La crise alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest et au Sahel connaît une aggravation préoccupante. D’après les dernières projections du Cadre harmonisé, présentées récemment à Dakar, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë pourrait passer de 41,8 millions actuellement à près de 53 millions durant la prochaine période de soudure, si aucune réponse collective et urgente n’est mise en œuvre.
Selon l’évaluation rendue publique le 26 janvier 2026 par la FAO, la situation se détériore rapidement. À ce jour, plus de 41,8 millions de personnes sont déjà classées en situation de crise ou pire (phases 3 à 5). Plus alarmant encore, environ 1,4 million de personnes vivent une situation d’urgence alimentaire extrême, notamment au Nigeria, au Sénégal, au Mali et au Niger.
Cette dégradation est le résultat d’une combinaison de facteurs aggravants. Les conflits armés persistants, notamment dans le Bassin du Lac Tchad et la zone du Liptako-Gourma, limitent l’accès aux terres agricoles et perturbent les circuits commerciaux. À cela s’ajoutent les chocs climatiques récurrents, la baisse des rendements agricoles, l’inflation élevée, le coût prohibitif des intrants agricoles et la réduction des financements humanitaires, qui fragilisent davantage les ménages vulnérables.
Des perspectives inquiétantes pour la soudure 2026
Les projections pour la période de soudure, entre juin et août 2026, sont particulièrement alarmantes. Près de 52,8 millions de personnes pourraient être touchées, avec des pays comme le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger parmi les plus exposés. Le risque de basculement vers la phase 5 (catastrophe ou famine) devient tangible dans certaines zones, notamment dans l’État de Borno au Nigeria, où plus de 15 000 personnes pourraient se retrouver privées de toute source alimentaire.
Un appel pressant à l’action collective
Face à cette situation critique, la coordonnatrice sous-régionale de la FAO, Mme Bintia Stephen-Tchicaya, appelle à une mobilisation immédiate des États et des partenaires techniques et financiers afin d’éviter une catastrophe humanitaire majeure en 2026. L’organisation préconise un soutien rapide à la production vivrière locale, la protection des moyens de subsistance des populations rurales et des investissements durables pour renforcer la résilience des communautés.
Le Cadre harmonisé, qualifié de véritable « boussole » par Koffy Dominique Kouacou, demeure l’outil central pour orienter les interventions et prioriser l’aide là où les besoins sont les plus urgents. Le message des acteurs humanitaires est sans équivoque : l’heure n’est plus aux diagnostics, mais à l’action immédiate pour sauver des millions de vies.
justin@lequotidien.sn


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