Le foyer est souvent présenté comme un espace de sécurité, d’amour et de protection. Pourtant, pour de nombreuses femmes, il est aussi un lieu de violences, de domination et de peur. Récemment, un fait divers tragique nous rappelle cette réalité trop souvent passée sous silence : une mère a été violemment agressée par son propre fils, ce dernier exigeant de l’argent pour financer sa consommation de drogue.

Ce drame n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une longue chaîne de violences patriarcales, où les rapports de pouvoir au sein de la famille donnent lieu à des abus souvent minimisés, voire excusés.

Dans les discours publics, les violences familiales sont souvent présentées de manière neutre, comme des “conflits domestiques”. Mais derrière cette neutralité se cache une vérité dérangeante : les femmes — mères, sœurs, épouses, filles — en sont les principales victimes. Et lorsqu’un fils lève la main sur sa mère, ce n’est pas seulement un “jeune en difficulté” ou un “drame familial”, c’est une expression directe du pouvoir patriarcal qui traverse nos sociétés, jusque dans l’intimité des foyers.

Dans ce cas précis, le fils impose sa volonté par la force, considérant sa mère non comme une personne dotée de droits et de limites, mais comme une ressource à exploiter, une figure maternelle sacrifiée, disponible, et surtout, incapable de dire non sans en payer le prix.

Le silence autour des mères battues par leurs enfants

Peu de données existent sur les mères victimes de violences infligées par leurs propres enfants. La société peine à reconnaître cette réalité, tant elle entre en contradiction avec les imaginaires idéalisés de la famille et de la maternité. La mère est censée tout accepter, tout pardonner, tout endurer. Lorsqu’elle subit des coups, elle est souvent renvoyée à son rôle de “faillite éducative” plutôt qu’à sa condition de victime.

Ce silence social est d’autant plus grave qu’il laisse ces femmes sans ressources, sans écoute, sans protection. Trop souvent, elles n’osent pas porter plainte, par culpabilité, par honte, ou par peur d’être jugées. Elles se retrouvent isolées, prises en otage entre l’amour maternel et leur propre survie.

Drogue, précarité, impunité : des violences qui s’entrelacent

Le contexte de l’agression ,une demande d’argent pour acheter de la drogue ,  révèle aussi l’intersection entre violences patriarcales, précarité économique et toxicomanie. Si la consommation de drogue est un problème de santé publique, elle devient une arme de plus lorsque la dépendance justifie les violences, surtout envers des femmes perçues comme vulnérables ou dépendantes émotionnellement.

Il ne s’agit pas seulement de traiter l’addiction, mais aussi de protéger les femmes dans leurs propres foyers, et de remettre en question les normes genrées qui encouragent la domination masculine dès le plus jeune âge.

Refuser la banalisation, construire des alternatives

Chaque fait divers de ce type nous rappelle que la maison, loin d’être toujours un refuge, peut devenir une prison pour celles qui y vivent sous l’emprise de la violence. Il est temps de briser le silence, de déconstruire les mythes familiaux, et d’imaginer d’autres formes de vivre-ensemble, basées sur le respect, la justice et l’égalité.

Face à ces violences ;  Il ne s’agit pas d’un “fils qui a mal tourné”, mais d’un système de domination qui légitime la violence masculine, y compris dans les liens les plus intimes.

khady Ba

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