Le Premier ministre a donné un avis favorable à la levée de la suspension des conventions publicitaires publiques. Un comité interministériel doit en préciser les modalités, avec des conclusions attendues au plus tard le 30 octobre 2026. Pour les médias indépendants, l’enjeu sera autant la reprise que l’équité de la répartition.
Une perspective s’ouvre pour les entreprises de presse sénégalaises. Dans une correspondance datée du 19 octobre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô s’est prononcé favorablement sur la demande de levée de la suspension des conventions publicitaires, rapporte la RTS.
Cet accord de principe ne signifie toutefois ni une reprise effective des contrats ni le déblocage de paiements. Aucun montant ni calendrier opérationnel n’est précisé dans le compte rendu consulté.
Des règles d’attribution à préciser
La suspension, décidée en juillet 2024, concernait les nouvelles conventions et les contrats publicitaires entre l’État et la presse privée. La reprise envisagée doit désormais s’accompagner d’un encadrement renouvelé.
Un comité interministériel devra examiner la conformité des médias au Code de la presse et définir des critères d’attribution tenant notamment compte de l’audience, des performances, de la couverture territoriale et des publics ciblés. Il devra également proposer un suivi des dépenses. Ses conclusions sont attendues au plus tard le 30 octobre, avant une réunion de validation.
Quelle place pour les médias numériques et spécialisés ?
Pour un média indépendant comme WarkhaTV, ces critères soulèvent une question essentielle : comment reconnaître la valeur d’un public que les grands circuits publicitaires atteignent peu ?
Une répartition équitable devrait pouvoir prendre en considération la diversité des formats, des langues et des territoires, mais aussi l’utilité de médias spécialisés. Informer sur les droits des femmes, rendre visibles des initiatives locales ou expliquer une politique publique à des communautés précises peut constituer une contribution pertinente à une campagne d’information.
L’audience compte. La manière de la mesurer et de la mettre en rapport avec l’objectif de communication comptera tout autant.
La publication des critères, des bénéficiaires et des montants permettrait aux rédactions comme aux citoyen·ne·s de comprendre les choix effectués. Une distinction claire entre contenus publicitaires et travail journalistique contribuerait également à préserver l’indépendance éditoriale.
À ce stade, la reprise reste donc une perspective à concrétiser. Le véritable test sera la mise en place d’un dispositif accessible, transparent et capable de reconnaître la diversité des médias sénégalais.


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