Née Mariama Bousso en 1833 à Golléré, dans le Fouta, Sokhna Mame Diarra Bousso appartenait à une lignée chérifienne prestigieuse, descendante de l’Imam Hassan, fils de Ali. Sa famille, tant maternelle que paternelle, était reconnue pour son savoir coranique et sa piété. Sous l’autorité de sa mère, Soxna Asta Wallo, elle acheva la rédaction de son premier Muçhaf à seulement 14 ans. Malgré une existence courte, elle réalisa plus de 40 copies du Coran, dont la calligraphie était particulièrement prisée.
Surnommée « Diaratoullah » (la protégée d’Allah), Mame Diarra Bousso incarna la piété et la dévotion totales. Sa pratique religieuse et sa vie familiale furent considérées comme un modèle de vertu et d’éthique par ses contemporains et les générations suivantes. Les familles Bousso et Mbacké, originaires de Mauritanie, jouèrent un rôle déterminant dans la propagation de l’islam au Sénégal, et Mame Diarra contribua de manière essentielle à l’éducation spirituelle de Cheikh Ahmadou Bamba.
Épouse de Momar Anta Sali Mbacké, elle est vénérée pour son rôle dans la formation spirituelle de son fils. Le tombeau de Mame Diarra, découvert par son petit-fils Serigne Mouhamed Bachir Mbacké, fut le point de départ de l’urbanisation de Porokhane, transformé en un centre spirituel et éducatif majeur pour la communauté mouride.
Cependant , le Magal de Porokhane, célébré ce jeudi 29 janvier 2026, est un événement unique au Sénégal, dédié exclusivement à une femme. Chaque année, des milliers de fidèles se rassemblent à Porokhane pour rendre hommage à Mame Diarra Bousso et rappeler l’importance de la piété, de l’éducation religieuse et de la transmission des valeurs. Contrairement aux autres magals mourides, sa date n’est pas fixe : elle est choisie par la famille de Serigne Mouhamadou Bassirou Mbacké, avec l’accord du khalife général des Mourides.
Ainsi, le Magal de Porokhane célèbre la mémoire d’une femme exceptionnelle, mettant en lumière le rôle central des femmes dans l’islam et leur contribution au développement spirituel et moral de la société. En honorant Sokhna Mame Diarra Bousso, la communauté perpétue son héritage de piété, de savoir et de dévotion.


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