Par la rédaction de WarkhaTV
Une nouvelle fois, la violence conjugale fait irruption dans l’espace public guinéen. Cette fois, c’est la chanteuse Djelikaba Bintou qui en porte les stigmates. Défigurée, violentée, réduite au silence par celui qui prétendait l’aimer, elle devient malgré elle le visage d’un fléau qui frappe des milliers de femmes à travers l’Afrique. Mais cette fois, les organisations féminines et féministes guinéennes refusent de se taire. Dans un communiqué reçu à la rédaction de WarkhaTV, plusieurs organisations ont lancé un appel fort et sans équivoque à l’État et à l’opinion publique : » Nous refusons d’être complices de cette violence par notre silence. »Les signataires dénoncent des violences qui ne sont ni nouvelles ni isolées, mais structurelles et enracinées dans le patriarcat. « Cette tragédie s’inscrit dans une longue série d’agressions contre des femmes, souvent réduites au silence par la peur, la honte ou l’indifférence sociale », rappellent-elles.
À WarkhaTV, nous le soulignons : le privé est politique. Ces actes de violence ne sont pas des « affaires de couple », ce sont des manifestations d’un système d’oppression, qui légitime les coups et réduit les femmes à la soumission. Djelikaba Bintou est une artiste, une figure publique. Pourtant, cela ne l’a pas protégée de la violence.
« Si une femme aussi visible peut être battue à ce point, que dire de toutes les autres, celles qu’on ne voit pas, celles qu’on n’entend pas ? », s’indigne le communiqué.
Cette question n’est pas rhétorique. Elle révèle une réalité profonde et brutale : la notoriété ne garantit pas la sécurité quand la société dans son ensemble tolère la violence envers les femmes.
La Guinée dispose d’un cadre juridique clair. Le Code pénal criminalise les violences, notamment dans ses articles 239 à 243. Mais les militantes dénoncent une application défaillante des lois existantes.
« L’impunité persistante des auteurs de violences domestiques trahit une absence de volonté politique. »Elles appellent à des actions concrètes : poursuites judiciaires effectives, dispositifs de protection des survivantes, soutien médical et psychosocial.Les organisations signataires lancent également un appel à la société civile, aux médias et aux citoyen·ne·s : » Nous devons collectivement dire non à la banalisation de la violence. »Un mot d’ordre circule : #BalanceLe. Un mot d’ordre pour dénoncer, pour libérer la parole, pour briser le cycle de silence qui protège les agresseurs.À celles qui subissent, à celles qui se taisent encore, à celles qui résistent :
nous vous croyons, nous vous écoutons, nous vous soutenons.
📌 Organisations signataires du communiqué :
- Club des jeunes filles
- Malaff
- Force Citoyenne de Guinée
- Femme Talent
- FFDD
- Association des jeunes filles autonomes de Guinée (AJFAG)
- REPRODAFH (Réseau pour la Promotion des Droits et l’Autonomisation des Femmes Handicapées)
- Élan des Femmes et Filles Autonomes de Guinée (EFFAG)
- Association des Filles et Femmes Leaders pour le Développement de la Guinée (AFELDGUI)
- Appui Jeunes pour le Développement (AJED)
- Initiatives des Jeunes pour le Bien-Être de la Femme et de l’Enfant (IJBFE)
- La Convergence pour le Développement Durable (CODD)
- Cercle des Jeunes Filles Battantes et Libres de Guinée (Cejefi-Balig)
- Rassemblement des Jeunes Leaders de Guinée (RJLG)
- Femme Tech Innovante
- Agir pour la Santé Sexuelle en Guinée
- Amazones de la Presse Guinéenne
- Filles et Femmes pour un Avenir Meilleur
- Avenir des Femmes et Enfants de Guinée
- Réseau Africain pour le Genre et le Développement
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