Un ennemi silencieux mais fréquent;
Le cancer de la prostate est aujourd’hui l’un des cancers les plus fréquents chez l’homme, aussi bien dans le monde qu’au Sénégal. Selon les données des services d’urologie et d’oncologie du pays, il figure parmi les trois cancers les plus diagnostiqués chez les hommes sénégalais, souvent après 50 ans.
Pourtant, ce cancer reste encore mal connu, souvent diagnostiqué à un stade trop avancé, faute de dépistage précoce et de sensibilisation suffisante.
Comprendre la maladie
La prostate est une petite glande située sous la vessie, qui joue un rôle important dans la production du sperme. Avec l’âge, des cellules anormales peuvent s’y développer et former une tumeur.
Le danger, c’est que le cancer de la prostate évolue souvent sans symptôme au début. Ce n’est que plus tard que des signes peuvent apparaître :
Difficultés à uriner ou besoin fréquent d’uriner la nuit ;
Douleurs pelviennes ou lombaires ;
Présence de sang dans les urines ou le sperme ;
Fatigue inexpliquée, perte de poids.
Mais attention : ces symptômes ne signifient pas forcément un cancer. Seul un examen médical peut établir le diagnostic.
Le poids du silence et des tabous
Au Sénégal, beaucoup d’hommes hésitent à consulter pour des problèmes liés à la prostate, par pudeur ou par peur du diagnostic. Les croyances culturelles et le manque d’information freinent encore le dépistage.
Or, plus la maladie est découverte tôt, meilleures sont les chances de guérison.
D’après Dr Mouhamadou Bachir Ba, Oncologue – Radiothérapeute :Selon Globocan 2022, le cancer de la prostate serait le quatrième cancer le plus répandu au Sénégal, avec 913 cas estimés par an et 494 décès. Ces chiffres sont probablement sous-estimés
Les hommes de plus de 45 ans (ou 40 ans s’il y a des antécédents familiaux) sont encouragés à faire un bilan de la prostate au moins une fois par an.
Quelques conseils pour réduire les risques :
Adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et poissons ;
Éviter la consommation excessive de graisses animales, d’alcool et de tabac ;
Pratiquer une activité physique régulière ;
Parler ouvertement de sa santé avec son médecin.
Un appel à l’action
Le cancer de la prostate n’est pas une fatalité. Détecté à temps, il peut être soigné efficacement. Il est donc essentiel de briser le silence, d’en parler dans nos familles, nos quartiers et nos lieux de travail.
La santé ne doit plus être un sujet tabou. Un dépistage aujourd’hui peut sauver une vie demain.


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