presque insoutenable. <strong>&#8220;La voix de Hind Rajab&#8221;</strong> de Kaouther Ben Hania, récompensé par le prix de la critique et du public, nous laisse sans refuge. Ce type de distinction ne récompense pas seulement une œuvre : il reconnaît une parole nécessaire, une urgence à dire, à montrer, à témoigner. On regarde, et on ne peut plus détourner les yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai vu aussi des récits de lutte, de dignité, de résistance, comme<strong> &#8220;La légende de la reine vagabonde&#8221;</strong> du Collectif Agbajowo, qui a marqué le festival et a remporté le prix du meilleur long métrage décerné par le jury professionnel. Ce prix consacre une vision, une écriture, une manière de raconter le monde à partir des femmes. Des femmes qui refusent, qui avancent, qui existent malgré tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces films marquent. Et certains sont reconnus et célébrés. Le prix du meilleur court métrage, décerné par le jury des lycéennes, a récompensé <strong>“Les larmes de l&#8217;absence”&nbsp; </strong>&nbsp;de Mor Talla Ndione. Un choix fort, porté par une jeune génération. Une mention spéciale a été attribuée à &#8220;Mme Faïza &amp; Dr Love&#8221; d’Anissa Daoud, comme pour saluer des récits qui ouvrent des brèches, qui disent autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prix de la meilleure première œuvre est revenu à &#8220;Didy&#8221; de Gaël Kamilindi et François-Xavier Destors. Ces récompenses confirment que ces récits comptent, que ces voix portent, et qu’elles trouvent enfin des espaces pour être entendues. Ces films ne parlent pas seulement des femmes. Ils parlent du monde. Et ils le racontent autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le noir des salles, j’ai été traversée par toutes les émotions, sans filtre : j’ai pleuré, ri, été en colère, inquiète, parfois même réconfortée. J’ai vu des histoires qu’on cache, des silences imposés, des violences banalisées&nbsp; mais aussi tout ce que la vie peut offrir. Ce qui reste souvent hors champ dans le cinéma mainstream a occupé ici le centre du cadre. Plus de 80 films, venus d’une trentaine de pays africains, projetés pendant huit jours dans près de 29 lieux à Dakar, ont fait surgir des vies entières. Et au milieu de tout cela, quelque chose persiste : de la résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand une femme filme, ce n’est pas neutre. Ce n’est jamais neutre. Le cinéma devient un terrain politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ici, les femmes ne sont plus regardées. Elles regardent, elles cadrent, elles choisissent ce qui doit être vu. Et ça change tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des panels sur l’engagement des femmes, des discussions sur le rôle du cinéma auxquels j’ai eu le privilège d’être intervenante aux côtés d’autres femmes qui font bouger les choses&nbsp; et des œuvres qui interrogent directement nos sociétés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et une question m’a suivie partout&nbsp; et même une autre, plus dérangeante : pourquoi faut-il encore créer des espaces spécifiques pour entendre les femmes ? Pourquoi faut-il encore lutter pour être visibles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce festival existe parce que le monde du cinéma&nbsp; comme beaucoup d’autres&nbsp; reste un espace d’exclusion. Alors oui, ce festival est nécessaire. Mais il est aussi révélateur. Il montre ce qui manque ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival Films Femmes Afrique n’est pas un simple événement culturel. C’est un acte, Un acte&nbsp; féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, une absence m’a frappée : celle du ministre de la Culture. Représenté, oui, par le directeur de la cinématographie&nbsp; mais comment manquer un événement qui se tient tous les deux ans, à sa septième édition, et qui fait battre le cœur du cinéma sur tout un territoire ? Que dit cette absence de la place accordée aux femmes, à leurs œuvres, à leurs combats ? Tout laisse à penser que ce que les femmes font et réalisent n’est pas encore au centre des préoccupations de nos gouvernants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quoi qu’il en soit, nous sortons de là autrement : boostées, encouragées, rassemblées. Et l’élan continue, car le festival se prolonge dans les régions. Comme pour rappeler que ce mouvement ne s’arrête pas aux salles, il circule.</p><p>The post <a href="https://warkhatv.com/nous-ne-sommes-plus-hors-champ/">Nous ne sommes plus hors champ</a> first appeared on <a href="https://warkhatv.com">warkha Tv</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Même nos pères</title>
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		<dc:creator><![CDATA[warkhatv]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 12:21:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ACTUALITES]]></category>
		<category><![CDATA[CONTRIBUTION]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Le dernier week-end du mois de mars à Dakar, un sit-in féministe s’est tenu, rassemblant des femmes, des activistes et des organisations de la société civile autour d’un objectif clair : dénoncer les violences faites aux femmes et exiger des réformes structurelles pour une meilleure protection de leurs droits. Loin d’être une simple mobilisation symbolique, cette action s’inscrivait dans une dynamique plus large portée par l’initiative WaxJotNa, qui appelle à des changements concrets dans le cadre légal et institutionnel sénégalais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les revendications portées lors de ce sit-in étaient précises, urgentes et profondément ancrées dans les réalités vécues par les femmes et les filles. Elles rappellent d’abord une donnée alarmante : au Sénégal, une femme sur trois a subi au moins une forme de violence au cours des douze derniers mois.Ces violences s’inscrivent dans un système plus large, où les inégalités entre les femmes et les hommes sont encore renforcées par des cadres juridiques et sociaux. Le Code de la famille, adopté en 1972 et révisé en 1999, contient encore aujourd’hui des dispositions discriminatoires. L’âge légal du mariage n’est pas le même pour les filles et les garçons, l’autorité parentale reste déséquilibrée, la recherche de paternité est limitée, et certaines règles économiques au sein du foyer maintiennent une dépendance structurelle des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute une réalité encore plus brutale : celle des féminicides. De plus en plus de cas sont recensés, médiatisés, partagés. Pourtant, le droit sénégalais ne reconnaît toujours pas le féminicide comme un crime spécifique. Ces meurtres sont traités comme des homicides ordinaires, sans prise en compte de leur dimension genrée. Cette absence de reconnaissance invisibilise une réalité pourtant évidente : des femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes, souvent dans des contextes conjugaux ou familiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les revendications portées lors de ce sit-in ne se limitaient pas à la dénonciation. Elles proposaient des solutions concrètes : réformer le Code de la famille pour le rendre conforme aux principes d’égalité, reconnaître juridiquement le féminicide, améliorer l’accès à la justice pour les survivantes, autoriser l’avortement médicalisé dans des cas spécifiques comme le viol ou l’inceste, et renforcer les mécanismes de protection et de prise en charge des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant d’éléments qui montrent que cette mobilisation était structurée, documentée et profondément légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De toutes ces revendications, de toutes ces urgences, de toutes ces réalités, une&nbsp; partie de l’opinion publique n’a retenu qu’une seule chose : une pancarte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Men are trash, même nos pères ».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une phrase sortie de son contexte, amplifiée, et transformée en polémique. Sur les réseaux sociaux et dans certains espaces médiatiques, le fond du message a été relégué au second plan. L’attention s’est concentrée sur la forme, sur le choc, sur la provocation supposée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est parce que cette phrase vient heurter de front un imaginaire profondément ancré dans notre société. En wolof, on dit souvent <strong>« Ku ne góor baax na, sa baay moo tax »</strong>, pour signifier que si l’on reconnaît la bonté d’un homme, c’est en référence à son père&nbsp; comme si certaines figures masculines, notamment paternelles, étaient au-dessus de toute remise en question. Cette sacralisation s’accompagne d’une autre norme : fermer les yeux sur les agissements au sein de la famille, minimiser les violences, protéger l’image plutôt que les personnes. On relativise les coups, on tait les abus&nbsp; y compris à l’égard de nos mères et d’autres membres de la famille parce que<strong> « le linge sale se lave en famille »</strong>. Ce qui relève du privé est ainsi maintenu dans l’ombre, hors du débat public. Or, comme le rappellent les féministes, le privé est politique : ce qui se passe dans la famille n’est pas neutre, ce sont des rapports de pouvoir, des inégalités et des violences qui doivent être combattus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dire<strong> « même nos pères »</strong>, c’est donc rompre avec cette sacralisation. C’est affirmer que personne ne doit être exempt de critique au nom de son statut, et que la réalité des violences ne s’arrête pas aux frontières symboliques que la société tente de protéger. Et cette réalité est loin d’être abstraite. Pas plus tard que le 2 avril 2026, un cas d’inceste a été révélé dans les médias : une fille de 14 ans aurait été abusée à plusieurs reprises par son propre père et son cousin, autrement dit par des hommes de sa propre famille. Ce type de drame, malheureusement, n’est pas isolé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, face à ces faits, que signifie réellement l’indignation suscitée par une pancarte ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce déplacement du débat montre à quel point il est plus facile de s’indigner d’une phrase que de se confronter à une réalité. Il montre aussi une forme de résistance collective à entendre ce que disent les féministes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière les critiques, un argument revient sans cesse : « pas tous les hommes, pas tous les papas ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase, devenue presque automatique, fonctionne comme un mécanisme de défense. Elle permet de déplacer la discussion, de recentrer le débat sur les hommes, et d’éviter de questionner les structures qui produisent les violences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les féministes ne parlent pas d’individus isolés. Elles parlent d’un système. Un système dans lequel les violences sont massives, répétées, et profondément enracinées. Un système dans lequel, dans la grande majorité des cas, les auteurs de violences sont des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappeler cette réalité, ce n’est pas accuser chaque homme individuellement. C’est nommer un phénomène structurel. C’est reconnaître qu’il existe un problème collectif qui dépasse les cas particuliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violences intrafamiliales existent. Les violences sexuelles, y compris les cas d’inceste, existent. Les violences conjugales, les violences psychologiques, les violences économiques existent. Mais elles restent largement invisibilisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que <strong>« le linge sale se lave en famille ».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette injonction sociale impose de taire les violences, de protéger l’image de la famille, de préserver les apparences. Elle transforme les victimes en gardiennes du silence et protège les agresseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, dire « même nos pères » devient un acte profondément politique. Ce n’est pas une attaque gratuite. C’est une remise en question d’un tabou. C’est une manière de dire que la violence ne vient pas toujours de l’extérieur, qu’elle peut aussi exister là où on s’y attend le moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi refuser de hiérarchiser les violences en fonction de leur origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que cette polémique révèle, au fond, c’est une difficulté collective à regarder la réalité en face. Et pendant que le débat se focalise sur une pancarte, les violences continuent. Les femmes continuent d’être agressées, harcelées, battues, violées, tuées. Les lois tardent à être réformées. Les victimes continuent de se heurter à des obstacles pour accéder à la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sit-in était un appel à la responsabilité collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si ce qui nous choque le plus reste une phrase, alors peut-être que le problème n’est pas ce qu’elle dit.</p>



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