À travers le thème “Femme, politique et souveraineté économique en Afrique de l’Ouest : harmoniser l’égalité du genre et la responsabilité fiscale”, la Society of Women in Taxation West Africa (SWIT WA) appelle à une refonte des politiques fiscales intégrant pleinement la dimension genre, afin de renforcer la mobilisation des ressources et bâtir des économies plus inclusives et durables.

La troisième conférence internationale annuelle de la Society of Women in Taxation West Africa (SWIT WA) a mis en lumière un enjeu central pour les économies ouest-africaines : la nécessité d’intégrer les femmes dans la définition et la mise en œuvre des politiques fiscales pour garantir une véritable souveraineté économique.

Cette rencontre internationale a réuni experts, autorités administratives et les professionnelles de la fiscalité autour d’un constat partagé : sans inclusion effective des femmes, les stratégies de mobilisation des recettes restent incomplètes.

Au cœur des discussions, la question de la place des femmes dans les politiques fiscales a occupé une position centrale. Si leur contribution à l’économie est indéniable notamment dans les secteurs informels et commerciaux, leur implication dans les sphères décisionnelles demeure encore insuffisante. Un déséquilibre qui, selon les participantes, limite l’efficacité et l’équité des systèmes fiscaux.

Pour Ndèye Fatou Cissé, vice-présidente de SWIT West Africa et présidente de SWIT Sénégal, l’enjeu est double : il s’agit à la fois de renforcer la participation des femmes dans la gouvernance fiscale et d’adapter les politiques publiques à leurs réalités. 

“Les femmes participent activement à la mobilisation des ressources, mais elles doivent également être associées à la définition des politiques fiscales pour une meilleure efficacité”, a-t-elle souligné.

Elle insiste également sur la nécessité de lever les contraintes structurelles qui freinent leur autonomisation économique, notamment l’accès limité au financement, aux ressources et à l’éducation. Autant de facteurs qui influencent directement leur capacité à contribuer pleinement à l’économie formelle et à adhérer aux obligations fiscales.

Dans cette dynamique, la notion de responsabilité fiscale apparaît comme un levier stratégique. Pour les participantes, une fiscalité sensible au genre permettrait non seulement d’améliorer le consentement à l’impôt, mais aussi de renforcer la justice sociale. Cela passe par des mesures adaptées, telles que des politiques d’allègement fiscal ciblées et une meilleure prise en compte des réalités économiques des femmes.

De son côté, Djarietou Aidara Kamara, inspectrice principale des impôts et des domaines, a salué les avancées enregistrées au Sénégal en matière de promotion du leadership féminin au sein de l’administration fiscale. Elle a notamment rappelé que la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) a contribué à briser le plafond de verre en nommant une femme à sa tête.

Cependant, elle estime que ces progrès doivent être consolidés par une approche fondée sur la compétence et la méritocratie, tout en encourageant des mécanismes de discrimination positive. 

“L’objectif n’est pas seulement de promouvoir les femmes, mais de les accompagner vers l’excellence afin qu’elles puissent pleinement porter les politiques fiscales et économiques”, a-t-elle soutenu.

Au-delà des débats, cette conférence se veut un cadre de plaidoyer pour une transformation en profondeur des systèmes fiscaux en Afrique de l’Ouest. Les recommandations issues des travaux devraient être transmises aux autorités, avec l’ambition d’influencer durablement les politiques publiques.

khady Ba

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