En décembre 2024, c’est une histoire qui m’a profondément bouleversée… une histoire qui a secoué tout le Sénégal. À Joal-Fadiouth, une petite ville habituellement calme, vivait une fillette de 9 ans. Appelons-la Awa Barry.
Awa suivait des cours coraniques chez un maître que tout le monde respectait… Un homme que la communauté connaissait, veuf, père de famille. Une figure de confiance.

Mais derrière cette façade… se jouait un drame. Pendant des mois, Awa a été victime d’abus. Elle raconte qu’on lui faisait boire une « eau bénite », soi-disant pour améliorer sa mémoire… Une eau qui, en réalité, servait à couvrir un acte d’une violence inouïe.

Un jour, Awa s’effondre. À l’hôpital, une échographie révèle l’impossible : la petite est enceinte. Et alors, entre la peur, le choc et le courage… Awa parle.
L’homme qu’elle accuse finit par reconnaître les faits. Il risque la réclusion à perpétuité. Sa famille, elle, affirme avoir subi des pressions… même des tentatives de corruption pour qu’elle retire sa plainte.

L’affaire éclate. Les médias s’emparent de l’histoire. Les Sénégalais… le monde entier… s’indignent.
On s’interroge :
Comment protéger nos enfants dans les espaces éducatifs et religieux ?
Et que faire quand une enfant violée se retrouve enceinte ?

Cette tragédie relance un débat que beaucoup voulaient éviter : celui de l’avortement en cas de viol. Malgré le Protocole de Maputo, ratifié il y a vingt ans… rien n’a été fait. Aucune loi pour protéger les filles, les femmes… aucune loi pour leur permettre d’accéder à un avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste ou de danger pour leur vie.

Alors des organisations se lèvent. La FIDH, l’Association des juristes sénégalaises… 

et tant d’autres. Elles demandent que le Sénégal légifère enfin. Pour que les victimes aient, au minimum, le droit de choisir.

Et pendant que le pays débat… il y a Awa. Une enfant de 9 ans.
Sa mère raconte la honte imposée par les autres, l’isolement, la perte de revenus… Et surtout, ce traumatisme immense. Celui qui ne se voit pas toujours, mais qui marque une vie à jamais.

L’affaire Awa nous oblige à regarder la vérité en face.
Nos enfants ne sont pas assez protégés.
La justice est trop lente.
Le silence, trop lourd.

Alors oui… cette histoire est difficile. Mais elle est nécessaire.
Parce qu’elle nous rappelle l’essentiel : nous devons prévenir, protéger, accompagner.
Et faire en sorte que jamais, plus jamais, une enfant ne traverse ce qu’Awa a vécu.

khady Ba

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