Ces dernières années, les autorités ont pris plusieurs décisions pour lutter contre l’émigration clandestine : surveillance accrue des côtes, démantèlement de réseaux de passeurs, opérations de dissuasion, messages de prévention relayés dans les médias et les communautés locales.
Mais malgré ces efforts, les départs se poursuivent, souvent dans la clandestinité la plus totale, rendant les risques encore plus élevés.
Pour de nombreux jeunes, ces directives ne suffisent pas à contrebalancer le poids du chômage, de la précarité et du manque de perspectives. L’exil continue d’apparaître comme la seule issue possible.
Des jeunes qui disparaissent, des familles laissées dans le flou
Au-delà des naufrages médiatisés, il existe une réalité plus silencieuse : des jeunes Sénégalais disparaissent en cours de route, sur la mer, dans le désert ou dans des pays de transit.
Leurs familles, restées au pays, vivent dans l’angoisse permanente. Sans nouvelles, sans preuve de vie ni de décès, elles sont enfermées dans une attente douloureuse, souvent sans accompagnement ni réponses officielles.
Ces disparitions restent largement absentes du débat public, faute de statistiques claires et de mécanismes de suivi efficaces.
Le silence autour des disparus
Pourquoi en parle-t-on si peu ?
- Parce que la migration irrégulière demeure un sujet sensible, parfois stigmatisé.
- Parce que certaines familles hésitent à signaler une disparition, par peur ou par honte.
- Parce que les dispositifs institutionnels restent limités pour retracer les parcours migratoires interrompus.
Ainsi, malgré les directives de l’État, le phénomène des disparitions reste sous-documenté et peu reconnu.
Entre dissuasion et absence d’alternatives
Si les mesures de contrôle visent à empêcher les départs, beaucoup de jeunes estiment qu’elles ne s’accompagnent pas toujours d’alternatives concrètes : emploi durable, formation adaptée, accompagnement à l’entrepreneuriat ou mobilité légale encadrée.
Résultat : les routes deviennent plus dangereuses, les réseaux plus discrets, et les risques de disparition augmentent.
La lutte contre la migration irrégulière ne peut se limiter à des directives sécuritaires. Elle doit aussi inclure :,un meilleur suivi des jeunes disparus, un soutien réel aux familles, une coopération renforcée avec les pays de transit, et surtout, des politiques capables de redonner confiance à la jeunesse sénégalaise.
Tant que les causes profondes ne seront pas traitées, les jeunes continueront de partir. Et tant que le silence persistera, certains continueront de disparaître, malgré toutes les mesures annoncées.


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