À la veille de la Fête du Travail, le Réseau National des Femmes Travailleuses du Sénégal monte au créneau. Réunies à la Fondation Friedrich Ebert le 25 avril pour une journée de mobilisation sociale, une centaine de militantes venues de Dakar et des régions ont porté un message clair au président de la République : promulguer, ce 1er mai 2026, la loi prolongeant le congé de maternité à 18 semaines.

Une urgence sanitaire et sociale mondiale

La mobilisation du RENAFTS s’inscrit dans un constat alarmant, notamment les difficultés persistantes d’accès à une maternité sans risques. Selon les données relayées lors du panel, chaque minute une femme meurt en couches dans le monde, tandis que de nombreuses autres subissent des complications durables.
Le réseau met en avant la « double charge » supportée par les femmes entre emploi rémunéré, travail domestique et responsabilités maternelles. Les recommandations de Organisation mondiale de la santé préconisent six mois d’allaitement exclusif, mais le congé actuel — 6 semaines avant et 8 après l’accouchement — reste insuffisant, rendant indispensable l’aménagement du droit d’allaiter au travail.

Des acquis fragiles, une loi en attente

Au Sénégal, la protection de la maternité est inscrite dans le Code du travail, avec 14 semaines de congé rémunéré, une protection contre le licenciement et une heure d’allaitement quotidienne pendant 15 mois. Malgré les avancées législatives de 2022, leur mise en œuvre reste incomplète.
Le principal blocage concerne la Organisation internationale du travail Convention 183, ratifiée en 2015 mais toujours en attente de promulgation, tout comme certains décrets d’application de la loi adoptée en 2022.

Les trois revendications du réseau

Sous la direction de sa présidente Fatoumata Bintou Yafa, le réseau formule trois exigences majeures : L’extension du congé maternité à 18 semaines ,L’instauration d’un congé de paternité pour un meilleur partage des responsabilités familiales , La création d’un Observatoire national de la non-discrimination au travail 

Ces mesures visent à renforcer les droits des travailleuses et à limiter les inégalités liées à la maternité.

Un appel direct au chef de l’État

Pour Fatoumata Bintou Yafa, l’heure n’est plus aux promesses : « Nous avons eu la ratification en 2015, nous avons eu la loi en 2022. Aujourd’hui, nous voulons simplement une promulgation par le président Bassirou Diomaye Faye. »
Elle alerte sur les conséquences d’un statu quo : absence de cadre juridique effectif, atteinte à la dignité des femmes et pertes d’emploi, certaines travailleuses étant contraintes de quitter leur poste pour assurer l’allaitement.

Les recommandations issues de cette mobilisation seront intégrées aux cahiers de doléances remis au chef de l’État lors de la célébration officielle de la Fête du Travail.

khady Ba

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