Fespaco : Le collectif #memepaspeur demande “le retrait pur et simple de toute sélection du festival de la série « Le Trône »”

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Jeudi 27 Février 2019, se tenait à Ouagadougou (Burkina Faso), une table ronde organisée par le Collectif des Cinéastes non aligné.e.s autour de la place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora dans le cadre du Fespaco (festival panafricain du cinéma).

En concertation avec les représentantes du collectif Cinéastes non-alignées, un focus a eu lieu sur les abus et harcèlement sexuels subis par les femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora. La comédienne Nadège Beausson-Diagne a livré un témoignage sur les agressions sexuelles et violences psychologiques qu’elle a subies sur des tournages de films africains. Cette prise de parole courageuse a été accueillie avec beaucoup d’émotion par une salle indignée par la violence du récit, ainsi que par l’omerta qui règne sur le cinéma en Afrique.

La comédienne Aïssa Maïga, présente dans le public durant cette rencontre, a relayé des faits qui se sont déroulés en 2017 au Burkina Faso, sur le tournage de la série « Le Trône », réalisée par Tahirou Tasséré Ouedraogo. Ce dernier, après une violente altercation avec son assistante, Azata Soro, s’est saisi d’une bouteille, l’a brisée, a volontairement défiguré la jeune femme, interdit à quiconque sur le plateau de lui venir en aide, demandé à ce que le sang sur le sol soit nettoyé pour pouvoir continuer à tourner. Ce qu’il a fait.

Azata Soro, prévenue par des proches, a rejoint la conférence, et soutenue par toutes les femmes cinéastes, actrices et journalistes présentes, a été encouragée à prendre la parole malgré l’émotion énorme et les dangers qu’elle encourt, pour raconter son drame publiquement.


Tahirou Tasséré Ouedraogo n’a pas été désavoué par le milieun du cinéma et de l’audiovisuel. La série « Le Trône » figure en compétition officielle du Fespaco qui fête cette année son 50ème anniversaire.

Nous demandons solennellement à Ardiouma Soma, ainsi qu’aux dirigeants, sélecteurs et organisateurs du Fespaco
d’effectuer une déclaration sous forme d’engagement de leur part de ne plus, dorénavant, mettre à l’honneur, ou accorder toute distinction ou récompense à un cinéaste connu pour des faits d’agression, de violence tant physique que psychologique, de harcèlement, de viol ou tentative de viol. Il va sans dire que le retrait pur et simple de toute sélection du festival de la série « Le Trône » et de son réalisateur Tahirou Tassere Ouedraogo est attendu comme le signe sans équivoque du soutien à la victime et de la condamnation de l’agresseur.

Alors que partout dans le monde les festivals d’envergure internationale se positionnent sur le respect des femmes et de leurs droits, nous ne pouvons imaginer que le Fespaco ne soit pas à la hauteur de cette prise de conscience indispensable et générale.

Rappel des faits

Azata Soro avait porté plainte à l’époque des faits et malgré les menaces et intimidations, elle a courageusement maintenu sa plainte jusqu’au procès. Verdict : douze mois d’emprisonnement avec sursis pour l’agresseur, qui n’effectuera qu’une peine de trois semaines. Les dommages et intérêts n’ont pas été versés a la victime à ce jour.

#memepaspeur
Collectif des Cinéastes non-aligné.e.s
Collectif #noirenestpasmonmetier
Collectif 5050
Comité du festival Films Femmes Afrique

Actrices, réalisatrices et journalistes, ont décidé de s’unir autour du #memepaspeur pour sensibiliser et combattre les violences et harcèlement faites aux femmes cinéastes africaines et de la diaspora dans le milieu du cinéma.

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