Dans une région longtemps marquée par les blessures du conflit, certaines femmes ont choisi de transformer la douleur en espoir. Parmi elles, Mme Ndèye Marie Thiam s’impose comme l’un des visages les plus emblématiques de la quête de paix en Casamance. Une femme de conviction, de combat et de dialogue, dont le parcours force le respect.
Enseignante durant plus de trente ans, elle a consacré une grande partie de sa vie à transmettre le savoir et les valeurs citoyennes. Son engagement s’est également illustré dans le syndicalisme de l’enseignement privé catholique, où elle s’est battue pour la défense des droits des enseignants avec la même détermination qui caractérise aujourd’hui son action en faveur de la paix.
Mais c’est face aux souffrances causées par le conflit casamançais que cette femme de caractère révèle toute l’étendue de son leadership. Consciente que les femmes et les enfants paient souvent le plus lourd tribut des violences, elle choisit de faire de la médiation, du dialogue et de la réconciliation son nouveau champ de bataille.
À la tête de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), Ndèye Marie Thiam mobilise des centaines de femmes autour d’une conviction : la paix durable ne se décrète pas, elle se construit, jour après jour, par l’écoute, la solidarité et le courage. Celle qui décrit volontiers la femme casamançaise comme une femme forte, capable autrefois d’encourager les hommes à prendre les armes, œuvre désormais à faire de cette même force un moteur de réconciliation.
Cette persévérance vient d’être saluée sur la scène internationale avec l’attribution du Prix ICIP 2026, décerné par l’Institut Catalan International pour la Paix. Une distinction prestigieuse qui récompense des années de combat mené par les femmes de Casamance en faveur de la paix, du dialogue, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
Au Parlement de Catalogne, où elle recevra officiellement cette récompense, Mme Ndèye Marie Thiam ne représentera pas seulement son organisation. Elle portera la voix de toutes ces femmes anonymes qui, loin des projecteurs, refusent de céder à la fatalité et continuent de bâtir, avec patience et détermination, les fondations d’une paix durable.
Guerrière sans arme, combattante sans violence, Ndèye Marie Thiam prouve que le courage peut aussi s’exprimer par l’écoute, la médiation et la persévérance. Son parcours rappelle qu’au cœur des conflits, les plus grandes victoires sont parfois celles remportées au nom de la paix.


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